‹ Manuel de la société de tempérance [microforme]Chapitre 20 sur 53 · NE · texte numérisé non relu

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s r'é- — Edouard, —répliqua la mère éplorée : en le nfant D “pressant contre son cœur,—mon Edouard, ce seposi- M “rait avec joie que je ferais le sacrifice de ma d’un | “vie, pour exempter la moindre peine à un enfant, >fait, M ‘qui m'a toujours été aussi bon et aussi soumis é.— ‘ que toi, mon cher; tu sais que ce n’est pas pour moi vous, D “quejete prie defaire une démarche dont la seule penfois DM «“sée m'accable autant que toi... Mais (en lui

quê- N “ montrant ses petites sœurs,) c’est pour leur amour mère, M “que tu vas m’obliger, et que tu vas encore cette fois

chez | “ montrer ton bon cœur pour ta mère.”

es, il ; Un instant après, elle était seule, à genoux, et priait en lt ap- MN tenant, dans ses bras, ses enfans qu’elle arrosait de ses “ larmes. Il est impossible de dire combien les instans, qui

nter- s’écoulaient, paraissaient longs et ennuyans à cette mère -elle, dont le cœur était à la fois brisé par tant de douleurs. lors- ….……… Bien des fois, elle se leva, et ouvrant la porte, , J'ai M celle regardait; mais elle ne voyait que les ténèbres és ass fl d'une nuit, dont l'obscurité était encore augmentée par man, DN l'orage qui tombait. Elle prêtait l'oreille au moindre au- PS bruit qu’elle croyait entendre ..... Enfin elle reconnut rquoi JM les pas de l'enfant si cher à son cœur. Ilrentre, et chère Et cette fois-ci, il apportait quelque nourriture. Mais il ne conta pas à sa mère avec quel mépris il avait été able; EN repoussé de bien des portes, quelles insultes il lui avait et air fallu recevoir partout. Ilne lui dit pas dans combien tfait M d’endroits on lui avait dit que ça ne convenait pas de passe donner du pain, qu'on avait tant de peine à gagner, toute pour nourrir un ivrogne, avec ses paresseux enfans; il , Jui D nclui dit pas quels affronts il avait reçus pour son e ne amour ; et, combien de fois, il avait été forcé de se jejure, | ter aux genoux de ceux qui lerepoussaient, en les conjuvous rant de lui donner un petit morceau de pain pour sa al eu mère et ses petites sœurs qui mouraient de faim. Je Mais la fièvre mortelle, qui colorait, de ses feux dévojours ans, la figure de son enfant, et les larges gouttes de À sueurs qui tombaient de son front, racontaient plus éloage, | quemment qu'aucune voix, à cette mère infortunée, ce

her- | que son enfant avait souffert pour elle... Ses forces

étaient épuisées: il tombe sans connaissance entre ses bras, Aux premiers cris de douleur de cette pauvre femme succède un long silence... Puis revenant un peu à lui-même : ‘Ma mère, dit-il, prenez ma main, “ mettez-la sur votre cœur... Pourquoi pleurez- “ vous, ajouta-t-il après un moment de repos, pour- “ quoi pleurez-vous, ma mère ; est-ce parce qu'aujour- “ d’hui vous avez un enfant sur la terre, et que demain “il sera au ciel ? Pourquoi pleurez-vous ?... je m’en “ vais quitter ce monde si plein de misères, ce monde ‘ où vous n’avez eu que du chagrin et des soucis, pour “ ce ciel si beau, dont nous avons si souvent parlé tous “ les deux. Je n’ai plus qu'un moment de vie: déjà “je sens mes yeux qui se ferment à la lumière, ‘ La mort a déjà la main sur moi; je n’ai qu’un seul “ regret en quittant si jeune la vie, Oh! ma mère, c’est ‘“ d'être séparé de vous... Ah! si je pouvais vous ‘ amener avec moi ! mais j'espère que vous allez bien- “tôt me suivre...” Les mots qu’il voulut encore prononcer, étaient inintelligibles.—Sa tête se pencha sur le sein de sa mère; puis poussant un profond et dernier soupir, il laissa échapper son âme pour aller au ciel, jouir, comme il l’espérait, d’une meilleure vie. Et la mère, trop infortunée, tomba sans paroles et sans force sur le cadavre inanimé de son enfant...

Plusieurs heures s’étaient écoulées : et, sans connaissance, elle tenait toujours le corps de son fils entre ses bras ; on eut dit qu’elle était morte, et qu’elle aussi avait dit un éternel adicu aux peines et aux misères de cette vie. Tout d’un coup, la porte, poussée violemment, s'ouvre avec bruit, et un liomme ivre, rentre en chancelant.… Il regarde, avec un. air stupide, autour de lui, comrne pour connaître où il se trouve. A la fin il reconnaît sa femme ; et, s’élançcant vers elle, il la saisit par le bras et la tire avec brutalité.

Ua profond soupir qu’elle pousse, fait connaître qu’elle revient à elle. puis l’apercevant, elle se lève, et lui montre le cadavre de son enfant.—“ Le vois-tu, “ s'écria-t-elle, le reconnais-tu ? sais-tu qui est celui

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“ qui a écrasé cet enfant sous le poids des peines et “ des angoisses ? sais-tu qui lui a donné en partage, dès “ son entrée dans le monde, la pauvreté, la misère et & la honte, et qui a rempli la coupe de la vie de cet “ ange d’un fiel si amer, qu’il en a détourné ses lèvres, “et qu'il n’a pu en supporter l’amertume ? Monstre, “ai-je besoin de le dire, sais-tu qui a enfoncé le poi- “ gnard dans le cœur de ce tendre enfant? C'est un père “ svrogne, c’est toi qui as creusé son tombeau, c'est toi “ qui m'as Ôté mon enfant, c’est toi qui as déchiré le ‘ cœur de la femme que tu avais fait serment de “endre “ heureuse!...”

Le malheureux père, stupéfait, ne pouvait prononcer une seule parole.—Son ivresse était complètement passée, à la vue du triste spectacle qu’il avait devant les yeux. La voix de sa conscience lui faisait des reproches aussi mérités, et encore plus forts que ceux de sa femme.

Pour appaiser ses remords et oublier son chagrin, il court à l’auberge voisine et s’enivre!!.........

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