CHAPITRE VI
6°. JE M'ENGAGE DE PIUS, PAR MES PAROLES ET MK8 EXEMPLES, À PORTER MES PARENS ET MES AMIS, À FAIRE LE MÊME SACRIFICE,
Apostolat que les Membres de la Société de Tempérance | s'engagent à exercer à l’égurd de leurs amis et de leurs Parens.
S'IL faut du courage et une ardente charité pour s’imposer, pour la vie, le sacrifice de boissons fortes, dans le but d’aider nos frères faibles à i
à y renoncer, il n’en 1 faut pas moins pour s'acquitter de cette dernière obli- te gation, que la Société de Tempérance impose à ses | membres. Il faut surtout s’armer d’une sainte har- on Nil diesse, et fouler aux pieds tout respect humain. Mais pue | les difficultés et les peines ne sont rien quand on travaille pour le salut de ses frères, le bien de sa patrie, la gloire de son Dieu.
Que les membres de la Société de Tempérance n’oublient pas que l’existence de cette bienfaisante Société | dépend du zèle qu’ils mettront à la propager et à | RE l'étendre. {| 4
D’après les meilleurs renseigremens que nous avons pu nous procurer, il y a aujourd’hui plus de cent mille HE membres de la Société de Tempérance en Canada: Eh LU | bien! que chacun d’eux gagne, seulement dans le cours 1, EU de cette année, deux de leurs parens et de leurs amis; \| QUI et dans un an, la Société de Tempérance comptera IN trois cent mille membres; et si ceux-ci, animés du 4 (fs même zèle que les premiers, gagnent, en un an, deux de leurs anis, avant deux ans il ne se dépensera pas une seule goutte de boissons fortes parmi nous, exeepté dans les cas rares où elles peuvent être utiles, et où des personnes sages et prudentes en conseilleraient l'usage. ; Que de péchés alors seront arrêtés; que de batailles, Nul de juremens, de paroles libres, de désirs et d’actions jf 1 criminelles, que la boisson enfante tous les jours, cesse- ||!
RE PETITE PRE OP à £ Le 4
ront! que de larmes seront séchées! que de familles, sur le penchant de leur ruine, ou déjà ruinées, se relèveront! que de pauvres mères, qui n'ont jamais su ce que € était que la paix et le bonheur doinestiques, béniront Dieu du changement opéré dans leur maïson; que d’enfans, destinés à devenir l’opprobre de la société, le fléau de leurs familles, la désolation de la religion, par la mauvaise éducation qu’ils reçoivent de parens adonnés à la boisson, deviendront de bons citoyens, de bons chrétiens!
Animé par la vue du sentiment qui doit en résulter, que chaque membre de la Société de Tempérance pr''ofite donc de toutes les circonstances qui se présenteront pour faire cesser la trop bonne opinion qu’on a entretenue, jusqu’à ce jour, des boissons en usage parmi nous; et qu’il ne laisse jamaïs perdre l’occasion d’augmenter le nombre des soldats généreux qui s'engagent à combattre, toute leur vie, le démon de livrognerie. Mais pour réussir, il faut que les membres de la Kociété de Tempérance s'efforcent de rendre cette Société respectable; et pour cela, il ne faut pas qu’ils se bornent à donner l'exemple de la tempérance dans le boire et le manger. Ce serait certainement manquer leur but et attirer, sur eux et sur la Société, le ridicule, et en éloigner les honnètes gens, que de prêcher la Tempérance, et d'oublier les autres devoirs que la religion nous impose. Ce fut le malheur des Pharisiens: ils affichaient une extrême régularité dans la pratique de certaines vertus apparentes, et négligeuient les commandemens les plus absolus de Dieu; aussi Jésus-Christ les traite-t-il d'kypocrites..….... Les membres de la Société de Tempérance ne se feront donc pas seulement remarquer par cette vertu si belle; mais ils seront, de plus, modestes dans leurs paroles, simples dans leurs habits, charitables envers leurs frères, fervens à l’église, zélés pour l’œuvre admirable de la Propagation de la Foi, exacts à approcher des sacremens, prompts à faire taire les médisans et les jureurs: et
<ela, non pas par ostentation, mais pour leur propre
estiques, INnaison; Société, eligion, Parens ens, de
ésulter, ice pronteront entreparmi d'aug- Sagent onerie, la So- Société Jornent oire et ur but et en ‘empéeligion ns: ils ue de nman- Christ la Soment it, de leurs ns à ag Anens, s: et opre
illes, Sur relève.
S Su Ce
SOCIËÊTÉ DE TEMPÉRANCE. 113
salut et pour la plus grande gloire de Dieu; n'ayant pas d'autre pensée que d'accomplir le conseil que notre Divin Sauveur nous donne à tous, dans son saint Evangile: Que votre lumière brille devant les hommes, “ afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glori- “ fient votre Père qui est dans le ciel.” (Math. ch. 5, v. 15.)
La religion ne nous défend pas d’aimer notre patrie; au contraire, elle consacre et bénit cet amour. Et, s nous avons quelque chose de cet mour delapatrie, ne devons-nous pas être tout de feu et de zèle pour détruire ce qui la ruine, la désole et la déshunore?
Depuis plusieurs années tous les fléaux tombent sur nous les uns après les autres. La peste, la guerre civile, les gelées, les vers qui dévorent les moissons d’un bout à l’autre du Canada: partout la pauvreté, la misère, la gène dans le commerce. Au milieu de tout cela, ne serait-ce pas un abus criminel des dons de la Providence, que nous ajouterions à nos autres iniquités, si nous continuions les folles dépenses que nous faisions autrefois, et qui nous épuisaient même dans nos jours d’abondance ?
‘ Mais vous exagerez, dit-on souvent aux Apôtres “ de la Tempérance; la boisson apparait à votre ima- ‘“ gination ardente, comme certains objets, pendant la “ nuit, à de timides voyageurs. Ils voient partout ‘“ d’affreux fantômes; le sang se glace dans leurs veines; “ ils ferment bien fort les yeux pour ne pas voir les ‘“ spectres hideux qui les poursuivent; puis ils courent; ‘et tout haletant, couverts de sueurs, le lendemain, “ils racontent en tremblant ce qu'ils ont vu. Et le ‘“ crédule vulgaire de s’ébahir et de trembler. Mais ‘“ les gens sages savent à quoi s’en tenir sur toutes ces “ choses. Avec quelques faits isolés, vous tirez des ‘“ conclusions générales. De ce qu’un malheureux a ‘ été aperçu ivre au coin d’une rue, vous ne voyez “ plus que des ivrognes partout;—et, parce que vous ‘“ avez connu une famille infortunée, ruinée par la bois- “ son, vous croyez naïivement que c’est le peuple Cana-
Te EN PaSEES RELTE DR
SE Le 9 > 2-1
j À N M » M y} IE dl Î ; (Wat Fr | ut LEE gr) HF { H LIFE IN QU BE.
1 Dis k j | 4 ( Ms Fi | à El Î H
r (| (l | L., hi | {
st D EE a fi
Eee
Fr
— - RTS ST nr
er Pi L 2 np ;
“ dien tout entier qui chancelle d'ivresse, et qui s’en “ ya, se noyant dans un étang de rum.......”
Ah! plût à Dieu que ce que nous avons dit des maux que la boisson nous fait, fût exagéré. Oui, de tout notre cœur, nous donnerions jusqu’à la dernière goutte du sang qui coule dans nos veines, pour que les malheurs sans nombre publics et particuliers, pour que la ruine de tant de familles, la désolation ct les larmes de tant de pauvres femmes, la dégradation et la perte de tant de milliers de jeunes gens, la damnation de tant d’âmes, fruits armers, directs et journaliers de l’usage des boissons fortes en ce pays, ne fûssent que des exagérations......
Mais l’exagération et l'erreur même nous sont devenues comme impossibles, aujourd’hui surtout. Car nous devions à notre pays et à nous-même, de ne négliger aucun moyen permis de connaitre la vérité, et toute la vérité, Or, rien ne nous paraissait plus loyal et plus court, pour parvenir à notre but, que d'écrire à nos vénérables confrères et à tous nos compatriotes en général, pour les prier de nous éclairer de leurs conseils, de nous venir en aide, et de nous faire connaître ce qui pouvait se dire des désordres qu’entrainaient après elles, dans les différentes localités, les
boissons fortes.—Et c’est ce que nous avons fait, sans égard aux clameurs de la calomnie, ni aux conseils des timides.—Et quelles réponses avons-nous eues ?.….
$ Nous ne pouvons vous répondre, nous a-t-on écrit ‘ d’un grand nombre de lieux différens, car si nous ‘ ous disions les folies journalières, les orgies, les “ crimes, les malheurs de tout genre qu’enfantent les “ boissons parmi notre peuple, nous aurions trop l'air “ d'écrire un libelle; ainsi nous prenons le parti de ‘ garder le silence sur ces choses, et nous vous conseil- “ ons fortement d’en faire autant.”
D’autres confrères, et des laïcs de la plus haute respectabilité, nous ont décrit, d’une main tremblante, des choses à faire verser des larmes de sang, en nous conjurant (quoique ce fût public dans leurs localités) de
n’en pas b mille.
En de ce diver ravag l'étio
véné piast as € id U puis et Mar
sieu
n’en rien dire dans le Manuel de Tempérance, pour ne as blesser telle et telle paroisse ou telle et telle famille.
En résumé, que nous a-t-il été possible de conclure de ce qui nous a été communiqué de mille endroits divers, si ce n’est que la boisson fait encore plus de ravages, plus de mal à notre peuple que nous ne nous l'étions d’abord figuré.
‘“ Les Marchands de ma paroisse, nous écrivait un vénérable Prêtre, ont vendu pour quatre-vingt mille piastres de boissons fortes depuis vingt ans, et on n’a pas eu le moyen de soutenir deux bonnes écoles sur un pied permanent et respectable depuis ce tems!”
Un Marchand nous écrivait d’une autre paroisse: “Depuis quinze ans j'ai vendu, année commune, entre huit et dix tonnes de boissons fortes; et il y a six autres Marchands qui en ont débité au moins autant, Plusieurs Commerçans ont fait ii nne assez belle fortune, mais les pauvres habitans sont ruinés, et ne se relèveront que difficilement! ?
“ J’en aurais bien long à vous dire, nous écrivait un Commerçant respectable, si je vous racontais tout le mal que la boisson a fuit à ma paroisse. Je me contenterai de vous dire que, seulement depuis vingt ans que je suis établi ici, il y a plus de 60 habitans, et des plus riches, qui ont été obligés de tout vendre; dont les enfans, en partie, sont sur le chemin; et qui seraient encore assurément à leur aiseet maîtres chez eux, sil
n’y avait pas eu de boisson... !?
‘ Vous désirez connaître le mal que la boisson a fait, nous écrivait encore une Dame: vous savez à peu près ma triste histoire. Ah! Monsieur, si je vous en rappelle le souvenir, c’est pour vous conjurer de continuer à en détruire le règne. On ne comprend pas assez, en général, le mal qu’elle fait tous les jours. Il faut avoir été la femme d’un mari adonné à ce malheureux vice de
livrognerie pour savoir ce qui en est... J'étais jeune, riche et heureuse chez mon père, lorsque mon époux me demanda ma main. Ses biens pouvaient monter à deux mille louis, et je lui en donnai neuf cents le jour
de notre mariage. Comme vous savez, Monsieur, je suis réduite aujourd’hui à la dernière misère, et il me faut souvent tendre la main à l’aumône qu’on me donne, et manger le pain de la charité...! Mon mari a tout dépensé, tout bu avec ses amis dans l’espace de vingt ans que nous avons vécu ensemble, Et mes pauvres enfans n’ont pu recevoir d'éducation. Les deux ainés
sont partis pour les Etats-Unis, et il y a huit ans que je n’en ai pas entendu parler. Croyez-moi, Monsieur, il y a plus de douleur, plus de larmes à verser qu’on ne saurait dire, dans une vie comme la mienne. Encore si j'étais seule! Mais je connais bien des femmes qui sont à peu près dans les mêmes circonstances que moi. Que le bon Dieu vous bénisse donc, et vous accorde la grâce de réussir dans votre pieux et généreux dessein. Mes petits enfans prient, tous les jours, le bon Dieu pour vous!?....….
Il est impossible de tout citer. Encore une fois il faudrait des volumes pou; dire ce que la boisson fait verser de larmes, ruine de familles, paralyse de bonnes œuvres et fait commettre de crimes en Canada, dans le court espace d’une année!
Il ne se passe presque pas de semaines sans que les journaux n’eient quelques événemens déplorables, en ce genre, à nous raconter, et cependant on sait que les familles, les amis ont soin de les garder sous secret, autant que possible, et que la plus grande partie échappe à la publicité. Encore ces jours derniers, voici ce que nous lisions dans les colonnes de la Æevue Canadienne:
“ Le nommé Edouard O'neil a assassiné sa femme et cinq de ses enfans, puis il s’est tué lui-même sur les cadavres de ses victimes. Une fille de seize ans seule a échappé à ce massacre horrible. Cet homme avait lhabitude de l’ivrognerie, et lorsqu'il a commis son dernier crime, il était plongé dans l'ivresse la plus profonde.”
—À quelques jours de distance, le même journal rapportait la fin tragique et lamentable d’un autre ivrogne, tombé raide mort dans une auberge.
No causé nomb tems, de la
, je Suis e faut nne, et a tout vingt Dauvres ainés s que nsieur, qu’on Enmines PS que vous géné- Jours,
OS il n fait onnesg ans le
le les S, en | que 2cret, artie liers, evue
le et les ile a ’halerlus
nal tre
Nous sommes loin de savoir tout ce que la boisson a causé de malheur depuis six mois. Cependant le nombre de faits enregistrés dans ce court espace de tems, et que des Prêtres généralement ou des concitoyens de la plus haute respectabilité ont bien voulu nous communiquer, est véritablement effrayant, et la plupart sont accompagnés, comme toujours, des circonstances les plus déplorables. Nous ne sommes embarrassés que sur le choix, et nous prenons presqu’au hasard:
‘ S’il y a un Dieu pour les ivrognes, nous disait-on dernièrement, c’est un Dieu bien terrible. Deux de nos habitans les plus marquans, viennent d’en faire une épouvantable expérience. Ils revenaient tous deux de la ville tellement ivres qu'ils ne pouvaient plus conduire leurs chevaux. Arrivés à un endroit où le chemin passe sur le bord de la rivière, les voitures ont versé: nos deux malheureux ont été précipités à l’eau et s’y sont noyés!”
—“ François........., était allé avec sa femme dans la paroisse voisine, faire visite à un parent, et tous les deux montèrent dans la voiture pour s'en retourner, aussi ivres que possible. Les chemins étaient très mauvais: une pluie de trois jours consécutifs les avaient couverts d’eau et de boue. Et la voiture était traînée avec une grande vitesse, à travers les ornières, par un cheval fougueux, que ne pouvait plus maitriser la main impuissante de son maître...
‘ Si vous fussiez passé à cette heure de la nuit dans la paroisse de....., vous auriez vu une lampe éclairant, de sa pâle lueur, une maison où le bonheur et la paix ne sont jamais entrés. Quelques enfans, assis chacun dans un coin, soupiraient et n’interrompaient le morne silence de la nuit que pour dire :... “Mon Dieu! que c’est
“ triste de penser que nos parens sont sur le chemin ‘“ dans une nuit aussi noire: mille accidens per- “ vent leur arriver.” Un affreux pressentiment pesait sur leur âme, et chassait le sommeil bien loin. Enfin il est minuit ! Et voilà que le bruit d’une voiture se
fait entendre, et s'arrête à la porte... mais elle n’avait plus de sièce. Les enfans apercevant leur père, seul, couvert de boue, étendu au fond de sa petite charrette...... % Où est notre mère? crient-ils tous ‘ensemble? Papa, où donc est notre mère?”...... Et ce misérable, levant avec peine sa rête appesantie par l'ivresse, semble sortir comme d’un songe... “Quoi! “ nous voilà déjà arrivés...! Votre mère...? Votre “ mère......? Ah!le diable l’a emportée, je crois; car “ elle était avec moi quand je suis parti... Mais les “ chemins sont si mauvais! Et puis, elle était encore ‘ plus ivre que moi.”
“ Ces paroles furent comme un coup de foudre pour ees pauvres enfans, Les deux plus âgés prennent une lanterne et courent à la recherche. A une demie lieue de distance, ils aperçoivent comme un amas Ge boue, au milieu du chemin. C'était une femme sur laquelle une voiture semblait être passée, car sa tête était toutà-fait plongée et cachée dans la vase. Elle était morte. C'était leur mére! !”
— Nous venions de faire part de lalettre dela Dame citée plus haut au Rév. Père....…., qui arrivait de prêcher une retraite: “Ce que cette femme infortunfe vous écrit, nous cit-il, n'est quetrop vrai. La boisson torture l’âme et le cœur de plus de femmes qu’on ne pense généralement. Et on nese fait pas d'idée de ce qu’une femme, surtout si elle est mère de famille, souffre lorsqu’eile a un mari ivrogne. J’en ai rencontré, encore dans la dernière paroisse où j'ai prèché, dont l’histoire, si elle était écrite, arracherait des larmes. Comme j'étais sur mon départ, une de ces infortunées s’est présentée à moi, et m'a dit des choses véritablement incroyables si elle n’en n'avait pas porté des preuves encore toutes sanglantes sur $On Corps... Don mari, non content d’avoir refusé d'assister aux exercices de Ja retraite, comme pour mieux braver le bon Dieu qui l'appelait à se convertir, en avait employé presque tout le tems à boire. Pendant son ivresse, dans un accès de fureur, il s'était
jeté sur sa femme, et après lui avoir arraché les
sa f fais ven
lle n’ar père, petite IS tous …. Et tie par “Quoi!
Votre is ; car lais Les encore
e pour nt une e lieue
boue, quelle
toutnorte.
me ci- A echer ld e ecrit, l'âme ’ érale- , Sur« a un nière était mon 1, et n’en tes fusé Jour rtir, en tait les
cheveux et brisé le visage à coup de poings, il l'avait mordue à plusieurs endroits, sur les bras, d’une manière horrible... Les soupirs, les larmes, les sanglots de cette maiheureuse femme, ce visage tout meurtri, ces bras dévorés et sanglans, tout cela joint à la pensée que c'était l’œuvre d’un chrétien, et de son propre mari ; que les enfans avaient été témoins de cette scène d’abomination et d'horreur....: tout cela a mis dans mon âme une indicible tristesse. Jamais le souvenir de ce que j'ai vu là ne s’effacera de ma mémoire. Je savais déià que la boisson était un des grands fléaux du pays, mais j’en suis resté plus convaincu que jamais. ??
—Muis qui pourra dire les angoisces, les douleurs, les cris déchirans de la femme et des enfans de F...... riche habitant canadien de......, mais ivrogne, lorsqu'ils le débarquèrent du traineau, pour le voir expirer, de la mort des réprouvés, un instant après... Il était absent depuis plusieurs jours, et grande était l’inquiétude de sa famille, car personne ne savait où il était... Chacun faisait de tristes conjectures sur lui; on l'avait si souvent ramassé ivre, étendu le long des fossés! Et dans ce même hiver, il serait mort de froid, si la Providence n'eut pas fait passer son voisin, un soir, par une route peu fréquentée. [lle ramassa comme mort, au moment de la nuit, par un tems extrêmement rigoureux, couché au milieu du chemin... Cette foisci donc, il était parti, sans dire où il allait, et s'était rendu à la ville, en compagnie avec un autre ivrogne. —Quoiqu'ils eûssent chacun une assez forte somme d'argent, soit qu'ils en eûssent perdu une partie, soit qu’on leur en eût volé, comme c’est très souvent le cas; après huit jours de débauches, il fallut songer à s’en retourner, car la bourse était vide, D'ailleurs, comme on peut bien le supposer, ils étaient épuisés... I leur restait cependant assez d'argent encore pour s’enivrer une dernière fois, et ils partent de la ville à peu près sans connaissance, surtout le malheureux FF... Ne pouvant plus se soutenir, il s'était étendu de toute
sa longueur dans le traineau... Les chemins étaient dans un très mauvais état. Ils étaient remplis de cahots qu’une pluie, la veille, suivie d’un grand froid, avait durcis comme des pierres. Le cheval, qui était ardent naturellement, et qui n’avait rien fait depuis plusieurs jours, harassé par ces cahots, a bientôt pris sa course ; et en un clin d’œil, il a franchi les cinq lieues qu’il lui fallait parcourir.
Il se faisait déjà nuit, et l’infortunée femme n’attendait plus son mari ce jour-là. Quoique, dans les dix-huit années qui s'étaient écoulées depuis qu'elle était mariée à un ivrogne, elle n’avait jamais eu un jour de bonheur, son âme était encore plus triste en ce moment, que de coutume. Les larmes abondantes qu’elle versait ordih.eirement, n'avaient pu couler pour la soulager, et elle sentait comme un poids immense sur son cœur. Les enfans aussi étaient encore plus abattus qu’à l'ordinaire, et ils avaient passé la journée dans un morne silence. La douleur de leur mère, ses soupirs continuels, le désordre de la maison que personne n’avait eu le courage de mettre dans son état de propreté ordinaire ;—la conduite infâme de leur père, surtout depuis un an ; ses absences qui devenaient de plus en plus fréquentes, tout leur rendait la vie ennuyeuse et insupportable... Et si l'amour pour sa bonne et douce mère, dont il partageait et parfois cal. mait les douleurs, ne l’eut retenu, l’ainé aurait depuis long: tems quitté le pays.
Enfin voilà ia voiture à la porte, et chacun sort... Ils prennent leur père dans leurs bras, et le rentrent dans la muison...…
Femme chrétienne, couvre ta tête de deuil... cœur ai sensible et si bon, te voilà au comble de tes douleurs! ce que tu redoutais tant vient d'arriver ! l’épouvantable châtiment, que ta foi voyait depuis si long-tems suspendu sur la tête de ton infortuné mari, et dont tu lui as mille fois parlé avec des paroles si pleines de douceur et d'amour, est tombé sur lui ! Il vient de mounirivre!!! Et vous, pauvres enfans, faites retentir
Vair de vos gémissemens, de vos cris de douleur. Un glaive tranchant vient de percer vos cœurs, et il n’en sera jamais arraché. Une rensée triste, désolant, empoisonnera désormais votre vie... Tous les jours vous aurez à vous dire: Mon père est mort ivre! !
Voisins, et vous surtout qui avez été les complices de l'ivrogne, venez voir comment il a fini... Sa figure est couverte de sang, sa tête est brisée comme si un marteau l’eut frappée violemment de mille coups... A force de heurier sur les barres du traineau dans les cahots, elle s'était défoncée!! Le sang épanché dans le cerveau par les chocs continuels de la voiture avait tué PIVROGNE !
—Dieu a toujours haï les ivrognes: de tout tems il les a punis bien sévèrement. Mais jamais il ne les a frappés d’une manière aussi terrible que dans ces derniers tems, ;
Dans le mois de novembre dernier, un ivrogne avait laissé son cheval dans une étable, à la Pointe-Lévy. Il va pour le visiter et le tourmenter, suivant sa coutume: mais l’animal se jette sur son malheureux maître, le renverse, et se pliant les jambes de devant, il se met à genoux sur sa poitrine comme pour l’écraser. C’est en vain que le malheureux ivrogne crie, se débat, fait miile efforts pour s’arracher. L’animal furieux le saisit avec ses dents, l’arrête entre ses jambes, le foule et l’écrase sous le poids de son corps. Enfin on accourt.. Et c’est avec bien des difficultés qu’on l’arrache aux dents de son terrible adversaire. Il n’était plus reconnaissable. Le cheval lui avait horriblement mordu le visage... Le corps entier n’était qu’une plaie... Les deux bras avaient été cassés ou plutôt broyés sous les dents de l'animal. tellement qu’il fallut tout de suite en couper un. Le lendemain, il fut nécessaire de le couper encore plus haut. Mais les soins devaient être inutiles, car Dieu voulait donner un nouvel exemple aux ivrognes.. La gangrenne, s'étant mise dans les plaies, après trois jours des plus cruelles souffrances, l’ivrogne paraissait devant son redoutable Juge!
« dé . 3 SR LR ns ne
np aug aEte
—Troïs jeunes gens buvaient dans une auberge de Montréal, en tenant des discours impies et libertins. “ Buvons à la sauté du Dieu NÉANT,” dit l’un d’eux; et ilse lève pour boire... Mais il n'avait pas fini de vider son verre que la mam de Dieu lavait frappé et étendu mort aux pieds de ses compagnons!
Maudite boisson !
— Le 28 Octobre dernier, une femme, du nom de Pauline St. Germain, est ramassée ivre, complètement nue, dans une des rues de Montréal, On la transporte à l'hôpital pour y mourir quelques heures après.
—Le lendemain, une autre malheureuse est trouvée ivre aussi dans une autre rue. Conduite à l’hôpital elle y meurt après une affreuse agonie,
—“ Dieu vient de donner un terrible exemple à ma paroisse et à tous les ivrognes, nous disait, vers la même épocue, un curé des environs de Montréal. Une malheureuse, adonnfe depuis long-tems à l'usage des boissons fortes, en demande à son mari, qui la refuse. Furieuse... “tune veux pus m'en donner, dit-elle, je “trouverai bien de l'argent pour en acheter.” Et elle court au bord de la rivière chercher, dans un petit réservoir, quelques poissons qui venaient d’être pris... Elle voulait les vendre pour acheter de la boisson. Arrivée au bord de l’eau, elle y tombe morte!”
—Le jour de Pâques, Louis....…., après avoir passé le Vendredi et le Samedi Saints dans les auberges, revenait de grand matin chez lui, Sa malheureuse femme, qui n'avait fait que pleurer pendant ce tems sans pouvoir prendre de nourriture ni de sommeil, s’était laissé tomber, à la fin, de lassitude sur une chaise. …. Les coups qu'elle entend frapper à la porte sont accompagnés d’horribles blasphèmes., ‘Foute tremblante, elle reconnaît la voix de son mari... Elle court, et ouvre la porte. Au bas du perron elle apercoit un houime étendu sans mouvemens: c'était son mari. La boisson l'avait étouffé et il était mort subitement... en IVROGNE!
— Le jour de la Toussaint, cette année, de grand matin, on ramussait dans une basse cour de Montréal,
aunue,
te à
ivée ital
| ma ême nal- )O1S= Fu- >, Je eile )etit