‹ Manuel de la société de tempérance [microforme]Chapitre 39 sur 53 · SORA RS RS · texte numérisé non relu

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sommes le dernier et le plus indigne, aux pieds de chaque chef de famille, de chaque Canadien, quelque humble que soit la position sociale que la Providence lui ait assignée ; nous les conjurerons tous de frapper, mais de frapper à mort cet ennemi si redoutable de nos âmes et de nos corps. Qu'on ne parle point entre nous de modération dans l’usage de ces détestables et brûlantes liqueurs. Parlons à nos peuples, à nos amis, à nos frères, le langage de la vérité. Disons-leur frarchement que ces boissons ne sont pas un breuvage que Dieu a donné à l’homme pouren faire un usage journalier, mais qu’elles sont un poison destructeur, invention d’une cupidité originelle qui n’a trouvé son éloge et ses succès qu’à la faveur de nos appétits sensuels, Et si quelqu'un nous dit: “Si les boissons sont si malfui- ‘ santes, comment donc un si grand nombre d’hommes, ‘ qui en ont toujours fait usage, ont-ils atteint un âge “ très avancé ?” Répondons-leur :— Le feu qui passe ‘ dans la forêt, détruit, brûle et ravage tout devant lui. “ Cependant il reste toujours quelques arbres qui ‘ échappent à sa fureur, soit à cause de la dureté natu- “ relle de leur écorce, soit à cause de quelques autres “ circonstances. Tandis que la terre gémit sous la “ chute des pins et des cèdres, qui ont si long-rems & bravé la tempête et la foudre, et qui tombent dévorés “ par la flamme, le chêne, l’érable n’ont perdu que “ quelques branches, que quelques feuilles peut-être, “ ]i en est ainsi des hommes atteints par l'incendie des ‘ boissons en usage parmi nous ; elles abrègent la vie “à des milliers de malheureux ; maïs quelques-uns, “ dont les forces physiques sont plus grandes, dont “ la constitution est plus robuste, résistent plus long- “ terms. ” Comment d’ailleurs, voulez-vous qu’on puisse appliquer le mot de modération dans l’usage journalier d’une chose qui est déclarée, par les plus savans hommes, presque toujours nuisible et jamais utile à l’homme ? À notre avis, le moindre usage est mauvais, le grand wsage est un péché, et souvent un crime long et affreux,

Notre malheur jusau’ici, c’est d’avoir eu de la #odération quand il ne fallait que détruire.

‘ Si votre œil, votre main, votre pied droit vous “ scandalise, vous fait pécher ; coupez-le, jettez-le au ‘ feu,” dit Jésus-Christ. Ilne parle pas d’en règier mieux l’usage: il veut qu’on coupe, qu’on détruise cet œil, cette main, ce pied malheureux. Or, ces paroles ne sont pas seulement adressées à l'individu, elles sont adressées à la société toute entière. Ainsi ce n’est pas seulement lindividu qui dcit cesser entièrement de faire usage de ce qui est communément pour lui un suiet de péché ; mais la société toute entière doit détruire ce qui est pour elle un sujet de péché, et la cause des châtimens de Dieu.

Si nous n’osons pas marcher sur les pas de lApôtre de l'Irlande; si nous n’avons pas le courage d'embrasser la Tempérance parfaite ; si nous nous contentons de nous réduire à ce qu’on appelle l’u-

sage modéré des boissons, que résultera-t-il ? Sans

doute, les efforts prodigieux qui se font pour abattre livrognerie, auront quelques succès; imais la racine du mal restera, l’arbre aux mauvais fruits n’aura été qu’effeuillé, que coupé dans ses branches ; bientôt il repoussera pour couvrir la terre et l’empoisonner de nouveau. L'usage prétendu modéré de ces malheureuses boissons, qui n’est dans le fond qu’un apprentissage de l’ivrognerie, ramenera une‘réaction terrible à laquelle rien ne pourra résister. Ce sera comme l’étincelle qu’on a eu le malheur de négliger après l’incendie, et qui allume bientôt un incendie plus funeste que le premier. Ce sera, non pas comme un fleuve dont on a tari la source, puisqu'on aura manqué de courage pour cela ; mais ce sera le torrent qu’on aura arrêté quelque tems dans sa course, qui, brisant ses digues, entraine tout dans ses flots dévastateurs. Qu'’elles sont belles, qu’elles sortent bien d’un cœur embràsé de charité pour ses frères, les paroles de M. Baillargeon, Curé de Québec, à son peuple :—‘* Mes » Chers frères, dit-il un jour dans une instruction, je

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‘“ suis tellement pénétré d'horreur à la vue des maux ‘“ épouvantables et sans remèdes que la boisson fait pars ‘“ mi vous, au milieu de mille familles infortunées ; Je “suis si bien convaincu qu’elles ne sont utiles à per- ‘“ sonne; que si Dieu me demandait le ne ce ma ‘ vie, je le ferais avec joie, pour détruire FA Dar

Ces dignes paroles devraient être gravées lans cœur de chaque membre de la Société de Tempérance.

Elles font connaître, mieux que tous les Haut avec quel zèle nous devrions chercher : Su nt sage des boissons fortes ; et avec quelle inébra Le fidélité nous devons tenir la promesse que ue ae faite d'Y RENONCER POUR L AMOU R D CRE FRÈRES, DE NOTRE PATRIE, DE N ) DIEU.

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