‹ Manuel de la société de tempérance [microforme]Chapitre 9 sur 53 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

1°. Pour L'AMOUR DE JÉSUS ABREUVÉ DE FIEL ET DE VINAIGRE.

Motifs qui doivent déterminer à s’enrôler dans les Sociétés de Tempérance.

Quelque chose que vous fassiez, dit l'Apôtre Saint Paul, faites-le pour l'amour de Jésus-Christ. Si Tamour doit nous guider dans nos actions les plus indifférentes; à plus forte raison, devons-nous nous munir de ce sublime motif d'amour, lorsqu'il s’agit de faire un sacrifice aussi méritoire et aussi beau, que celui demandé par la Société de Tempérance.

Ce sera donc principalement pour honorer la souffrance de Jésus-Christ, abreuvé de fiel; ce sera pour vous unir à la victime adorable, que vous renoncerez aux boissons fortes, qui ont été, sinon pour vous, au moins pour un si grand nombre de vos frères et de vos amis, un sujet de péché, et, par-là même, un renouvellement des souffrances de Jésus-Christ.

Au dernier des jours, lorsque nous serons appelés À recevoir de ce Dieu crucifié pour notre amour, alors notre souverain Juge, la récompense de nos bonnes œuvres, ou le châtiment de nos péchés, souvenons-nous

De ES

a = = ns - = eZ a ee PAM DS re —

EL 26 pi m2

bien, qu’il n’y aura de réputées bonnes, que les actions À

qui auront été faites pour l’amour de Dieu par Jésus- Christ. Les autres, quelque bonnes, quelque grandes et admirables qu’elles puissent être en elles-mêmes et

aux yeux des hommes, resteront au nombre des œuvres #

mortes, et seront sans récompenses.

S’incorporer à la Société de Tempérance et ne pas !

faire cette action pour l'amour du Dieu Sauveur, est une sorte de folie; puisque c’est faire un sacrifice, souvent pénible, et n’en pas vouloir recueillir le mérite ni le fruit.

Si ce motif sublime était compris par les peuples comme 1l doit l'être, la Société de Tempérance compterait bientôt autant de membres zélés qu’il y a de catholiques qui la connaissent. Du moins, on cesserait d'entendre ces propos inconsidérés, pour ne pas dire plus, par lesquels un trop grand nombre de personnes refusent leur concours aux Sociétés de Tempérance, sous le spécieux prétexte qu’on n’y est pas obligé; qu'on peut se sauver sans cela.

Les bras étendus sur la Croix, votre Jésus n’a plus qu’un soufile de vie. Encore un instant, ct la dernière goutte de son sang va couler, pour votre amour. Une voix s’est fait entendre: l’adorable victime va prononcer ses dernières paroles: “J'ai soif !” Et, dans l’excès de leur malice, ses bourreaux lui offrent du fiel et du vinaigre. Ses lèvres en sont teintes, sa langue en est abreuvée. De dégout et d'horreur, il détourne la tête; et, jetant, sur vous, un dernier regard de tendresse et d'amour, il vous dit: ‘“ Mon fils, vois ce que je souffre ‘ pour toi et tes frères: pour prix de ce que j’endure, “ je te demande de travailler, le reste de ta vie, à dé- ‘“ truire l’usage des boissons enivrantes, qui précipitent, ‘tous les jours, dans les feux éternels, des milliers “ d’âmes, qui m'ont coûté si cher.”

Que répondrez-vous à votre adorable Sauveur? Ah! je vous vois, je vous entends; prosternés au pied de sa Croix, la pressant avec amour contre votre cœur, vous dites: Oui, oui, mon Jésus, avec joie, je vous fais

LE she +5 PT LE

MER Er à

“ Je sa “ rien L 1 vous mall ‘ donc “ des ‘6 mes Qu enfant Christ douce Dieu; fice ne entend quelles queur, vous v je dout buvant puisser mieux d’avoir d’avoir grâces, Mai peut t motifs Vou Tempé usage raisons doiven j'eusse fait le Eh parce € que va Tempt sobre

actions À r Jésus- !

grandes {

A èmes et œuvres

ne pas

, estune !

souvent À

te ni le

peuples | compy a de esserait as dire rsonnes érance, obligé;

a plus ernière

Une noncer cès de et du en est a tête; »sse et souffre ndure, à dépitent, ülliers

? Ah!

de sa , VOUS s fais

{ ÿ (5 as ” Ê hi] ; Ë

“ Je sacrifice que vous me demandez. Je n'ai encore “ rien fait pour vous prouver mon amour. Ce que ‘“ vous me demandez, est bien peu; et, que je serais ‘ malheureux de vous le refuser! Pour votre amour ‘ donc, O Jésts abreuvé de fiel, je renonce à l'usage “des boissons enivrantes; et je m’engage à porter ‘ mes frères à faire le même sacrifice.”

Quoi! votre frère, votre voisin, votre ami, votre enfant peut- -être, auront renoncé, pour l'amour de Jésus- Christ, à l’usage des boissons fortes; ils jouiront de la douce satisfaction d’avoir fait une action agréable à Dieu; une voix intérieure leur dira que ce petit sacrifice ne restera pas sans récompense; tous les jours, ils entendront bénir leur nom, et les œuvres saintes auxquelles ils auront participé; et, vous, indifférent, moqueur, vous fermeriez les yeux à de si beaux exemples; vous vous priveriez de cette douce consolation! Ah! je doute que les jouissances que vous éprouverez en buvant, même modérément, vos boissons enivrantes, puissent vous dédommager de cette privation. J’aime mieux croire qu’une voix intérieure vous reprochera d’avoir fait défaut à une œuvre si agréable à Dieu; d’avoir refusé de participer à une nouvelle source de grâces, et de bienfaits de tous genres.

Mais passons à certaines objections, auxquelles on ne peut trop opposer les ressources de la raison, et les motifs sacrés de Ia Foi.

Vous nous dites que vous ne vous associez pas à la Tempérance, parce que, n’ayant jamais fait mauvais usage des boissons enivrantes, vous ne voyez pas de raisons de les abandonner. “ Les ivrognes, dites-vous, doivent se mettre de la Société de Tempérance; et, si j'eusse été. intempérant, il y a long-tems que j'aurais fait le sacrifice que vous me demandez.”

Eh bien! nous vous dirons que c’est précisément parce que vous avez toujours été sobre et tempérant, que vous devez vous mettre en tête de la Société de Tempérance. C’est précisément parce que vous êtes sobre et que vous n’avez jamais fait d’excès d’intem-

pérance, qu’il y aura un vrai mérite de faire à Dieu le sacrifice de ces boissons. L'homme faible, qui a péché par l'abus des boissons fortes, les abandonnera, parce qu’il craint de retomber toujours, comme il a fait jusqu'ici; mais son motif, quelque bon qu'il soit, ne sera jamais aussi parfait, aussi noble, que celui de l’homme qui aura toujours su en modérer l'usage. Celui-ci, seul, pourra dire: “ Seigneur, ce n’est point “ par contrainte, ni par force que je fais ce sacrifice; “ je n’y étais nullement obligé. Je ne l'ai fait que par ‘ amour pour vous.”

Qui osera dire que ce sacrifice n'entre pas dans l’esprit le plus pur de la foi, comme dans les plus hautes dictées d’une saine raison!

Si quelqu'un est endetté envers moi, quelle obligation puis-je lui avoir, quand il n’a fait que payer ce qu’il me doit Maïs, si cet homme ne me doit rien, et que, cependant, il cherche tous les moyens possibles de m'obliger et de me faire plaisir, quelle obligation il me fait contracter à son égard! quelle reconnaissance ne doit pas être la mienne! Il en est ainsi du maître que nous servons; dans son infinie bonté, il veut bien récompenser tout ce que nous fesons pour sa gloire, même les choses qui sont d’obligation. Mais, ce qu’il récompense surtout magnifiquement, ce sont lessacrifices qui, non strictement commandés par le devoir, sont conseillés par l’amour. Et que ne pourrait-on pas dire, pour développer cette pensée, si les bornes de ce livret le permettaient ?

outefvis, si l’on persistait à nous répéter: ‘suis-je obligé de renoncer à l’usage des boissons fortes;” nous ne répondrions que lorsqu'on aurait répondu aux questions suivantes:

“ Jésus-Christ était-il obligé de descendre sur la terre et de naître dans une pauvre étable? ”

“ Le fils de Dieu était-il obligé, au jardin des Olives, de prendre vos péchés sur lui, et d’en ressentir une telle douleur qu’il tomba dans une affreuse agonie, arrosa la terre de ses sueurs et de son sang? ”

€ L d’obje une sc

66 L colonn des ve

66 L épaule ses bo

66 L percer

66 L 8es 50!

66 E mort | sans d mais il nous « pouvot que di naissa divin } mou’ ( comme pleine drions fa' bles des pré temen:

que n amour quel r Dieu «d sion di faison:

pas à il yat devror Du m

« Le fils de Dieu était-il obligé de servir de risée et d'objet des plus basses insultes, à une populace et à une soldatesque aveugles et acharnées?”

‘ Le fils de Dieu était-il oblige de se laisser lier à la colonne des criminels, et d’y endurer le cruel supplice des verges? ?”

‘“ Le fils de Dieu était-il obligé de porter, sur ses épaules meurtries, la lourde et ignominieuse croix que ses bourreaux lui avaient préparée ? ”

‘ Le fils de Dieu était-il obligé de laisser déchirer et percer ses mains et ses pieds r1r les cloux?? |

‘ Le fils de Dieu était-il obligé de terminer toutes ses souffrances dans le fiel amer qu’on lui présenta?”

‘ Enfin, Jésus-Christ était-il obligé de mourir, de la mort la plus infâme, entre deux scélérats..?” Non, sans doute, il n’était pas oblrgé à toutes ces choses; mais il a voulu les souffrir, parce qu’il vous aimait, Et, nous qui avons tant d'intérêt d'aimer Dieu, qui ne pouvons rien sans lui, qui devrions n’être occupés, que du soin de lui témoigner une continuelle reconnaissance, nous ne ferions rien pour sa gloire, pour son divin plaisir, à moins d’y être strictement obligés? L’amour commande l'amour; c’est une loi de la religion comme de notre nature; et, malgré cette loi douce, pleine de raison et des plus pressans motifs, nous n’attendrions que la peine des esclaves, ou la crainte des âmes fa'bles, pour agir? Quoi! sera-t-il donc toujours besoin des prescriptions menaçantes du devoir, et des épouvantemens de l'enfer, pour nous forcer à aimer Dieu, tanais que mille objets frivoles attirent, tous les jours, nos amours de complaisance et de douce inclination! Hélas! quel renversement !..... Ah! plutôt, aimons enfin ce Dieu d'amour comme il le mérite. Saisissons l’occasion de faire quelque chose qui lui sera agréable, et faisons-le sans hésiter; qu’il ne nous vienne seulement pas à la pensée de demander si l’on y est obligé. Moins il y aura d'obligation à faire un sacrifice, plus nous devrons mettre de joie et de promptitude, à le faire. Du moins, est-ce ainsi que tous les vrais chrétiens en

ont agi, de tous tems. Et cette loi d'amour, Dieu, la religion et l'humanité ne l'ont point abrogée.

Avons-nous besoin de dire ici, de ne point nous prêter l’abrurde idée que chaque fidèle soit obligé de pratiquer toutes les bonnes œuvres qui ne sont que conseillées dans l'Evangile? Non, puisque cette doctrine a été justement condamnée par l'Eglise. Ce que nous voulons dire, c’est que notre salut tient à deux conditions indispensables: éviter le mal, et taire le bien: “ decline à malo et fac bonum.” Or, est-ce s’écarter de la doctrine de l'Eglise, que de penser que ce bien, dont il est ici parlé, est tout ce que nous pouvons faire pour la gloire de Dieu et le salut de nos frères, sans nuire aux devoirs de notre état? Et, si quelqu’un entretenait le moindre doute que le sacrifice des boissons fortes, pour l'amour de Jésus-Christ et l'édification du prochain, soit une bonne œuvre, ses doutes ne devraient-ils pas être dissipés, depuis que la voix de l’Eglise, par ses Pontifes et ses Prûtres; depuis que la voix des peuples, qui, dans l’ordre du bien, est si justement appelée la voix de Dieu, se sont également prononcées en faveur des bienfaits spirituels et temporels des Sociétés de Tempérance?

Insisterons-nous encore? Où en serions-nous, si nos pères dans la Foi n'avaient jamais rien fait que lorsqu'ils y étaient forcés, oÙligés par un commandement formel de Dieu? Où en serait, Le exemple, admirable Société de la Propagation de la Foi, si chaque fidèle n'en faisait partié qu'après avoir demandé et recu l'assurance qu’il y est obligé ? Que de courageux Missionnaires auraient perdu la couronne des Apôtr es; que de Martyrs privés de leurs palmes! que de peuples restés dans lesténebres de l’idolâtrie! que detrônes vides au Ciel, et que de réprouvés de plus dans l'Enfer, si les disciples de Jésus-Christ avaient eu, jusqu à nous, pour hahitude de n’agir, de ne prècher, maïs, surtout de ne donner au monde l'exemple des plus sublimes vertus, que lorsqu’on leur aurait prouvé qu'ils étaient strictement obligés à toutes ces choses! Encore une fois,

PT PE aies

Page 1