‹ Manuel de la typographie française, ou Traité complet de l'imprimerieChapitre 15 sur 22 · ARTICLE III · texte numérisé non relu

ARTICLE III

* ns I.A CON^AlSSAllCK DES CAKACTBRES,

On comprciul dans la (It-nominatiun de caractère tons les signes typograpliiques dont rcnsemblc sert à représenter mi diseonrs par l’impression.

Chaque corps de caractère se compose de romain et A'italiijue. 1 ,’rril du roninin est perpcndiculaii-e; celui de l’italique est penché.

Les caractères calligraphiques, communément appelés caractères d’réri////v, tels que la bâtarde, la coulée et \anglaise, sont également ohiiques ou penchés. Les rondes et les gothiques sont sur un corps droit.

f.a hauteur des caractères, que l’on appelle hauteur en papier, i-st en l''rance de dix lignes et demie, ainsi qu’on le verra ci-après, page 8i. Celle des cadrais et des espaces est de huit lignes et demie.

f)n désigne les caractères de deux manières, par l'ancienne on par la nouvelle nomenclature.

L’ancienne nomcncl.'itnrc est celle qui date de l’origine de la Typographie, et que l’on connaît sous la liénomination de gros-romain , saint-augisstin , cicéro, (pour Qcêron), petit-texte, etc.; noms empruntés de ceux des auteurs ou des titres des ouvrages à l’impression dcsipiels ces caractères furent employés primitivement. La nouvelle nomenclature que MM. Didot ont adoptée,, est celle qui désigne les caractères par points.

Ce fut vers l’an 1784 que François- Amhroise Didot, riionneur et la gloire de la Typographie française, essaya de substituer à l’ancienne dénomination dos caractères une nomenclature plus' simple . <-t qui établit une correspondance, une gradation progressive entre eux.

On ne pouvait obtenir cette justesse ipi'en formant dans toutes ses parties une fonderie nouvelle, et en adoptant dos mesures üxes et connues, auxquelles on s’attachât invariablement.

« I.a» ligne de pied - de - roi , divisée en six métros, ou mesures égales, dit ■' M. Pierre Didot, fils aîué du savant lypogra|>he dont ^e parle, servit à graduer «et à dénommer les «lilïérens caractères, la; plus petit, qui a les six métrés a complets, ou la ligue de pied-de-roi, sc nomme le six-\ celui, qui le suit iinnié- « diatcinent est le sept, composé d’une ligne et d'un mètre ale plus. la* huit, le B neuf, le dix, le onze, le douze, augmentent égîilenicnt de grosseur, et par les <t mêmes nuances toujours aussi précises.

«Le douze a deux lignes de pied-de-roi ; ce caractère, déjà un peu fort, « puisqu'il se trouve placé entre le cicéro et le saint - augustin , commence une «seconde classe, double de la première, dans laquelle In gradation procède de

a deux inètfes en deux mètres, toujours règiilièrenient. Les caractères qui le «suivent sont le quatorze, le seize, le dix-huit, le vingt, etc. Les caractères « de cette seconde classe, soit pour la force du corps, soit pour l’œil de la lettre, «sont aussi exactement le double, le eloltze A\x six, \e quatorze du 'qu’en « arithmétique la est le double de 6, i4 de 7, etc. »

Ainsi, l’unité principale des proportions typographiques, d’après le système de AIM. Didot, est le point, qui équivaut à deux points du pied-de-roi.

Exemple:

6 points tTpograpliiqucs Talent la points on i ligne du |Hcü~dc>roL a —

18 3 — ou un quart de |)Oucr.

36 « '' un demi-pouce.

» un pouce.

c’est d’après cette nouvelle nomenclature que M. Firmin Didot, jaloux d’associer ses travaux à ceux de son frère, afin d’élever au prince des poètes latins uii monument digne de sa gloire, gniva les caractères dont se servit .M. Pierre Didot pour sa superbe édition de Virgile. On ne connaissait encore à cette époque (1798) rien de plus élégant pour la forme, rien de plus régulier, tle mieux aligné, de plus exact pour l’approche et l’espacement des lettres entre elles, <|ue les types de celte fonte, dont les poinçons furent recommencés trois fois.

Cette belle édition de Virgile ne peut être comparée qu’à celle du célèbre Kodoni, de Parme, qui parut quelque temps avant celle de notre grand typographe'.

C’est depuis ce temps que AI. Firmin Didot a pris le premier rang parmi les graveurs français. Ce Manuel est imprimé avec les caractères gravés et fondus par cet artiste.

On compte dans l’aiicienuc nomenclature vingt -cpiatrc sortes île caractères ordinaires, comme ou le voit par le tableau qui suit.

• I.e |irniiicr tyj«grnpbe à ijui l’Europe doit celle école de luxe, «,'ost Jo.cliim Ib.iri'n , im|irimnir a Madrid, dont j'si parl^- p.>ge 38 ; sou Satmte lut uii exemple pour Oodoni ; ivi . cncoïc jiuge 38 I. C». .steevens'et quel<{uc!> autres iniprimeiir» de Londres iiuitéreiit Uudoiii, eu publiant 1791 et itto.’i ) IritT in-foliM, et tous les autres chcfs-d'a'urre de bi lilUralurr angliiLst.

MM Didot .ml suit i ci Ile école; nuis Us ont mieux fait, ou du iiiuins telle est mon upiniun.

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