‹ Manuel de la typographie française, ou Traité complet de l'imprimerieChapitre 14 sur 22 · VX Y Z Æ (E · texte numérisé non relu

VX Y Z Æ (E

MlNtSCCLES ITALIQl’FS.

O II est indigne d’un honnête homme de se servir des débris d’une amitié qui finit ^ pour satisfaire une haine qui commence.

Picrre-FrançoLs Dùlot, qui rcunissait à la connaissance parfaite de l'Art Ij pograplii(|iic celle de savant bibliographe, s’occupa ég:demcnt de la fonte dos caractères, auxquels il fit subir quelques améliorations sensibles.

M. Henri Didot, son fils', se signala de bonne heure aussi dans l’art de graver les poinçons. H donna pour son début les «iractères qui servirent à imprimer la belle édition in-folio de Y Imitation de Jésus -Christ, publiée par son père en 1788; et ce coup d’essai fut généralement regardé comme un chefd’œuvre. Mais, pendant que cet artiste semblait exclusivement occupé de la gravure des caractères, il cherchait à en perfectionner la fonderie, ou plutôt à en multiplier les produits d’après un nouveau procédé nommé polyamatype

* M. Henri Dtüul a encore deux frères, savoir,’ M. Didot jeune (Picrrc-lSirolas-rinnin }, imprimeur à Paris, à qui nous devons une bcHe édition du Voyage d* Ânacharsis^ iu- 4 ®» 7 vol. ( *799), avec un superl>c alla»; et M. Didot Saint-Léger, qui présenta à l'exposition de 1819 des papiers d'une longueur indéfinie; et, en iBa 3 , l<^s macUincs créées pour obtenir ces grands nisultats.

*Le moule dont on sc sert dans les autres fonderies ne donne <|uune seule lettre à lu fuis; et M. Henri Didot est l’inventeur d'mi moule à refouloir qui parut à rex)K>sitioii de l'industrie française en x8oG, et qui fut jugé digne d’un prix d’encouragement. Le moule h refiouloir multiplie la fonte des types, à l'aitle d’un moyeu qui n’est coonn que de l'inventeur, sans le concours inoer- Uin de la main, et par ractioii rigoureusement précise de la mécanique.

M. Henri Didot, qui rerut la médaille d’or à l’exposition de 1819, obtient par son procédé jusqu’à cent vingt leltre-s d’un seul jet. Ce procédé n'offre aucun perfectionnement à l'art de la gravure, et par conséquent aucune amélioration à rœil des types; mais sous le rapport de la oélé»rilé, M. Henri Didot doit recueillir de très-grands avtintages.

Il y a cinquante ans, environ, M. Pierres, imprimeur du Rot à Versailles, fit des rccliercbcs pour foudre d'un seul jet douze lettres; ses essais n'arriverent pas à bonne (lu. Depuis quelques

MANUEL

Les caractères provenant de ce procédé sont très-répandus : l’ilalique surtout en est remarquable; ou le distingue facilement de tous ceux qui appartienneut à la même époque.

Caracti-res poljamatypes.

Machaon, célèbre médecin, fds d'Esculape et frère do Podalire, accompagna les Grecs au siège «le Trove, cl y fut tué par Eiiripille.

L'Égypte fut gowernee par ses propres Rois, jusqu’au temps où Cambyse II en fit ta conquHe ; elle fut ensuite réunie à la Perse jusqu’au règne d’ A lexandrele-Grand.

DES CAItACTÈnES .MODERNT.S D’fXRITUnE, ET DES \TGNETTES.

Tandis que les artistes que j’ai cités plus haut renouvelaient les types des caractères romains et italiques, les caractères d’écrititre ne fais;iieut aucun pas vers la perfection. J^a bâtarde ancienne, en usage au quinzième siècle; la cursive française, gravée en i 556 , par Oraujon, très-répandue encore dans les dernières années du dix- huitième siècle, malgré les frappes de Fournier et les nouvelles frappes de Wafflard; la ronde, la bâtarde brisée, inventi'Cs en l6;jo par Moreau; ces deux caractère.s retouché-s par Colombat en 1721; les trois coqts de financière donnés par Fournier vers l’année 1760; les six corps fondus par Gillé père en 1780; tous les caractères d’écriture enfin qui s’étaient succédés depuis environ deux cent ciinpiantc an.s, demandaient une nouvelle perfection. I.es vignettes', les fleurons, les tropliéw et les autres objets d'ornemens typographiques, attendaient de nouveaux dessins d’un goût plus épuré. Ce double vœu fut exaucé.

années, M. Pierre Didul et M. Jules, son fils et son successeur, sont pnnennsn nn meilleur résultat: leur moule, qui fond vingt-quatre lettre* à l,v fols, fut produit à Te-xposilion de i8a3; et M. Jules Didol emploie ce procédé avec sncc« dans sa fondciie.

* Dans foriginc de rimprimerie, on plaçait en tète des ouvrages des vifjncUes, ainsi nommées parce que leurs premiers dessins, d'après ceux îles anciens manuscrits, offraient des feuilles de vigne. Depuis, les vignettes ont offert différens sujets. A une époque un peu jilus rapprochée de nous, et lorsque l’art de la Tvpographie fut plus connu, quand ces vignettes n'étaient pas en liois, elles étaient composées de petits fleurons et d'autres ornemens gravira en acier, et reproduits en types mobiles. Ou rencontre encore de ces sortes de vignettes dans les anciennes imprimeries; mais ce n’est que dans certaines villes de province que l'on a conservé l'usage de les composer, d’en faire des especes d’allégories , et de les placer en tète des ouvrages.

Ce procédé, perfectionné jiar -MM. Uiortliirr, Gateaiix, WalTlard, Andrieux, Galle, Normand, (K-rard, Cornouailles, Jacquemin, etc., et auquel nous devons les billets de la Caisse d'escompte, les assignats, les mandats, les billets de la Banque, et presque tous les papiers-monnaies connus en Europe, n'est employé maintenant eu imprimerie que pour encadrer certaines afficlies et quelques ouvr.vges de ville.

DE L\ TYPOOHAPIIIE FUAXCAISE.

En 1789, M. J. Gillé fils succikia à son père. A l’ex|K>sitioii luitiuiuilo de 1 8oa, il publia des épreuves de différentes vignettes, cadres brisiis , écussons, etc., et un tableau sjnoptiipie de soixante-dix caractères fondus jiar lui : ce tableau fut imprimé d’un seul coup de barreau, sur papier dit Jésus'. Il pi-ésenla également des cahiers, en canictères mobiles d’écriture à l’usage des imjircssions administratives et 'Commerciales. Ces cahici-s, qui rivalisaient avec ceux des célèbres experts Rossignol et Rolaïul , fixèrent l’attention publique. Dans ce genre de caractères, M. Gillé, qui n’a été surpassé depuis que par MM. Kirmin Didot et La'-ger, obtint des médailles accordées aux arts utiles en 1799, i8oa, et 1819.

^ Voici quelques canictères d’écriture donnés par ce fondeur.

Coulée. MAJCSCDLES.

Ronde . — m a j usculks.

(9L9IÎ) e Æ) ê ffgeü ^ n % 0

MIXI’SCILFS.

a CL.’ (?c()'^6e fis J IMl P J)

* Ccl effort par^iisétait extraordinaire au coiDmcoormcnl du dût-nruvièmo tirtdcj rpof|tic où Ton ne connaUsall rncorc que ks prr&scs on boU et pou de platines à un coiqj. ^

Digitiicid by Googli

MANUEI.

[xs boaiix carartoros d écriture de M. Tirniin Didot semblent servir de limite à tout ce qui concerne l’aride la gravure en ce genre; en voici des exemples:

Anglaise. — m-ulscui,ks.

Anglaise, ^ Misr sc l'les.

raùon a e/ùf iUikiw^M Aam c/Ie ^lerd tou/

.■Uf^n jfor//.

Bonde. MA J CSCI'LES.

- 1 , 'in, G (ô j: /g s â cX x" cib 0 s c? xd ^ w

Bonde . — mi w u sclxes.

X‘)u iJoiiiiiic cl ivpttu it c|uclt|uc|^ou' clftt ptetetitioiu», eu. fat coiMiati^^mr Aou.. cil. a. Aouta A eu doiilce.

Gothique ornée. — minuscci-es.

'î(^n faif iits rêgfrs pour fts antres <f ><5 ««plions pour sot

Gollùque ancienne . — maii'scui.ks.

::iO€D€ J^6tj3fiCiUn©peUâîUUÜ)Jn)3.

Gothique ancienne. — mincscci.ps.

» . , tï

31 06 l piu lie ftirartfrcs mtrliniwj mma il t) o Itfiiiiroitp ît’ûrtiono mril)nntf*.

DK I,.\ TYPOOBAPHIE lUAYCAISE.

SOTK ET FIN DE E'ANAIASE DF^S CAHACrÉIlES ROMAINS ET n AElQLEb, (illAVEi ns ET FOM'El RS CONTEMPORAINS.

C’est à MM. OiTiircl, Firinin et Henri Didut, Vihert, Mole, Léger, Jactiueniin père, et IMarceUin-Legraiid que nous sommes redevahUts dn perfeclionnemeni des caractères typographiipies améliorés d’aboni par i\l. Wafdard'. M. (îérard est celui qui, après cet habile graveur, a contribué le plus à donner aux caractères d'impression le plein et la rondeur que nous leur avons conservés. Vers la (in du dix-buitièmc siècle la plupart des fondeurs de Paris, qui n’étaient pas en niéinc temps gravenra, n'avaient que des matrices proxenant des frappes de ce grand maître, qui mourut en i8o5.

Les lalens de !MM. Firmin et Henri Hidot sont au-dessus de tout éloge. J’ai «léjà parlé de ces savans artistes. J’aurai occasion d’en reparler à l’article ni.

M. Vibert, élève de M. Firmin Didot, a gravé la majeure partie des poinçons dont les matrices sont répandues dans |)lusieiirs fonderies de, France, et même de l'Furope. Guiilé par M. Pierre Uidot, il a entrepris et terminé sous les yeux de ce typographe célèbre, les beaux caractères avec lesrjuels ce dernier a imprimé les chefs-d’œuvre dont j’ai parlé page /|i.

X une époque ])lus rapprochée de nous, M. Vibert a gravé de nouveaux poinçons pour la même fonderie. Le specimen des caractères provenant île ces nouvelles frappes est celui dont M. Jules Didot fait usage au moment où nous écrivons. On le trouvera à la fin de l'article ni.

Les (iap|ies de M. .lacqiiemin sont Ires-répandues; cet artiste marchait sur les traces de M. \ ibert, lor.sipie la mort vint le frapper en i8alL C’est lui <pii a gravé pour riinprimerie Itovale des caractères exotiques fort e.sliinés, tels <pie l'anglo saxon , le mé.so-gotliiipic (celui quTIphilas inventa en 370 , et dont nous avons parlé pagc/jq), le runicpie, et plusieurs caractères ru.s.ses.

NI. MarceHin-Legrand est élève de M. Henri Didot, dont il est le neveu; ses es,sais jirouveiit qu’il a compris son maître. Ce jeune artiste brille .surtout par des lettres de deux points, des caractères d’écriture et d'ufCche.s que l’on emploie beaucoup dans nos |)reinièrcs imprimeries.

Ln i8a5, M. Nlarcellin-Legrand fut choisi pour graver de nouveaux types a l'u.sage de rimpriincrie Royale. Ce choix fait autant d'hoimeiirà M. Henri Didut cpi’à son élève.

M. Léger, neveu de l’ierre-François Didot, et cousin de M. Henri Didut, obtint une médaille en i8iq; et à l’exposition de i8a3 il produisit des

■ Je |>iir le leclciir de rcinan|ncr rju'il nV,t ici question que des graveuri- fondeurs, cl non des fondeurs de caractcrcs seulement, qui nrliètent des matrices provenant des fr.‘ip|tes des promier. gi.iveurs de l.i (iapitale.

yO MANlF.l.

creatioiis iimivellfs en carHCtères d’écriture, et une musique grecc|ue. Jcs types prosenant des frappes de M. Léger, ses lettres de deux points surtout, sont très-rcclicrchés.

M. Mole, dessinateur et peintre dès son enfance, ne cunnaissuit point la gravure; mais, passionné pour les arts, il devint son maître, comme Scliœffer, et conçut aussi, comme ce premier typographe, le projet hardi de graver luimême tous les caractères rrunc fonderie. Après trente années entières d’études et de travaux, il ht paraître à l’exposition de 1819 les épreuves générales d’un spccimen composé de deux cent six airactères, français, grecs, hébreux, rabbiniques, arabes, syriaques et samaritains, titres pour affiches, lettres de deux points orn<H!S, vignettes, fleurons, filets anglais, accolades, trembh'S, filets en laines, et garnitures à jour Il est sans exemple de voir une collection aussi considérable gravée jiar la inêmc main; elle est la plus complète qu’il y ait en Tvpographie ; elle a placé M. Molé au premier rang parmi les artistes de ce genre. On sera moins étonné de ce que j’avance, quand on aura jeté les yeux sur le sperùnen de cet artiste habile, que je placerai à coté de celui de M. Jules Oidol.

A l’exposition de 18a 3 , M. Molé présenta de nouvelles épreuves de ses caractères grecs, arabes, syriaques, samaritains et hébreux, qu’il avait améliorés sous la direction de M. Lsmglès, «l’après des manuscrits fournis par ce savant académicien, mort en i 8 a 4 - Louis XVIll fut si content de ces caractères orientaux, qu'il décerna une médaille d’or à M. Molé, et le nomma chevalier de la Légion-d’Hoiineur.

Il est cependant juste de dire qu’à l’exception de ces derniers caractères, MM. VVafllaixl , Oando, Henri Oidot, Firmin Didot, I^éger, Marcellin -Legrand, .lacquemin, et autres graveurs-fondeurs, ont souvent rivalisé de talent avec M. Molé, ]>ar tous les moyens agréables, bons et utiles, quoique dififérens.

La ville de Bordeaux possédait un typographe habile, M. Pinard, qui transporta sa fonderie et ses presses dans la t’^ipitde en i8aa. Cet artiste prt^nta à l’exposition de i 8 a 3 son specimen, et des billets <le banrpie fort bieti exécutés; il a gravé plusieurs caractères parmi lesquels on remarque une anglaise sur corps de dix, dans laquelle on croit reconnaître le burin de nos premiers artistes en ce genre.

‘ Tous IfS iinjminetio &arrordenl a regortter rinvention ites ^aniituros » jour de .M. Molé tnniine un vrrilabie service rendu a la TypogrSphie; .mssi ces gnmiinres som-elle* «ujourd'hui presque gcnéralenieitl adoptées, non -seulement en Frnnce, mais encore cher i’ëlrangej

l»K I.A TYPOGR APHII. IRANTAISK

Page 1