‹ Manuel de laryngoscopie et de laryngologieChapitre 15 sur 23 · C. Œd^me des éminences aryténoTdes · texte numérisé non relu

C. Œd^me des éminences aryténoTdes

D. Œdème de l'épiglotte.

Cet emboîtement des cordes vocales présente un grand avantage au point de vue de l'émission des sons, et ce bourgeonnement qui vient combler les vides produits par les ulcérations est assurément un moyen de défense physiologique de l'organisme contre la perte de l'organe le plus important de la vie de relation.

Nous pouvons voir journellement en effet des malades atteints de nombreuses ulcérations de phthîsie laryngée continuer à parler, sinon avec toute la pureté désirable, du moins avec beaucoup plus de facilité que ne pourrait le faire supposer Tétat de leurs cordes vocales. Sans cet emboîtement réciproque, il se produirait, à la place de l'ulcération un vide qui permettant la déperdition de l'air rendrait impossible rémission de la parole.

Par suite des progrès de la maladie, les ulcérations envahissent peu à peu les autres parties du larynx, mais sans y présenter aucun caractère particulier qui mérite une étude spéciale.

La suppuration débute en même temps que les ulcérations dont elle est la conséquence, et cette suppuration augmente en raison de l'étendue plus ou moins considérable ou de la profondeur plus ou moins marquée de ces ulcérations. A l'examen laryngoscopique, on peut dans certains cag graves, constater que le larynx est entièrement baigné par du pus qui masque alors complètement les ulcérations; lorsqu'il est moins abondant, le pus parait surtout localisé sur les bandes ventriculaires dans le voisinage des ventricules, et à la partie moyenne des éminences arytenoïdes.

Au gonflement léger que nous avons signalé à la première période succède un gonflement et un œdème

de plus en plus prononcé. Cet œdème, qui reste toujours moins marqué aux cordes vocales en raison de l'adhérence de la muqueuse au tissu -fibreux sous-ja« cent, pieut acquérir des proportions considér'al)les sur les points doublés par un tissu cellulaire très lâche : les émînences arytenoïdes, les bandes ventriculaires et Tépiglotte. Uouverture supérieure de la glotte se rétrécit alors de plus en plus, elle prend alors l'aspect d'un phimosis ou d'un paraphimosis, et Ton peut, dans certans cas, constater comme conséquence de cet état des phénomènes de suffocation et d'asphyxie.

A cette période de la maladie, la voix est rarement éteinte, et seulement changée dans son timbre ; mais la toux est souvent incessante et très pénible, et lorsqu'il survient une ulcération de l'épiglotte, le malade éprouve souvent une dysphagie assez intense pour l'empêcher de prendre toute espèce de nourriture.

Au début de cette seconde période et même dès la fin de la première période, on constate dans certains cas une toux sèche, quinteuse, très pénible, qui est liée à de petites ulcérations des élevures qui constituent l'aspect velvétique de la commissure postérieure ; plus tard, lorsque la période de suppuration est franchement établie, la toux devient moins sèche, ot il y a expectoration de muco-fus.

Page 1