‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 150 sur 514 · I. A MONSIEUR D'AUMONE, SON FRÈRE · texte numérisé non relu

I. A MONSIEUR D'AUMONE, SON FRÈRE

Paris, le 3« janvier* 1664.

Je suis fâchée, mon cher frère, de n'avoir cette année que des vœux à vous offrir. Je n'ai pas encore payé toutes mes dettes, et vous sentez bien que c'est là le premier usage que je dois faire de ma pension; et vous haïriez des étrennes données aux dépens de mes créanciers. Avec un peu d'économie vous pourriez vivre à votre aise: votre dissipation me perce le cœur; séparez- vous des plaisirs,3 ils coûtent toujours cent fois plus que les besoins. Soyez délicat sur le choix de vos amis: votre fortune et votre salut dépendent également des premiers pas que vous ferez dans le monde. Je vous parle en amie. Appliquez-vous à votre devoir, aimez Dieu, soyez honnête homme. Prenez patience, et rien ne vous manquera. Mme de Neuillant m'a souvent répété ces conseils, et je m'en suis jusqu'ici bien trouvée. Adieu, mon cher frère, je ne serai heureuse qu'autant que vous le serez: et vous ne le serez qu'autant que vous serez sage.

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