R1COT (1W9-1OT
Tes plus grands ennemis, Rome, sont à tes portes.
Ah! s'ils ont pu choisir pour leur libérateur
Spartacus, un esclave, un vil gladiateur,
S'ils suivent au combat des brigands qui les vengent,
De quelle noble ardeur pensez-vous qu'ils se rangent
Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux,
Qui voit jusqu'à Cyrus remonter ses aïeux?
Que dis-je? En quel état croyez-vous la surprendre?
Vide de légions qui la puissent défendre,
Tandis que tout s'occupe à me persécuter,
Leurs femmes, leurs enfants pourront-ils m'arrèter?
Marchons; et dans son sein rejetons cette guerre Que sa fureur envoie aux deux bouts de la terre. Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers; Qu'ils tremblent, à leur tour, pour leurs propres foyers.1 Annibal l'a prédit, croyons-en ce grand homme, Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome.8 Noyons-la dans son sang, justement répandu. Brûlons ce Capitule où j'étais attendu.
Détruisons ses honneurs, et faisons disparaître La honte de cent rois, et la mienne peut-être; Et la flamme à la main, effaçons tous ces noms Que Rome y consacrait à d'éternels affronts.