PREMIÈRE SATIRE
Dans la première satire, qui est une imitation de la troisième de Jurénal, Boileau tourne contre Paris une partie des invectives que le poète latin a lancées contre Rome; mais l'imitateur reste bien inférieur a son nodèle. Voici comme le poète français traite le Paris de Louis XTV. Mais moi, vivre à Paris! Hé! qu'y voudrais-je faire? Je ne sais ni tromper, ni Joindre, ni mentir; Et, quand je le pourrais, je n'y puis consentir. Je ne sais point en lâche essuyer les outrages D'un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, De mes sonnets flatteurs lasser tout l'univers, Et vendre au plus offrant mon encens et mes vers; Pour un si bas emploi ma muse est trop altière, Je suis rustique et fier, et j'ai l'âme grossière. Je ne puis rien nommer, si ce n'est par son nom: J'appelle un chat un chat, et Rolet1 un fripon.
Ce dernier vers, qui est devenu proverbial, annonce déjà la franchise &fflt l'auteur fera profession dans ses poèmes.