‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 252 sur 514 · ACTE m, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE V

Baliveau. Je ne le cache pas, malgré ma répugnance, Vd€ chose me fait quelque plaisir d'avance: C'est le parfait rapport qui, par un cas plaisant, Se trouve entre mon rôle et mon état présent. Je représente un père austère et sans faiblesse, Qui d'un fils libertin gourmande la jeunesse .... Le vieillard, à mon gré, parle comme un Caton, Et je me réjouis de lui donner le ton.

Fejjigaibu. Celui qui fait le fils s'y prend le mieux du monde; Car nous ne jouons bien qu'autant qu'on nous seconde: Tout dépend de l'acteur mis vis-à-vis de nous. Si celui-ci venait répéter avec vous?

Baliveau. Je voudrais que ce fût déjà fait.

Fbahcaleu (appelant ses valets). Holà! hée! | Que l'on aille chercher monsieur de I'Empyrée. 1 '& Baliveau.) Tenez, voilà par où le jeune homme entrera. Vous pouvez commencer sitôt qu'il paraîtra. Faites comme l'on fait aux choses imprévues, Boyei comme quelqu'un qui tomberait des nues; C*r c'est l'esprit du rôle: et vous vous souvenez Que vous tous trouvez, vous et ce fils, nez à nez,

310 PIBON (1689-1778).

L'instant précis qu'il sort du d'une académie,1

Ou de quelque autre lieu que vous voulez qu'A fuie,

Et qu'à cette rencontre un silence fâcheux

Exprime une surprise égale entre vous deux.

C'est un coup de théâtre admirable! et j'espère ....

Page 1