ZAÏRE (ACTE III, SCÈNE IT
C'est lui qui des chrétiens a ranimé l'espoir: C'est à lui que je dois le bonheur de te voir: Pardonne; ton courroux, mon père, ma tendresse, Mes serments, mon devoir, mes remords, ma faiblesse, Me servent de supplice, et ta sœur en ce jour Meurt de son repentir, plus que de son amour.
Nébestan. Je te blâme et te plains: crois-moi, la Providence Ne te laissera point périr sans innocence; Je te pardonne, hélas! ces combats odieux: Dieu ne t'a point prêté son bras victorieux; Ce bras, qui rend la force aux plus faibles courages, Soutiendra ce roseau plié par les orages. H ne souffrira pas qu'à son culte engagé, Entre un barbare et lui ton cœur soit partagé. Le baptême éteindra ces feux dont il soupire, Et tu vivras fidèle, on périras martyre. Achève donc ici ton serment commencé!
Achève, et dans l'horreur dont ton cœur est pressé, Promets au roi Louis, à l'Europe, à ton père, Ad Dieu qui déjà parle à ce cœur si sincère, De ne point accomplir cet hymen odieux Avant que le pontife ait éclairé tes yeux, Ayant qu'en ma présence il te fasse chrétienne, Et que Dieu par ses mains t'adopte et te soutienne. Le promete-tu, Zaïre?
Zaïre. Oui, je te le promets:
Rends-moi chrétienne et libre; à tout je me soumets. Va, d'un père expirant, va fermer la paupière: Va, je voudrais te suivre et mourir la première.
Néeestàn. Je pars. Adieu, ma sœur, adieu: puisque mes vœux Ne peuvent t'arracher à ce palais honteux, •Je reviendrai bientôt, par un heureux baptême, T'arracher aux enfers, et te rendre à toi-même.
L'âme de Zaïre est en proie aux tourments d'un conflit terrible entre le devoir et l'amour, lorsqu'elle voit paraître Oroamane. Il vient lui annoncer que tout est prêt pour la solennité qui doit les unir à jamais. 9>*que mot qu'il dit est un coup de poignard pour la malheureuse Zaïre. Ne pouvant, sans trahir ses serments, lui découvrir l'obstacle qui rend leur union impossible, elle lui demande toute troublée d'en différer la cérémonie. Le sultan se montre étonné de son trouble et de son langage. Zilre, hors d'état de supporter une situation si douloureuse, demande à te retirer:
Il m'est affreux, Seigneur, de vous déplaire:
Excuses ma douleur. . . . Non, j'oublie à la fois
Et tout ce que je suis, et tout ce que je dois.
Je ne puis soutenir cet aspect qui me tue. •
Je ne puis. ... Ah! souffrez que, loin de votre vue,
Seigneur» j'aille cacher mes larmes, mes ennuis,
Mes vœux, mon désespoir, et l'horreur où je suis.
Orosmane, accablé de douleur, doute de ce qu'il a entendu; le soupçon Réveille dans son cœur; il défend que Nérestan, auquel il avait accordé * permission de voir Zaïre, vienne une seconde fois en ces lieux. Se
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souvenant qu'il est le maître et qu'il lui convient de commander et non d'obéir à une femme sur laquelle *t7 a laissé tomber un regard de, oonté,* le sultan s'écrie:
Allons, que le sérail soit fermé pour jamais,
Que la terreur habite aux portes du palais;
Que tout ressente ici le frein de l'esclavage:
Des rois de l'Orient suivons l'antique usage. A l'ouverture du quatrième acte, Zaïre reparaît avec sa confidente Fatime. Ce dialogue peint dans le plus beau langage, le combat que se livrent dans le cœur de Zaïre, l'amour et le sentiment religieux. Elle sent toute la grandeur du sacrifice qu'elle fait à son devoir: car elle n'a cessé d'aimer Orosmane. La violence de sa passion est telle qu'elle ébranle nn moment sa résolution; elle est prête à tout découvrir au sultan. Mais Fatime lui représente les suites terribles que cette démarche pourrait avoir. Zaïre rappelle à sa confidente les généreux sentiments d'Orosmane; mais Fatime répond que le sultan est avant tout le protecteur de la loi musulmane, qu'il ne souffrira point que l'on convertisse à une religion qu'il hait la femme qu'il veut élever au rang suprême; enfin Fatime rappelle à Zaïre qu'un prêtre doit venir la baptiser et qu'elle a juré de garder le secret
Orosmane parait. Le sentiment de la fierté blessée a vaincu son amour; au moins il le croit quand il dit à Zaïre:
Vous ne m'entendrez point, amant faible et jaloux, En reproches honteux éclater contre vous; Cruellement blessé, mais trop fier pour me plaindre, Trop généreux, trop grand pour m abaisser a feindre, Je viens vous déclarer que le plus froid mépris De vos caprices vains sera le digne prix. Ne vous préparez point à tromper ma tendresse, A chercher des raisons dont la flatteuse adresse, A mes yeux éblouis colorant vos refus, Vous ramène un amant qui ne vous connaît plus, Et qui, craignant surtout qu'à rougir on l'expose, D'un refus outrageant veut ignorer la cause. Lorsqu'il lui annonce qu'une autre femme va être élevée au rang qu'il lui destinait, Zaïre s'écrie:
Ah! Seigneur, ah! du moins, gardez de jamais croire
Que du rang d'un Soudan je regrette la gloire;
Je sais qu'il faut vous perdre, et mon sort l'a voulu:
Mais, Seigneur, mais mon cœur ne vous est pas connu.
Me punisse à jamais ce ciel qui me condamne,
Si je regrette rien que le cœur d'Orosmane!
Ces paroles et les explications qui en sont la suite prouvent au sultan qu'il est encore aimé, et qu'il y a un obstacle secret qui s'oppose à son union avec Zaïre. Aussitôt il lui rend son cœur .et demande a connaître le secret qu'on lui cache; mais alors Zaïre, se souvenant de son serment et du saint baptême qu'elle doit recevoir ce jour même, lui dit:
Orosmane .... Seigneur .... permettez qu'aujourd'hui, Seule, loin de vous-même, et toute à mon ennui, D'un œil nlus recueilli contemplant ma fortune, Je cache a votre oreille une plainte importune .... Demain tous mes secrets vous seront révélés. Zaïre se retire. Orosmane reste flottant entre le soupçon et l'amour, lorsqu'on lui apporte une lettre saisie par les gardes du sérail entre les
introduire: c'est à Zaïre qu'elle
mains d'un chrétien qui cherchait à s'y est adressée
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«Chère Zaïre, il est temps de nous voir:
Il est vers la mosquée une secrète issue, Où tous pouvez, sans bruit, et sans être aperçue, Tromper vos surveillante et remplir notre espoir. H faut tout hasarder; tous connaissez mon zèle: Je tous attends: je meurs, si vous n'êtes fidèle. " Nous savons qu'il s'agit du baptême qu'un prêtre doit donner à Zaïre *t que c'est son frère qui lui écrit. Naturellement Orosmane qui ne sait rien de la scène touchante du second acte, où Lusignan a reconnu ses enfants, interprète ce billet en amant jaloux. Du reste, les termes de cette lettre ont été fort critiqués. On a fait remarquer que, si Nérestan avait mis dans son billet *ma aœwru au lieu de chère Zaïre, un éclaircissement tarait eu lieu, et ou'il n'y aurait plus eu de tragédie. Cependant on peut objecter que, le billet pouvant être intercepté, Nérestan a le plus grand intérêt à n'y pas révéler le secret de la naissance de Zaïre avant qu'elle Mit baptisée, qu'il ne doit donc pas lui donner le nom de sœur.
Orosmane, après avoir lu cette lettre, ne doutant pas qu'elle ne soit de Nérestan, se croit indignement trahi par celle qui vient de lui renouveler l'assurance de son amour. Dans les premiers transports de s* foreur fl veut faire mourir Zaïre, puis il veut lui parler avant de la frapper, et ordonne de l'amener; puis il se ravise encore et veut l'éviter, liais déjà on l'a avertie, et Zaïre paraît devant lui. Orosmane exige qu'elle loi parle arec sincérité ; il admet qu'elle a pu prendre pour de l'amour la reconnaissance qu'elle lui doit, et lui promet sa grâce, si elle fait un area sincère. Zaïre, forte de son innocence, offensée d'entendre parler de grâce, répond fièrement:
Vous, Seigneur! vous osez me tenir ce langage? Vous, cruel! apprenez que ce cœur qu'on outrage, Et que par tant d'horreurs le ciel veut éprouver, S'il ne vous aimait pas, est né pour vous braver. Bientôt cependant son ton se radoucit. Croyant qu'Orosmane est seulement inquiet à cause du secret qu'elle ne peut lui révéler, elle tache de le rassurer. Mais Orosmane soupçonne dans ses protestations la plus roire perfidie, et lui ordonne de sortir. Pourtant, avant de punir, il rent s éclairer tout à fait, il veut voir par lui-même s'il est trahi. Pouttoe Zaïre, qui n'a pas encore vu le billet qui l'accuse, ne répond-elle pu aux sentiments qu'on ose lui déclarer. Aussi ordonne-t-il qu'on lui fasse parvenir mystérieusement le billet qui lui a été adressé, mais qu'en même temps on s'assure de Nérestan, s'il ose venir au sérail: Corasmin, écoutez .... dès que la nuit plus sombre Aux crimes des mortels viendra prêter son ombre, Sitôt que ce chrétien chargé de mes bienfaits, Nérestan, paraîtra sous les murs du palais, Ayez soin qu'à l'instant ma garde le saisisse; Qu'on prépare pour lui le plus honteux supplice, Et que chargé de fers il me soit présenté. Le dénoûment se précipite au cinquième acte. Zaïre, qui a reçu le bûîet des mains d'un esclave, hésite un moment; mais Fatime raffermit soa courage: elle se rendra i l'appel de son frère. Elle dit à l'esclave: Allez dire au chrétien qui marche sur vos pas, Que mon cœur aujourd'hui ne le trahira pas, Que Fatime en ces lieux va bientôt l'introduire. Orosmane, averti par l'esclave, se croyant sûr de la trahison de Zaïre, accourt avec Corasmin pour se venger de la perfide. Un moment, k *m de cette voix tant aimée l'attendrit; mais bientôt ces paroles de Zaïre qu'il croit adressées à un amant:
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Je marche en frissonnant, mon cœur est éperdu . . . Est-ce vous, Nérestan, que j'ai tant attendu?
rendent à Orosmane toute sa rage. Il la perce de son poignard en s'écriant: C'est moi que tu trahis: tombe à mes pieds, parjure!
La punition de ce forfait est prompte et terrible. Nérestan, qu'on amène et qui s'écrie, à la vue de ce corps sanglant: Ah! ma sœur! dévoile d'un mot la fatale vérité et jette dans un sombre désespoir le malheureux Orosmane.
Nérestan. Cruel! qu'attends-tu donc pour assouvir ta rage? Il ne reste que moi de ce sang glorieux Dont ton père et ton bras ont inondé ces lieux; Rejoins un malheureux à sa triste famille, Au héros dont tu viens d'assassiner la fille. Tes tourments sont-ils prête? je puis braver tes coups; Tu m'as fait éprouver le plus cruel de tous. Mais la soif de mon sang, qui toujours te dévore, Permet-elle à l'honneur de te parler encore? En m'arrachant le jour, souviens-toi des chrétiens Dont tu m'avais juré de briser les liens: Dans sa férocité ton cœur impitoyable De ce trait généreux serait-il bien capable? Parle; à ce prix encor je bénis mon trépas.
Orosmane (allant vers le corps de Zaïre). Zaïre!
Cobasxin. Hélas! Seigneur, où portez-vous vos pas? Rentrez, trop de douleur de votre too s'empare; Souffrez que Nérestan ....
Nérestan. Qu'ordonnes-tu, barbare?
Orosmane, après une longue pause.
Qu'on détache ses fers. Écoutez, Corasmin: Que tous ses compagnons soient délivrés soudain. Aux malheureux chrétiens prodiguez mes largesses; Comblés de mes bienfaits, chargés de mes richesses, Jusqu'au port de Joppé vous conduirez leurs pas.
Corasmin. Hais, Seigneur ....
Orosmane. Obéis, et ne réplique pas; Vole, et ne trahis point la volonté suprême D'un soudan qui commande, et d'un ami qui t'aime. Va, ne perds point de temps, sors, obéis . . . . (à Nérestan.) Et toi. Guerrier infortuné, mais moins encor que moi, Quitte ces lieux sanglants; remporte en ta patrie Cet objet que ma rage a privé de la vie. Ton roi, tous les chrétiens apprenant tes malheurs, N'en parleront jamais sans répandre des pleurs. Mais si la vérité par toi se fait connaître, En détestant mon crime, on me plaindra peut-être. Porte aux tiens ce poignard, que mon bras égaré A plongé dans un sein qui dut m'être sacré; Dis-leur que j'ai donné la mort la plus affreuse A la plus digne femme, à la plus vertueuse, Dont le ciel ait formé les innocents appas: Dis-leur qu'à ses genoux j'avais mis mes États;
histoibi ss chablis m. 339
Dis-tour que dans son sang cette main s'est plongée; Dis que je l'adorais, et que je l'ai vengée.
(R renfonce le poignard dans le coeur.) (Aux siens.) Respectez ce héros, et conduisez ses pas.
Nébbstàn. Guide-moi, Dieu puissant! je ne me connais pas. Faatil qu'à t1 admirer ta fureur me contraigne, Et que, dans mon malheur, ce soit moi qui te plaigne!
m. HISTOIRE DE CHAULES OOL
Le succès prodigieux que V Histoire de Charles XII obtint, non-seulesent en France, mais dans tonte l'Europe, était dû en partie à l'intérêt qoe Ton portait, treize ans après sa mort, & un monarque qui, par la rapidité de ses victoires, la grandeur de ses revers, la singularité de son uretère, avait frappé l'imagination de tous ses contemporains. D'un *tre côté, le succès du livre s'explique par cette circonstance que 'Histoire de Charles XII fut à peu près le premier ouvrage historique écrit ▼entablement pour le public. Jusqu'à ce temps une histoire était on livre de longue haleine, ordinairement un in-folio, très souvent une compilation savante, mais diffuse, plus difficile encore à lire qu'à écrire. Tout au contraire, Voltaire offrit au public un livre dont la lecture avait tort l'attrait d'un roman, un livre écrit dans un style simple, élégant et précis, qui, selon l'expression de VUlemain, plaît surtout „par le rapport singulier qu'il y a entre l'action soudaine du héros et l'allure svelte de l'historien.4'
Eu revanche, on a reproché à Voltaire d'avoir manqué d'exactitude et de critique historique. Ce reproche n'est pas entièrement dépourvu & fondement, mais on en a rajustement exagéré la portée. Il est vrai que le livre contient quelques erreurs de détail, quelques jugements taudés; mais il ne faut pas oublier qu'il parut treize ans après la mort fa héros, et que telle vérification que la postérité peut faire est imposable à un auteur contemporain. D'un autre côté, les relations personnelles Vu Voltaire avait avec de très grands personnages le mettaient à môme fc puiser aux meilleures sources. Le roi Stanislas Leczinsky a rendu an éclatant témoignage à l'exactitude des faits contenus dans ce livre, et tait fl avait été témoin.
V Histoire de Charles XII, qui forme un ensemble parfaitement réplier, se compose de huit livres. Cet ouvrage étant, à juste titre, la taure de prédilection de la plupart des institutions, nous n'en reprowsons qae deux petits fragments, le parallèle que Voltaire fait entre parles XII et Pierre I« et les réflexions dont il fait suivre le récit de a mort du roi de Suède.
(livre IV.)
Ce fut le 8 juillet de Tannée 1709 que se donna cette bataille toàsive de Pultawa, entre les deux plus singuliers monarques qui fussent alors dans le monde: Charles XII, illustre par neuf années te victoires: Pierre Âlexiowitz, par neuf années de peines prises pour former des troupes égales aux troupes suédoises; l'un glorieux d'avoir ■lonnédes États, l'autre d'avoir civilisé les siens; Charles aimant les Jugera et ne combattant que pour la gloire; Alexiowitz ne fuyant Pti&t le péril, et ne faisant la guerre que pour ses intérêts; le mo- ?*N)tie suédois libéral par grandeur d'âme; le Moscovite ne donnant jamais que par quelque vue; celui-là d'une sobriété et d'une conti-
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nence sans exemple, d'un naturel magnanime, et qui n'avait été barbare j qu'une fois; celui-ci n'ayant pas dépouillé la rudesse de son éducation et de son pays, aussi terrible à ses sujets qu'admirable aux étrangers, et trop adonné à des excès qui ont même abrégé ses jours. Charles avait le titre d'Invincible, qu'un moment pouvait lui êter; les nations avaient déjà donné à Pierre Alexiowitz le nom de Grand, qu'une défaite ne pouvait lui faire perdre, parce qu'il ne le devait pas à des victoires.
(uvbi vm.) Ainsi périt, à l'âge de trente-six ans et demi, Charles XII, roi de Suéde, après avoir éprouvé oe que la prospérité a de plus grand, et ce que l'adversité a de plus cruel, sans avoir été amolli par l'une, ni ébranlé un moment par l'autre. Presque toutes ses actions, jusqu'à celles de sa vie privée et unie, ont été bien loin au-delà da vraisemblable. C'est peut-être le seul de tous les hommes, et jusqu'ici le seul de tous les rois, qui ait vécu sans faiblesse; il a porté toutes les vertus des héros à un excès où elles sont aussi dangereuses que les vices opposés. Sa fermeté, devenue opiniâtreté, fit ses malheurs dans l'Ukraine et le retint cinq ans en Turquie; sa libéralité, dégénérant en profusion, a ruiné la Suède; son courage, poussé jusqu'à la témérité, a causé sa mort ; sa justice a été quelquefois jusqu'à la cruauté ; et, dans les dernières années, le maintien de son autorité approchait de la tyrannie. Ses grandes qualités, dont une seule eût pu immortaliser un autre prince, ont fait le malheur de son pays. H n'attaqua jamais personne; mais il ne fut pas aussi prudent qu'implacable dans ses vengeances. D a été le premier qui ait eu l'ambition d'être conquérant sans avoir l'envie d'agrandir ses États; il voulait gagner des empires pour les donner. Sa passion pour la gloire, pour la guerre et pour la vengeance l'empêcha d'être bon politique, qualité sans laquelle on n'a jamais vu de conquérant. Avant la bataille et après la victoire, il n'avait que de la modestie; après la défaite, que de la fermeté: dur pour les autres comme pour lui-même, comptant pour rien la peine et la vie de ses sqjets, aussi bien que la sienne; homme unique plutôt que grand homme; admirable plutôt qu'à imiter. Sa vie doit apprendre aux rois combien un gouvernement pacifique et heureux est au-dessus de tant de gloire.