‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 296 sur 514 · REPRÉSENTATION AU THEATRE D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATION AU THEATRE D'ATHÈNES

(Chapitre XI.)

Je viens de voir une tragédie, et, dans le désordre de mes idées, je jette rapidement sur le papier les impressions que j'en ai reçues.

Le théâtre s'est ouvert à la pointe du jour. J'y suis arrivé avec Philotas. Rien de si imposant que le premier coup d'œil: d'un côté, la scène ornée de décorations exécutées par d'habiles artistes: de l'autre, un vaste amphithéâtre couvert de gradins qui s'élèvent les uns au-dessus des autres jusqu'à une très grande hauteur, des paliers et des escaliers qui se prolongent et se croisent par intervalles, facilitent la communication et divisent les gradins en plusieurs compartiments, dont quelques-uns sont réservés pour certains corps et certains états.1

Le peuple abordait en foule; il allait, venait, montait, descendait, criait, riait, se pressait, se poussait et bravait les officiers qui couraient de tous côtés pour maintenir le bon ordre. Au milieu de ce tumulte sont arrivés successivement les neuf archontes ou premiers magistrats de la république, les cours de justice, le sénat des cinq cents, les officiers généraux de l'armée, les ministres des autels. Ces divers corps ont occupé les gradins inférieurs. Au-dessus on rassemblait tous les jeunes gens qui avaient atteint leur dix-huitième année. Les femmes se plaçaient dans un endroit qui les tenait éloignées des hommes.

J'ai vu des Athéniens faire étendre sous leurs pieds des tapis de pourpre et s'asseoir mollement sur des coussins apportés par leurs

1 C'est-à-dire: pour certaines corporations et certaines classes.

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