‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 312 sur 514 · LE LION ET LE LÉOPARD · texte numérisé non relu

LE LION ET LE LÉOPARD

(Lira in, Fable 21.)

Un valeureux lion, roi d'une immense plaine, Désirait de la terre une plus grande part, Et voulait conquérir une forêt prochaine,

Héritage d'un léopard.

L'attaquer n'était pas chose bien difficile; Mais le lion craignait les panthères, les ours, Qui se trouvaient placés juste entre les deux cours. Voici comment s'y prit notre monarque habile: Au jeune léopard, sous prétexte d'honneur,

Il députe un ambassadeur; C'était un vieux renard. Admis à l'audience Du jeune roi, d'abord il vante sa prudence, Son amour pour la paix, sa bonté, sa douceur.

Sa justice et sa bienfaisance; Puis, au nom du lion, propose une alliance

Pour exterminer tout voisin

Qui méconnaîtra leur puissance.

Le léopard accepte; et dès le lendemain,

Nos deux héros, sur leurs frontières, Mangent à qui mieux mieux les ours et les panthères Cela fut bientôt fait. Mais quand les rois amis,

Partageant le pays conquis,

1 Iliade, F.

414 FLORUN (1755-1794).

Fixèrent leurs bornes nouvelles,

H s'éleva quelques querelles: ' Le léopard lésé se plaignit du lion;

Oelui-ci montra sa denture

Pour prouver qu'il avait raison; Bref, on en vint aux coups. La fin de l'aventure

Fut le trépas du léopard:

Il apprit alors, un peu tard, Que, contre les lions, les meilleures barrières Sont les petits États des ours et des panthères.

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