‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 372 sur 514 · CHRI8TINE, ÉRIC, JEAN, MARTHE, RANTZAU · texte numérisé non relu

CHRI8TINE, ÉRIC, JEAN, MARTHE, RANTZAU

Jean (accourant tout essoufflé). Victoire! .... victoire! .... sous l'emportons! ....

Marthe, Éric et Eantzau. Parle vite, parle donc!

Jean. Je n'en peux plus, j'ai tant crié! .... Nous étions dans la grande place, devant le palais, sous le balcon, trois ou quatre mille! et nous répétions: Burkenstaff! Burkenstaff! qu'on révoque Tordre qui le condamne: Burkenstaff!!! Alors, la reine a paru au balcon, et Struensée à côté d'elle, en grand costume, du velours bleu magnifique, et un bel homme, une belle voix! Il a parlé, et on a fait silence: „Mes amis, de faux rapports nous avaient abusés; je révoque toute espèce d'arrestation, et je vous jure ici, au nom de la reine et au mien, que M. Burkenstaff est libre et n'a plus rien à craindre/

Marthe. Je respire! ....

Éric. Tout est sauvé!

Rantzau (à part). Tout est perdu!

Jean. Alors, c'étaient des cris de: Vive la reine! vive Struensée! vive Burkenstaff! Et quand j'ai dit à mes voisins: C'est pourtant moi qui suis Jean, son garçon de boutique, ils ont crié: Vive Jean! et ils m'ont déchiré mon habit, en m'élevant sur leurs bras pour me montrer à la multitude. Mais ce n'est rien encore: les voilà tous qui s'organisent, les chefs des métiers en tête, pour venir ici, complimenter notre maître et le porter en triomphe à la maison commune.1

Marthe (à pari). Un triomphe! il en perdra la tête!

Rantzau (à part). Quel dommage! une révolte qui commençait si bien! .... A qui se fier à présent?

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