‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 403 sur 514 · NAISSANCE DU DUO DE BOBDEAUX · texte numérisé non relu

NAISSANCE DU DUO DE BOBDEAUX

0 toi, de ma pitié profonde

Reçois l'hommage solennel,

Humble objet des regards du monde,

Privé du regard paternel!

Puisses-tu, né dans la souffrance,

Et de ta mère et de la France

Consoler la longue douleur!

Que le bras divin t'environne,

Et puisse, ô Bourbon, la couronne

Pour toi ne pas être un malheur!

Oui, souris, orphelin, aux larmes de ta mère! Écarte, en te jouant, ce crêpe funéraire Qui voile ton berceau des douleurs du cercueil; Ohasse le noir passé qui nous attriste encore;

Sois à nos yeux comme une aurore!

Rends le jour et la joie à notre ciel en deuil!

Ivre d'espoir, ton roi lui-môme,

Consacrant le jour où tu nais,

T'impose, avant le saint baptême,

Le baptême du Béarnais.

La veuve8 t'offre à l'orpheline!4

Vers toi, conduit par l'héroïne,

1 Nous avons revu le texte des fragments que nous repro*™01» sur l'édition définitive des Œuvres de Victor Hugo, publiée par MJ. Hetzel et Quantin, commencée le 26 février 1881, jour où le poète entrait dans sa 80S*n« année et achevée peu de temps avant sa mort.

* Le duc de Bordeaux (comte de Chambord), petot-fita de Ch arlee iX, et fils du duc de Beiry naquit à Paris, en 1820, et mourut à Goertz en 1884. V. p, 468, note 1. . -, j

« La duchesse de Berry, dont le mari, le ducde Berry, secondfils du comte d'Artois (Charles X), fut assassiné an sortir de 1 Opéra (1820).

* La duchesse d'Angoâéme, fille de Louis XVI, qui avait épousé son condn, le fils aîné du comte d'Artois. Elle avait partagé au Temple avec wn frère, le malheureux Dauphin (Louis XVII), la captivité de ses parents. (Test de là que lui vient le surnom à'OrpheUne du Temple.

Vient ton aïeul en cheveux blancs; Et la foule, bruyante et fière, Se presse k oe Louvre, où naguère, Muette, elle entrait à pas lents.

Guerriers, peuple, chantez; Bordeaux, lève ta tète, Cité qui, la première, aux jours de la conquête, Rendue aux fleurs de lys, as proclamé ta foi. Et toi, que le martyr aux combats eût guidée,

Sors de ta douleur, 0 Vendée!

Un roi naît pour la France, un soldat naît pour toi.

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