C. Ptota, Mmml de UHératmê françaiu. 10* éd
610 YICTOB HUGO 0802-1886).
Et que, si je serrais cette main trop loyale, J'écraserais dans l'œuf ton aigle impériale! Don Carlos. Faites!
Hernixi. Va-t'en! va-t'en!
(H Ote son manteau et le jette sur les épaules du roi)
Fuis, et prends ce manteau.
Car dans nos rangs pour toi je crains quelque couteau.
(Le roi s'enveloppe du manteau.) Pars tranquille à présent. Ma vengeance altérée Pour tout autre que moi fait ta tète sacrée.
Don Oablos. Monsieur, vous qui venez de me parler ainsi, Ne demandez un jour ni grâce ni merci!
(Il sort.)
Le roi parti, la menace à la bouche, Hernani n'aurait rien de mieux à faire que de s'enfuir au plus vite avec dofia Sol, qui le lui demande elle-même. H n'en fait rien. Maintenant qu'il sait sa tète menacée, l'honneur lui défend de faire partager son sort à celle qu'il aime: — Toffrir la moitié de l'échafaud I pardonne, Dofia Sol! l'échafaud, c'est à moi seul! .... On entend au loin le bruit des cloches. ?Le tocsin, entends-tu le tocsin?" s'écrie la jeune fille effarée. Le brigand refuse de s'enfuir. Enfin, lorsqu'un de ses montagnards accourt l'avertir que des sbires débouchent dans la place, lorsqu'on entend déjà les cris confus: „Mort an bandit 1" Hernani saisit une épée et se précipite au dehors pour se faire jour à travers les assaillants. Dofia Sol tombe évanouie sur un banc
Le troisième acte, intitulé Le Vieillard, se passe dans une grande salle du château de Silva, situé dans les montagnes d'Aragon. Nous voyons dofia Sol immobile et grave, pendant que le vieux duc, son oncle, l'entretient de leur futur bonheur; car il va l'épouser le jour même. Entre un page annonçant l'arrivée d'un pèlerin qui demande asile an duc. Ruy Gomez permet de l'introduire, puis il demande au page des nouvelles du chef des brigands. On lui répond que, le roi s'étant luimême mis à la poursuite des bandits, la troupe a été détruite, qu'on offre mille écus d or pour la tête de Hernani, mais que le bruit court qu'il est mort Ce mot fait tressaillir dofia Sol. Elle cache cependant son émotion, et quand son oncle lui ordonne d'aller se parer pour la fête, elle obéit.
L'homme qui demande asile n'est autre que Hernani, déguisé en pèlerin. Quand il voit entrer dofia Sol en parure de mariée, il déchire sa robe de pèlerin, la foule aux pieds et parait en costume de montagnard, en s'écriant: „Je suis Hernani !u Mais en vain dit-il à tous les valets qu'il* gagneront mille écus d'or en le livrant, aucun ne bouge.
Don Rut Gomez. Frère, à toucher ta tête, ils risqueraient la leur. Fusses-tu Hernani, fusses-tu cent fois pire, Pour ta vie au lieu d'or offrît-on on empire, Mon hôte, je te dois protéger en ce lieu, Même contre le roi, car je te tiens de Dieu. S'il tombe un seul cheveu de ton front, que je meure 1 (A dofia Sol.) Ma nièce, vous serez ma femme dans une heure; Rentrez chez vous. Je vais faire armer le château, J'en vais fermer la porte.
Laissé seul avec dofia Sol, Hernani lui reproche amèrement sa trahison. mais elle lui montre, au fond du coffret qui renferme son écrin nuptial* un petit poignard:
HBBNAKI (ACTE m, SCÈNE Yl). 611
C'est le poignard qu'avec l'aide de ma patronne Je pris an roi Carlos, lorsqu'il m'offrit un trône Et que je refusai, pour tous qui m'outragez! Aussitôt Hernani tombe aux pieds de dofia Sol, en implorant son pardon. H l'ecxhorte lui-môme à épouser le vieux duc qui lui offre rang et richesses et à repousser le malheureux proscrit qui porte malheur à tous ceux qu'il approche. Elle ne lui répond que par de nouvelles protestations d'amour.
Hernanl Oh! qu'un coup de poignard de toi me serait doux! DoftA Sol. Ah! ne craignez-vous pas que Dieu ne vous punisse De parler de la sorte?
Hernani. Eh bien! qu'il nous unisse!
Tu le veux. Qu'il en soit ainsi! — J'ai résisté. Us se tiennent embrassés, lorsque le vieux Ruy Gomez parait sur le seuil de la porte en s'écriant: Voilà donc le patment de l'hospitalité!
Dofia Sol et Hernani avouent au duc leur amour et lui demandent à l'emvi la mort comme punition de leur trahison envers lui Tout à coup on entend au dehors un bruit de trompettes. On vient annoncer au duc que le roi Charles est devant le château avec une nombreuse suite, qu'à s'étonne de trouver la porte fermée et qu'il demande à entrer. ^Ouvrez au roi," dit don Gomez, puis il va droit à un des tableaux qui ornent la salle (c'est son propre portrait]) et presse un ressort. Le portrait s'ouvre comme une porte et laisse voir une cachette pratiquée dans le mur. Après y avoir fait entrer Hernani, le vieux gentilhomme presse de nouveau le ressort et le portrait revient à sa place.