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RÉGNIER

A côté de Malherbe, mais dans un camp littéraire opposé, nous apparaît Mathurin Régnier (1573 — 1613). Il naquit à Chartres et était le neveu du poète Desportes, qui lui donna les premiers principes de versification. Régnier entra de bonne heure dans la carrière ecclésiastique, suivit en 1593 le cardinal Joyeuse à Rome, passa dix ans près de lui, puis s'attacha au comte de Béthune, ambassadeur à Rome de 1601 à 1605. Il dut à cette circonstance de connaître la langue et la littérature italiennes. De retour en France, il obtint de Henri IV des bénéfices et des pensions et put dès lors entièrement s'abandonner à son goût pour les lettres et les plaisirs. Régnier a laissé cinq élégies et seize satires. Ces dernières s'attaquent aux mœurs du temps, sans se mêler, comme la Satire Ménippée, des affaires politiques. Régnier avait une aptitude toute particulière pour la satire: il était bon observateur, plein de finesse, de sagacité, de bon sens, et il excellait à saisir le ridicule et à le peindre. Son chef-d'œuvre est le portrait de Macette, vieille hypocrite, aïeule de Tartuffe.

LE XVn* SIÈCLE JUSQU'A CONSEILLE, POÉSIE ET PROSE. XLVII

Renier défendait contre Malherbe l'école de Ronsard, dont il se gardait pourtant d'imiter les écarts, mais il voyait la liberté avec les réfor- Eiteurs de la Pléiade et le despotisme avec Malherbe et ses acolytes,

„Ces resveurs dont la muse insolent e,

Censurant les plus vieux, arrogamment se vante De reformer les vers"

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