‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 487 sur 514 · ACTE I, SCÈNE I et H · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I et H

Marthe. A propos, mon père, n'est-il pas étrange que nous n'ayons pas vu M. Roswein depuis plus de quinze jours?

Sebtobius. Nullement, mon enfant. Il doit être dans le feu de ses répétitions. Poète et compositeur tout à la fois, ce n'est pas une mince besogne! . . . Pauvre André! voilà une rude épreuve pour sa santé de demoiselle!

Mabthe. Vous n'avez pas entendu dire qu'il fût malade?

Sebtobius. Du tout ... au contraire. Le chevalier Carnioli, qui faillit m'écraser hier sur le quai, me cria du haut de son char: Bonjour, maître . . . André va bien . . . Puis il ajouta quelques paroles que je n'entendis pas . . . c'est un tourbillon que ce Carnioli . . . Mais qu'as-tu donc, ma fille? tu semblés troublée . . . inquiète . . .

Mabthe (prenant un journal sur la table). Vous n'avez pas lu ce journal, mon père? il annonce pour ce soir l'opéra de M. Roswein...

Sebtobius (vivement). Pour ce soir? . . . c'est impossible, Marthe.

Mabthe. Voyez . . . cela m'a préoccupée tout le jour.

Sebtobius (lisant). „Théatre Saint-Charles. Ce soir, 15 mai, première représentation de la Prise de Grenade, opéra en trois actes, attribué pour les paroles et pour la musique au jeune maestro dalmate André Roswein. La présence de la cour ajoutera à l'éclat de cette fête, impatiemment attendue par le monde entier des dilettanti. On sait que le maestro, déjà connu à Naples par plusieurs compositions transcendantes est l'élève favori du savant Sertorius. u 15 mai... C'est ce soir en effet . . . Voilà ce qu'ajoutait Carnioli . . . Allons! c'est bien! (Il rend le journal à sa fille (Tune main tremblante.)

Mabthe. Il est à peine croyable, mon père, que M. André ne vous ait pas même envoyé un billet pour cette représentation?

Sertobitjs (avec amertume). Pourquoi donc? est-ce que tu n'as pas entendu? la cour y sera! qu'a-t-il besoin de nous? ... (Il reprend le journal). Ah! le savant Sertorius! Oui, cela fut bien dans une réclame! . . . mon élève favori! . . . sans doute! — et reconnaissant! . . . cela va sans dire!

Marthe. C'est une erreur de ce journal, mon père . . . un tel excès de négligence vis-à-vis de vous, qui l'avez fait ce qu'il est, serait trop surprenant, trop indigne!

Sebtorius. Surprenant! pas du tout. Indigne, c'est différent! (Avec une émotion croissante.) Oui, que cet enfant, que j'ai enrichi en peu d'années de toute la science d'une longue vie, dont j'ai fécondé le génie au feu le plus ardent de mon âme, à qui j'ai versé, pour ainsi dire, dans les veines le meilleur sang de mon cœur, que cet enfant, dès 6a première heure de triomphe, dédaigne son vieux maître, le père de son esprit! et le laisse à la porte comme un valet à sa livrée . . . oui, cela est indigne! . . . Pardon, ma fille, tu m'as vu supporter en riant bien des ingratitudes . . . mais celle-ci ne me serait pas plus sensible quand la main d'un fils m'en aurait porté le coup . . . ouï, la main d'un fils! c'est la pure vérité!

Marthe (C embrassant). Mon père, un peu de patience seulement, et tout s'expliquera pour le mieux, vous verrez.

Sertobitjs. Tout est expliqué, ma fille. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je connais cette espèce. (Il se lève et marche avec agitation.) Si les sept péchés capitaux ont besoin d'un blason, je me charge de le leur fournir: une plume et un pinceau, un ébauchoir et un archet l — 11 semble véritablement, Marthe, qu'une sorte de malédiction pèse sur ce nom d'artiste dont s'affuble aujourd'hui tout ce qui défriche ou pille, à un titre quelconque, le champ de l'idéal . . . Voilà ce Jlosvein: si jamais visage humain porta l'empreinte d'une &me élevée» simple et loyale, c'est le doux et sévère visage de ce jeune homme. Eh bien! tu le vois, il n'a pas fait deux pas dans sa fatale carrière, qu'il se retourne et nous montre le front d'un traître; il faut, bon gré mal gré, qu'à la première page de sa vie d'artiste il inscrive une lâche action ... il faut que l'enfant gagne ses éperons! — Ab! ma fille, il y a eu, tu le sais, dans ma vie un moment terrible: celui où tout près de recueillir dans l'applaudissement public Je fruit de mes veilles enthousiastes, je sentis tout à coup mes doigts et mon cerveau même comme frappés de paralysie; cette timidité maladive, pétrifiante, qui me suivit partout où j'essayai, sous quelque forme que ce fût, de répandre au dehors les flots harmonieux qui bouillonnaient dans ma tête, ce mal bizarre et ridicule me plonge» dans les derniers abtmes du désespoir . . . Mais combien de fois depuis j'ai remercié Dieu de sa rigueur paternelle! combien je le bénis surtout aujourd'hui, dans la paix de ma conscience et dans la dignité de ma vieillesse! (Marthe lui a vris le bras et marche près de lui; après un silence, il reprend:) Quelle heure est-il donc, mon enfant?

Marthe. Voici Y Angélus qui sonne aux Oamaldules.1

1 Le couvent des Camaldufos (Camaldoli), le point de vue le plus beau des magnifiques environs de Naplee, d'où Ton jouit d'un coup d'oeil féerique sur la ville, le golfe, le Vésuve, Sorrente, Capri, etc.

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Sertorius. Ij Angélus . . . déjà! — Allons! il ne peut venir maintenant . . . tout est dit . . . pour aujourd'hui et pour toujours, c'est un ingrat! (André Roswein entre sur ces mots et se jette dans les bras de Sertorius.)

Ambré (F embrassant avec forée). Que vous ai-je fait? voyons, comment ai-je mérité cela? qui est-ce qui est injuste? qui est-ce qui est ingrat? — Ah! Dieu! quel homme!

Sertorius. Allons! la paix! la paix! ne m'étouffe pas, mon garçon ... je suis bien aise de te voir, mon ami ... je suis enchanté de te voir, j'en conviens. C'est ce journal, cet imbécile de journal qui annonçait ton opéra pour ce soir . . . André. Mais il a raison.

Sertorius. Eh bien! mon enfant, tu m'avoueras, en ce cas-là, que j'avais quelque droit d'attendre aujourd'hui un message de ta part, et que, voyant approcher la nuit, j'étais fondé en quelque sorte à désespérer ...

André. Certainement, cher mattre, j'aurais pu vous envoyer votre loge ce matin; mais je tenais à vous l'apporter moi-môme et à vous embrasser une dernière fois avant la bataille ... A ma première minute de liberté, je suis accouru.

Sertorius. Bien, très bien, André, n'en parlons plus . . . J'ai eu tort . . . Ah çà! c'est donc pour ce soir, sérieusement? André. Très sérieusement.

Sertorius (se frottant les mains, avec jovialité). Diantre! oh! oh! . . . Mais dis-moi donc, jeune homme . . . sais-tu que c'est fort grave cela? ... Et tu ris, je crois? ... Il rit, Marthe, ma parole d'honneur! Ces jeunes gens riraient à la bouche du canon! . . . Mais, voyons, André, sois franc, quelle est ton impression réelle à l'approche de cette crise? Quel effet ressens-tu intérieurement? Le cœur bat-il un peu la chamade,1 hein, garçon?

André. Je suis dans un état singulier. Je m'entends parler et marcher, comme si je marchais et parlais sous une voûte d'un,e sonorité particulière. Quoique j'aie passé mes trois dernières nuits à refaire mon ouverture, il me semble que de ma vie je n'aurai besoin de dormir. Je me sens la légèreté d'un oiseau, et je ne sais pas pourquoi je ne m'envole pas, car j'ai une belle peur.

Sertorius. Or çà, que voulais-je donc te demander encore? . . . Ah! que pensent-ils de ton œuvre, ces gens de théâtre?

André. Rien. Ils me le diront à minuit. — Ah! cher mattre, fî vous aviez voulu me faire la grâce d'entendre une seule répétition, je serais plus tranquille; car, en vérité, c'est vous que je redoute bien plus que le public.

Sertorius. Mon ami, j'ai eu pour me refuser à ton désir plusieurs raisons excellentes. D'abord mon appréciation, portant sur l'ensemble de l'œuvre, sera plus sûre, plus complète et te sera plus profitable. Ensuite, j'ai pu en toute conscience déclarer à droite et à gauche que je ne connaissais pas une seule note de ton opéra,

1 La chamade est le signal que les assiégés donnent avec le tambour, la trompette, le plus souvent en arborant un drapeau blanc, pour avertir qu'ils veulent parlementer. Au figuré battre la chamade veut dire avoir peur.

de sorte que personne n'aura le droit d'associer mon nom au tien, et de dire, je suppose: Sertorius par-ci . . . Sertorius par-Là, ce qui aurait pu te blesser et entamer ta couronne.

André. Ma couronne! que Dieu vous entende! car, si je tombe, je suis mort!

Sebtobius. Allons, Roswein, point de cela! point de faiblesse, mon enfant! que diable! on tombe et on se relève. D'ailleurs, quoi? mets les choses au pire: t'arrivera-t-il jamais rien qui approche de ce que j'ai éprouvé, moi qui te parle? . . . Figure-toi donc, André, cette immense salle de l'ancien Opéra de Vienne remplie jusqu'au comble et au premier rang la cour impériale d'Autriche, qui vaut bien, je crois, ta petite cour de Naples: j'arrive, mon violoncelle à la main; un silence imposant se fait dans l'assemblée; je m'assieds; je place mon archet . . . puis je prétends préluder . . . Oh! Dieu puissant! mes doigts sont de fer . . . mon bras est inerte! On murmure dans l'assistance . . . c'était naturel ... Je veux parler, et je demeure là, bouche béante, immobile, glacé, stupide, pareil à la femme de Lothl Les huées éclatent, et l'on m'emporte évanoui! — Voilà, mon garçon, ce qu'on peut appeler une chute, et cependant, tu le vois, je n'en suis pas mort, bien que le seul souvenir de cet instant me fasse perler la sueur à la racine des cheveux.

Mabthe. Est-ce pour le rassurer, mon père, que vous lui contez cela?

Sertorius (riant). Sans doute: c'est pour l'aguerrir! . . . Allons! (Il le secoue.) Courage, grand homme! ... Et à quelle heure commence-t-on?

Andbà. A neuf heures. Vous avez encore une heure et demie. Tenez, pendant que j'y songe, voici votre loge: il y a une place pour Gertrude.

Sektobiu8. Ah! tu as pensé à la vieille Gertrude! Entends-tu Marthe? il a pensé à la vieille Gertrude ... Tu dis à neuf heures, mon ami?

André. Oui, maître. Je suis venu dans une voiture à trois places dont je vous prie de disposer . . . car moi, je dois attendre ici le chevalier Carnioli qui est allé porter un billet dans les environs, — chez la princesse ... je ne sais comment, et qui m'a promis de me prendre en revenant.

Sertorius. Ah! . . . à propos, comment supporte-tril cette circonstance, ton Oarnioli?

André. Oh! convulsivement: il rit aux éclats, et rugit comme un tigre; il danse, il chante, il interpelle les passants, il invoque le ciel, il menace le public . . . C'est un drame, une comédie et m> ballet tout à la fois ... Il a passé ces trois nuits dans ma chambre à copier les parties et à me faire du café, m'appelant tantôt son &me et sa vie, tantôt misérable faquin, suivant le style mélangé que vous lui connaissez ... Ah! le terrible protecteur! . . . mais il a beau faire, je ne puis oublier que, sans lui, je garderais encore, à l'heure qu'il est, des chèvres dans mes montagnes.

Sebtoritjs. Cela est vrai. Tu lui dois beaucoup. H a tiré le bloc de la carrière. H s'entend d'ailleurs à la musique, on ne peut

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le nier, et de plus il use noblement de sa fortune. Pourquoi faut-il qu'aux vertus de Mécène il unisse les mœurs d'un lansquenet? . . . Aâ-jq rêvé qu'il était nommé ambassadeur à Madrid?

Ahbré. Non, vous ne l'avez pas rêvé. Il doit même partir cette nuit, dés que mon sort sera décidé.

Skbtobius (préoccupé). Ah! il va en Espagne . . . Diantre! mais je ne sais pas trop comment la rigide Espagne ... Au reste, ça la regarde.

Mjjexhe. Mon père, est-ce que vous n'allez pas vous habiller un peu?

Sebtoriub. Un peu? Tu pourrais dire beaucoup, Marthe, car, de par le ciel, je compte déployer à cette occasion tout le luxe de l'Orient . . . Mon jabot de Matines est-il en état, ma fille? . . . oui? ... eh bien! va t'apprêter, va te faire belle, ma chère petite. Pour moi, il ne me faudra que deux minutes, et je désire parler à Koswein en particulier. (Marthe tort.)

Sxbtojuub (avec gravité). Mon enfant, lorsqu'un élève sort de mes mains, je crois de mon devoir de lui donner quelques conseils que j'adapte, autant qu'il est en moi, à son caractère, à ses talents et à son avenir présumé. Toutefois, et bien que cette leçon suprême soit à mes yeux le couronnement essentiel de ma tâche, je ne l'impose à personne. Je te demande donc, André, s'il te convient de m'écouter, et si tu veux bien encore, pour un instant, me reconnaître vis-à-vis de toi l'autorité d'un maître, d'un vieillard, et d'un ami. Andbé. L'autorité d'un père, d'un père chéri et respecté, maître Sertoriu8, et non pour un instant, mais pour toute ma vie.

Sebtoriub. Je te remercie, jeune homme: mais, sans t'offenser, c'est plus que je ne demande, et ma rude expérience me force d'ajouter, c'est plus que je n'attends. Au surplus, il n'importe. Hem! assieds-toi, je te prie. Hem! hem! (Il lui donne un siège, et se pose en face de lui dans son fauteuil.) — André Boswein, parmi les différentes ramifications de l'art sublime qui a fait depuis sept années l'objet de nos' études, tu as choisi, pour y tailler ton chef-d'œuvre, la branche dramatique. — Je ne te le reproche pas: il faut qu'un jeune homme sacrifie à la mode dans une certaine mesure: mais si tu parviens, comme tes rares talents me donnent tout lieu de l'espérer, à te faire accepter du public sous cette forme populaire, il m'est doux de penser que tu profiteras de ta renommée pour remettre en honneur les fortes et viriles compositions de nos pères. — J'entends par là d'abord la musique sacrée qui semble renvoyer à Dieu le plus beau de ses dons; j'entends Yoratorio, cette épopée de l'harmonie: j'entends même la sonate et le concerto da caméra, autrement dit la musique de chambre, œuvres sévères, nobles récréations du génie, auxquelles la futilité moderne a substitué la fantaisie, l'air varié et la romance, — ces productions de l'impuissance et ces délices des niais. — Défends-toi, comme du péché, des flonflons de la rue et de la musiquette de salon. — Ne flatte le goût de la multitude que pour le redresser peu à peu. Tâche d'amener la foule dans le sanctuaire; mais surtout n'en sors jamais. — Respecte l'école et les anciens. — Écris hardiment sur ton drapeau ces deux grands mots ou plutôt ces deux grands principes qui font la risée et la terreur de l'ignorance: — Le contre-point et la fugue: C'est comme

si tu y écrivais en toutes lettres: — Paleetrina,PergoIèse, Bach, Haydn, ces noms de cent coudées. (H s'anime.) Le contre-point et la fugu pour toujours! Et écoute, André! tout homme qui se prétend mu sicien et qui dédaigne ces deux bases éternelles de Part, dis-lui d ma part, de la part de Sertorius, qu'il n'est qu'un ménétrier d carrefour . . . (Il s'arrête, et reprend (Tune vous calme et basse.) J terminerai ici, mon ami, la partie en quelque sorte professionnel! de cette instruction. Oe n'est comme tu le vois, et ce ne pou vait être qu'un bref résumé de l'esprit général qui a dominé moi enseignement. — As-tu quelque objection à m'adresser, mon enfant

André. Aucune, maître. Je vous promets de demeurer fidèle suivant ma force, à la dignité de mon art et aux pures tradition que vous m'avez transmises.

Sebtobius. C'est bien. — Maintenant, mon cher André, le maîtr a parlé: c'est le tour de l'ami et du vieillard. (Jl se recueille un in niant et reprend:) André Roswein, le ciel t'a doué avec une muni licence que j'ai souvent admirée: il t'a fait musicien et poète, 0 t'i donné la lyre et la harpe; il a exhaussé ton jeune front pour : placer deux couronnes . . . Songe, mon fils, que l'ingratitude s mesure au bienfait. Tu n'as qu'une façon de t'acquitter envers Dieu il t'a prêté le génie, — rends-lui la vertu; — il t'a fait grand, soi; honnête! — Et si ce n'est pas assez que ta conscience te le corn mande, j'ajoute, André, que ton avenir et ta gloire sont à ce prix Oui, si tu ne veux pas, comme tant d'autres, disparaître de la sphèn des arts après une nuit d'éclat, si tu ne veux pas que le souffle t« manque au milieu de ta carrière, si tu te soucies de porter jusqu'au sommet ton noble fafdeau, — règle ton cœur et ta vie; ceins tes reins en brave, et préserve avec soin ta virile jeunesse. Un corps énervé ne recèle plus qu'un génie fourbu. — Ne pense pas, jeune homme, trouver une inspiration sincère et durable dans les émotions du désordre, dans la fougue des sens et dans l'excitation maladive des passions: le délire n'est point la force. — La contemplation austère et sereine des merveilles de Dieu et des misères de l'homme, — le reflet de l'œuvre divine dans une intelligence élevée, voilà l'étemel et l'unique foyer où s'allume l'inspiration d'un poète digne de ce nom. — Souviens-toi que les anciens, nos maîtres, appelaient du même nom la vertu et la force, l'ordre et la beauté! Souviens-toi que, dans leurs profondes allégories, ils faisaient les vestales gardiennes du feu sacré, — les Muses chastes, — et Vénus idiote! C'est assez te dire que je n'ignore pas quels dangers t'attendent, quelles tentations assiègent la vie fiévreuse de l'artiste, quels philtres se glissent dans sa veine sans cesse enflammée . . . Mais, André, lorsque Dieu t'a ouvert dans l'âme ces deux larges sources de jouissances plus qu'humaines: le sentiment du beau et la puissance créatrice, — si tu n'as pas la force de repousser la coupe des ivresses vulgaires, tu es un lâche, et tu es perdu. — Que la mort ou la folie t'enlèvent, comme tant d'autres, à la conscience amère de ta précoce décrépitude, — ou

1 IHerluigi, nommé Palestrina, de sa ville natale, a vécu de 1629 ft 1694; Pergolèse de 1704 à 1787, Sébastien Bach, né en 1085 à Eisenach, mort en 1754; Joseph Haydn, né en 1732 près devienne, mort en 1809-

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