AUGU8TE, CINNA, MAXIME, TROUPE DE COURTISANS
Auguste. Que chacun se retire, et qu'aucun n'entre ici. Vous, Cinna, demeurez, et vous, Maxime, aussi.
(Tous se retirent, à la réservé de Cinna et de Maxime.)
Cet empire absolu sur la terre et sur l'onde, Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le monde, Cette grandeur sans borne et cet illustre rang, Qui m'a jadis coûté tant de peine et de sang, Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune D'un courtisan flatteur la présence importune, N'est que de ces beautés dont l'éclat éblouit, Et qu'on cesse d'aimer sitôt qu'on en jouit. L'ambition déplaît quand elle est assouvie, D'une contraire ardeur son ardeur est suivie; Et comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir, Toujours vers quelque objet pousse quelque désir, Il se ramène en soi, n'ayant plus où se prendre, Et monté sur le faite, il aspire à descendre.1 J'ai souhaité l'empire, et j'y suis parvenu; Mais en le souhaitant, je ne l'ai pas connu; Dans sa possession j'ai trouvé pour tous charmes D'eflroyables soucis, d'éternelles alarmes, Mille ennemis secrets, la mort à tous propos, Point de plaisir sans trouble, et jamais de repos. Sylla m'a précédé dans ce pouvoir suprême; Le grand César, mon père,2 en a joui de même: D'un œil si différent tous deux l'ont regardé,
1 „Le mot aspire, qui d'ordinaire s'emploie avec s'élever, devient d'une beauté frappante quand on le joint à descendre." voltaire. Cette locution a, par ce vers, passé dans la langue. Paul-Louis Courier dit en parlant des projets de couronnement du premier consul: Être Bonaparte et se faire sire! B aspire à descendre. 2 C'est-à-dire mon père adoptifm
CINKA (ACTE II, SCÈNE i). 85
QoeTen s'en est démis, et l'autre Ta gardé;
ïus ras, cruel, barbare, est mort aimé, tranquille,
Comme on bon citoyen dans le sein de sa ville;
L'utre tout débonnaire, au milieu du sénat
A tu trancher ses jours par un assassinat.
Ces exemples récents suffiraient pour m'instruira,
Si pu l'exemple seul on se devait conduire;1
L'im m'invite à le suivre, et l'autre me fait peur;
Mais l'exemple souvent n'est qu'un miroir trompeur.
Et Tordre du destin qui gène nos pensées
N'est pas toujours écrit dans les choses passées:
Quelquefois l'un se brise où l'autre s'est sauvé,
Et par où l'un périt un autre est conservé.
Voilà, mes chers amis, ce qui me met en peine. Voœ, qui me tenez lieu d'Agrippé et de Mécène,2 Pour résoudre ce point avec eux débattu, Prenez sur mon esprit le pouvoir qu'ils ont eu. Se considérez point cette grandeur suprême, Odieuse aux Romains, et pesante à moi-même; Traitez-moi comme ami, non comme souverain; Home, Auguste, l'État, tout est en votre main: Vous mettrez et l'Europe, et l'Asie, et l'Afrique, Sous les lois d'un monarque, ou d'une république ; Votre avis est ma règle, et par ce seul moyen le renx être empereur, ou simple citoyen.
Cota. Malgré notre surprise et mon insuffisance, le tous obéirai, Seigneur, sans complaisance, Et mets bas le respect qui pourrait m'empècher l* combattre un avis où vous semblez pencher; >od&ez-le d'un esprit jaloux de votre gloire, (Jk tous allez souiller d'une tache trop noire, n tous ouvrez votre toe à ces impressions Josques à condamner toutes vos actions.
On ne renonce point aux grandeurs légitimes ; ta garde sans remords ce qu'on acquiert sans crimes; ^ plus le bien qu'on quitte est noble, grand, exquis, Hu qm l'ose quitter le juge mal acquis. N'imprimez pas, Seigneur, cette honteuse marque A ces rares vertus qui vous ont fait monarque; vons Têtes justement, et c'est sans attentat fa tous avez changé la forme de l'Etat, fane est dessous vos lois8 par le droit de la guerre, W «us les lois de Borne a mis toute la terre;
1 On dirait aujourd'hui: On devait se conduire.
2 Agrippa mourut l'an 12, Mécène (Maecenas) Tan 8 avant J.-C. On 'm* tes Je livre XII de Dion Cassius (ch. 1—41) la délibération •Arçute avec Agrippa et Mécène. Dans la scène actuelle Cinna ouvre " «es* tria que Mécène, et Maxime le même qu Agrippa.
1 Oa dirait aujourd'hui: Sous vos lois. Du temps de Corneille des- K" éUH préposition, aujourd'hui il n'est plus qu'adverbe. Molière dit: •" *» ftll «•* rangé dessous les lois d'une autre. (&&* amoureux, il 3j
36 COSNHLLS (1**~16S4).
Vos armes l'ont conquis, et tous les conquérants Pour être usurpateurs ne sont pas des tyrans; Quand ils ont sous leurs lois asservi des provinces, Gouvernant justement, ils s'en font justes princes: C'est ce que fit César, il vous faut aujourd'hui Condamner sa mémoire, ou faire comme lui. Si le pouvoir suprême est blâmé par Auguste, César fut un tyran, et son trépas fut juste, Et vous devez aux dieux compte de tout le sang Dont vous l'avez vengé pour monter à son rang.1 N'en craignez point, Seigneur, les tristes destinées;2 Un plus puissant démon veille sur vos années: On a dix fois sur vous attenté sans effet, Et qui Ta voulu perdre au môme instant Ta fait.3 On entreprend assez, mais aucun n'exécute; H est des assassins, mais il n'est plus de Brute: Enfin, s'il faut attendre un semblable revers, Il est beau de mourir maître de l'univers. C'est' ce qu'en peu de mots j'ose dire, et j'estime Que ce peu que j'ai dit est l'avis de Maxime.
Maxime. Oui, j'accorde qu'Auguste a droit de conserver L'empire où sa vertu l'a fait seule arriver, Et qu'au prix de son sang, au péril de sa tète, Il a fait de l'État une juste conquête; Mais que, sans se noircir, il ne puisse quitter Le fardeau que sa main est lasse de porter, Qu'il accuse par là César de tyrannie, Qu'il approuve sa mort, c'est ce que je dénie.
Borne est à vous, Seigneur, l'empire est votre bien; Chacun en liberté peut disposer du sien: Il le peut à son choix garder, ou s'en défaire; Vous seul ne pourriez pas ce que peut le vulgaire, Et seriez devenu, pour avoir tout dompté, Esclave des grandeurs où vous êtes monté! Possédez-les, Seigneur, sans qu'elles vous possèdent. Loin de vous captiver, souffrez qu'elles vous cèdent; Et faites hautement connaître enfin à tous Que tout ce qu'elles ont est au-dessous de vous. Votre Borne autrefois vous donna la naissance: Vous lui voulez donner votre toute-puissance; Et Oinna vous impute à crime capital La libéralité vers le pays natal!4 Il appelle remords l'amour de la patrie!
1 On dirait aujourd'hui, surtout en prose: le sang par lequel vou; l'avez vengé. Cet emploi de dont, très fréquent dans Corneille, est tout i fait conforme à l'usage du 17* siècle. Molière dit: La beauté me ravit ot je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne
2 En se rapporte à César. * Voltaire a déjà fait remarquer qu< le sens de ce vers est obscur. Probablement le poète veut dire: Qui i voulu perdre, c'est-à-dire risquer, sacrifier sa vie, a attenté à la vôtre.
4 On dirait aujourd'hui: envers le pays natal; voyez page 14, note 8
cnrou (acte h, scène i). 37
Pir la hante vertu la gloire est donc flétrie, Et ce n'est qu'un objet digne de nos mépris, Si de ses pleins effets l'infamie est le prix!1 Je rem bien avouer qu'une action si belle Donne à Home bien plus que vous ne tenez d'elle; Maie commet-on un crime indigne de pardon Quand la reconnaissance est au-dessus du don? Sflires, suivez, Seigneur, le ciel qui vous inspire: Votre gloire redouble à mépriser l'empire; Et tous serez fameux chez la postérité, Moins pour l'avoir conquis que pour l'avoir quitté. Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême Mais pour y renoncer il faut la vertu même; Et peu de généreux vont jusqu'à dédaigner, Après un sceptre acquis, la douceur de régner.
Considérez d'ailleurs que vous régnez dans Rome, Ou. de quelque façon que votre cour vous nomme, On hait la monarchie; et le nom d'empereur, Cachant celui de roi, ne fait pas moins d'horreur. Ils passent pour tyran8 quiconque s'y fait maître; Qm le sert, pour esclave, et qui l'aime, pour traître; (jni le souffre a le cœur lâche, mol, abattu, Et pour s'en affranchir tout s'appelle vertu. Vous en avez, Seigneur, des preuves trop certaines: Oc a fait contre vous dix entreprises vaines; Pnrtrêtre que l'onzième8 est prête d'éclater,4 & que ce mouvement qui vous vient agiter5 N'est qu'un avis secret que le ciel vous envoie, W pour vous conserver n'a plus que cette voie. Xe vous exposez plus à ces fameux revers. fl est beau de mourir maître de l'univers; tois la plus belle mort souille notre mémoire, Çatnd nous avons pu vivre et croître notre gloire.6
Ccnu. Si l'amour du pays doit ici prévaloir, rest son bien seulement que vous devez vouloir; Et cette liberté, qui lui semble si chère, .Vest pour Rome, Seigneur, qu'un bien imaginaire, Plus nuisible qu'utile, et qui n'approche pas fc celui qu'un bon prince apporte à ses États.
Arec ordre et raison les honneurs il dispense,7 Ane discernement8 punit et récompense.
1 Variante: Si de ses plus hauts faits l'infamie est le prix.
* Ruser a ici une signification active que ce verbe n'a pas conservée. Le ** est: Les Bomains tiennent pour tyran quiconque se fait maître à Rome.
'Bans les écrivains du 17* siècle et même dans ceux dn 18*, on {x*rt Vcmsième. Aujourd'hui on dit: le onze, le onzième, la onzième.
4 L'usage du 17e et du 18e siècle permettait les deux constructions F* à et prit de; à présent on dit: prêt à, mais: près de.
■ Ou dirait aujourd'hui: qui vient vous agiter.
1 Cnêêre, comme verbe actif pour accroître; v. page 10, note 3.
1 bmrian aujourd'hui inusitée; v. page 27, note 1.
1 VmimU: Avecque jugement.
Et dispose de tout en juste possesseur,
Sans rien précipiter de peur d'un successeur.
Mais quand le peuple est maître, on n'agit qu'en tumulte;
La voix de la raison jamais ne* se consulte!
Les honneurs sont vendus aux plus ambitieux,
L'autorité livrée aux plus séditieux.
Ces petits souverains qu'il fait pour une année,
Voyant d'un temps si court leur puissance bornée,
Des plus heureux desseins font avorter le fruit,
De peur de le laisser à celui qui les suit.
Gomme ils ont peu de part aux biens dont ils ordonnent,1
Dans le champ du public2 largement ils moissonnent,
Assurés que chacun leur pardonne aisément,
Espérant à son tour un pareil traitement:
Le pire des États c'est l'État populaire.
Auguste. Et toutefois le seul qui dans Rome peut plaire. Cette haine des rois, que depuis cinq cents ans Avec le premier lait sucent tous ses enfants, Pour l'arracher des cœurs, est trop enracinée.
Maxime. Oui, Seigneur, dans son mal Rome est trop obstinée, Son peuple, qui s'y plaît, en fuit la guérison; Sa coutume l'emporte, et non pas la raison; Et cette vieille erreur que Cinna veut abattre, Est une heureuse erreur dont il est idolâtre, Par qui le monde entier, asservi sous ses lois, L'a vu cent fois marcher sur la tête des rois, Son épargne s'enfler du sac8 de leurs provinces. Que lui pouvaient de plus donner les meilleurs princes?
J'ose dire, Seigneur, que par tous les climats4 Ne sont pas bien reçus toutes sortes d'États; Chaque peuple a le sien conforme à sa nature, Qu'on ne saurait changer sans lui faire une injure:5 Telle est la loi du ciel, dont la sage équité Sème dans l'univers cette diversité.
Les Macédoniens aiment le monarchique, Et le reste des Grecs la liberté publique; Les Parthes, les Persans veulent des souverains, Et le seul consulat est bon pour les Romains.
Cinna. Il est vrai que du ciel la prudence infinie Départ à chaque peuple un différent génie; Mais il n'est pas moins vrai que cet ordre des cieux Change selon les temps comme selon les lieux. Borne a reçu des rois ses murs et sa naissance, Elle tient des consuls sa gloire et sa puissance, Et reçoit maintenant de vos rares bontés Le comble souverain de ses prospérités.
Sous vous, l'État n'est plus en pillage aux armées; Les portes de Janus par vos mains sont fermées,
1 Aujourd'hui on dirait: aux biens dont ils disposent. * V. p. 23, note 5. * Sac, c'est-à-dire pillage, saccagement; saccager veut dire: piller. 4 Pour: dans tous lia pays. *Dans le sens latin de tn*wria===tort, préjudice.
CI5HA (acte h, SCÈNE i). 89
Ce que sous ses consuls on n'a tu qu'une fois, Et qu'a fait voir comme eux le second de ses rois.
Maubl Les changements d'État que fait Tordre céleste Ne coûtent point de sang, n'ont rien qui soit funeste.
Ckïa. C'est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt, De nous vendre un peu cher les grands biens qu'ils nous font. L'exil des Tarquins même ensanglanta nos terres, Et nos premiers consuls nous ont coûté des guerres.
Mima. Donc votre aïeul Pompée au ciel a résisté, Quand il a combattu pour notre liberté?
Chka. Si le ciel n'eût voulu que Rome l'eût perdue, Par les mains de Pompée il l'aurait défendue: II a choisi sa mort pour servir dignement Dîme marque éternelle à ce grand changement, Et devait cette gloire aux mânes d'un tel homme, D'emporter avec eux la liberté de Borne.
Ce nom depuis longtemps ne sert qu'à l'éblouir, Et sa propre grandeur l'empêche d'en jouir. Depuis qu'elle se voit la maîtresse du monde, Depuis que la richesse entre ses murs abonde, Et que son sein, fécond en glorieux exploits, Produit des citoyens plus puissants que des rois, Us grands, pour s'affermir achetant les suffrages, Tiennent pompeusement leurs maîtres à leurs gages, <M par des fers dorés se laissant enchaîner, Reçoivent d'eux les lois qu'ils pensent leur donner. E&Tieux l'un de l'autre, ils mènent tout par brigues Vue leur ambition tourne en sanglantes ligues. Ainsi de Marins Sylla devint jaloux; César, de mon aïeul; Marc-Antoine, de vous; Ainsi la liberté ne peut plus être utile Qu'à former les fureurs d'une guerre civile, Lorsque, par un désordre à l'univers fatal, Lan ne veut point de maître, et l'autre point d'égal.
Seigneur, pour sauver Rome, il faut qu'elle s'unisse En la main d'un bon chef à qui tout obéisse. & tous aimez encore à la favoriser, 0te*4m les moyens de se plus diviser.
^.ylla, quittant la place enfin bien usurpée, N'a fait qu'ouvrir le champ à César et Pompée, ty» le malheur des temps ne nous eût pas fait voir, > fl eût dans sa famille assuré son pouvoir. V^'a lait du grand César le cruel parricide, Qu'élever contre vous Antoine avec Lépide, tyû n'eussent pas détruit Rome par les Romains, Si César eût laissé l'empire entre vos mains? ïow la replongerez, en quittant cet empire, Dus les maux dont à peine encore elle respire, Et de ce peu, Seigneur, qui lui reste de sang ( w guerre nouvelle épuisera son flanc.
$* l'amour du pays, que la pitié vous touche;
Votre Rome à genoux vous parle par ma bouche.
Considérez le prix que vous ayez coûté:
Non pas qu'elle vous croie avoir trop acheté;
Des maux qu'elle a soufferts elle est trop bien payée;
Mais une juste peur tient son âme effrayée;
Si, jaloux de son heur,1 et las de commander,
Vous lui rendez un bien qu'elle ne peut garder,
S'il lui faut à ce prix en acheter un autre,
Si vous ne préférez son intérêt au vôtre,
Si ce funeste don la met au désespoir,
Je n'ose dire ici ce que j'o6e prévoir.
Conservez-vous, Seigneur, en lui laissant un maître
Sous qui son vrai bonheur commence de renaître;
Et pour mieux assurer le bien commun de tous,
Donnez un successeur qui soit digne de vous.
Auguste. N'en délibérons plus, cette pitié l'emporte. Mon repos m'est bien cher, mais Rome est la plus forte; Et quelque grand malheur qui m'en puisse arriver, Je consens à me perdre afin de la sauver. Pour ma tranquillité mon cœur en vain soupire: Cinna, par vos conseils je retiendrai l'empire; Mais je le retiendrai pour vous en faire part. Je vois trop que vos cœurs n'ont point pour moi de fard, Et que chacun de vous, dans l'avis qu'il me donne, Regarde seulement l'État et ma personne. Votre amour en tous deux fait ce combat d'esprits, Et vous allez tous deux en recevoir le prix.
Maxime, je vous fais gouverneur de Sicile: Allez donner mes lois à ce terroir fertile; Songez que c'est pour moi que vous gouvernerez, Et que je répondrai de ce que vous ferez. Pour épouse, Cinna, je vous donne Emilie: Vous savez qu'elle tient la place de Julie, Et que, si nos malheurs et la nécessité M'ont fait traiter son père avec sévérité, Mon épargne depuis en sa faveur ouverte Doit avoir adouci l'aigreur2 de cette perte. Voyez-la de ma part, tâchez de la gagner: Vous n'êtes point pour eDe un homme à dédaigner; De l'offre de vos vœux elle sera ravie. Adieu: j'en veux porter la nouvelle à Livie.
Quand l'empereur s'est retiré, Cinna révèle à Maxime, parmi les motifs de sa conduite, son amour pour Emilie. Maxime, qui aime aussi Emilie sans s'être déclaré, prête l'oreille aux conseils d'Euphorbe, son confident. Celui-ci l'engage 4. dévoiler la conspiration pour perdre son rival. Déjà disposé à trahir, Maxime est témoin des hésitations de Cinna, qui n'est plus retenu que par la volonté d'Emilie. Cinna renoncerait volontiers à toute vengeance contre Auguste, si son amante y consentait. Mais Emilie se montre inexorable, et Cinna, vaincu par ses reproches, s'engage encore une fois à assassiner Auguste.
1 Heur veut dire bonheur; v. page 13, note 4. 2 Pour: V amertume.
GDTNA {ACTE IY, 80ÈSE V). 41
Maxime s'est décidé à livrer le secret des conjurés. Auguste est averti de U conspiration par Euphorbe, qui annonce en même temps que Maxime, ne ;aorant survivre au double crime de complot et de délation, s'est précipité tau le Tibre. Auguste, furieux de la perfidie de Cinna, mais se souvenant •m flots de sang qu'il a versés lui-même, accuse et justifie tour à tour ses «wob, ne pouvant s'arrêter ni à la vengeance ni au pardon. L'impératrice Une loi conseille d'essayer de la clémence, puisque la rigueur ne lui a pas râsL Auguste ne veut point l'écouter et se dérobe à ses instances.
Pendant ce temps, Maxime est allé trouver Emilie pour lui faire ' it« de son amour et lui persuader de fuir avec lui.