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III.—Les métalloides

Les métalloïdes sont des corps simples caractérisés par leur peu c'’éclat et leur mauvaise conductibilité de la chaleur et de l'électricité. Ils se combinent avec l'oxygène pour former des composés qui sont généralement des acides et constituent, non dilués, des caustiques violents. Les principaux métalloïdes employés en pharmacie sont : l'arsenic, le phosphore, le chlore, LL orome, l’iode, le soufre, le charbon, l'oxygène. (Le protoxyde d'azote et le sulfure de carbone sont à peu près inusités aujourd’hui). La forme de ces corps est tantôt solide et tantôt gazeuse.

L'arsenic.

L'arsenic est un métalloïde qu'on trouve dans la nature combiné au fer, au nickel et surtout au soufre :; il est inusité à l'état pur. On l'emploie en pharmacie combiné à l'oxygène (acide arsénieux), à liode, à la potasse, au fer et à la soude, ou encore en combinaison organique avec le cacodvle (acide cacodylique, qui renferme 53% d'acide arsénieux). L'arsénite de cuivre est un composé très toxique appelé communément vert de Paris.

Formes pharmacologiques.

Acide arsénieux — Poudre blanche, lourde, inodore, presque insipide, peu soluble dans l'eau froide, soluble dans l’eau bouillante et la glycerine. Dose : 4 à ;l; de urain (0.002 à 0.006).

lodure d’arsenic.—Poudre cristallisée, rouge oranwe, soluble dans l'eau, entre avec le mercure dans la

solution de Donovan. Dose : ;; de grain (0.003), ou 2à 3m de la solition.

Arsenite de potasse.—[mployé sous forme de liqueur de Fowler, liquide rougeâtre, à odeur et saveur aromatiques. Dose : 2 à 10 M.

Arséniate de fer.—Poudre amorphe, verdätre, insi. pide, insoluble dans l'eau. Dose : ;!: de grain (0.004).

Arséniate de soude.—Cristaux transparents, incolores, insolubles dans l’eau. Ne s'emploient guère que sous forme de solution de Pearson, Dose : 2 à 20 m.

Acide cacodylique.—Poudre incolore, tantôt cristallisée, tantôt amorphe, inodore, à saveur faiblement acide, soluble dans l'eau et l'alcool. Dose : à de wrain (0.003 à ©.01).

Cacodylate de soude.—Cristaux blanc, inoé res. à saveur légèrement acide, déliquescents, très solubles dans l’eau et l'alcool, insolubles dans l'éther. Dose : 15 à 2 grains (0.03 à o.12).

Arrhénal ou Arsynal {méthylarsinate disodique).— Cristaux prismatiques blancs, s'effleurissant à l'air, de saveur alcaline, inodores, solubles dans l'eau. Dose : k à à grain (0.61 à 0.05).

Administration.

On préfère généralement la forme liquide à la forme solide. La liqueur de Fowler est la préparation la plus employée ; puis viennent la liqueur de Pearson et li solution de Donovan ; on se rappellera que cette dernière contient du mercure. On fait prendre la dose bien diluée dans un verre à patte d'eau, tout de suite après les repas ; l'arsenic s’administre dans un estomac plein. On peut aussi employer la liqueur arsénicale (acide arsénieux), à la dose de 1 à 3 gtts, ou Île chlorure d'arsenic liquide (solution d'acide arsénieux dans l'acide muriatique), dont la dose est de 1 à 10 gtts. La liqueur de Boudin est une solution aqueuse

te BA ee :

au goooe,. TL'acride arsonionux, V'iodure d'arsenre où

l'arséntiale de fer S'adninistrent aussi en pilules ; les granules de dioscoride renferment 0.001 d'acide arsc-

nieux. Mais on s'expose fortement, avec la forme solide, à avoir les effets intenses et subits, quoique retardés, de l'accumulation, toujours à craindre avec l’arsenic.

En effet, l'arsenic doit être manié avec la plus grande prudence. Il faut se rappeler que les effets de l'accumulation apparaissent mème avec les préparations liquides. C'est pourquoi l'on conseille de donner les arsenicaux à doses décroissantes, commençant par la dose maximum et diminuant graduellement. D'un autre côté, il vaut souvent mieux donner des doses croissantes et décroissantes, ce qui a l'avantage d'établir la tolérance : on commence avec 4 gtts, on augmente de 2 à 4 gtts par jour jusqu'à 20, puis l'on diminue de 2 à 4 ytts par jour pour remonter ensuite, Un traitement un peu long doit être interrompu par des repos de plus en plus prolongés. Quelle que soit la forme du traitement, on suspend celui-ci dès l'apparition du moindre signe d'intolérance. On conseille l'exercice en plein air aux personnes qui prennent de l'arsenic, afin de faciliter l'élimination du poison. Quand on à affaire à un estomac irritable, on ajoute à a dose queiques gouttes de teinture d'opium. On peut mème avoir recours à la voie hvpodermique, et l’on préfère alors la solution titrée d'arséniate de soude , de grain-—o.006—à la dose). C'est aussi cette préparation qu'on emploie dans la fabrication des cigaretes anti-asthmatiques. Parmi les eaux arsenicales, la plus célèbre est celle du Mont-Dore, dont on prend 1 à } verres par jour.

L'acide. cacodrlique et le caccdylate de soude ont ‘avantage de n'être pas aussi toxiques que les autres préparations arsenicales et d'être mieux tolérés par les malaes, ce qui permet de donner un traitement plus prolongé (deux mois). On emploie de préférence Île cacodylate de soude, et on le donne en cachets, en solu- Hon où en injection hvpodermique. La dose quotidienne est, pour les hommes, de 3 à 10 grs (0.12 à 0.60),

et pour les femmes, de 3 à 5 grs (0.12 à 0.30), par la bouche. La voie hypodermique serait préférable à toute autre; on ne dépassera pas alors 6 grs (0.40) dans les 24 heures

L'arrhénal s'administre au moment des repas, en granules ou en solution titrée ; on pratique aussi des injections hypodermiques. Il est bon d'interrompre le traitement après sept jours pour une période d'égale longueur.

L'acide arsénieux ‘applique localement sous forme de pâte arsenicale ; on aura soin de ne pas couvrir plus d'un pouce carré de surface.

Intolérance et intoxication.

Les premiers siwnes d'intolérance peer l’arsenic sont : démangeaison aux p: aupières et légère bouflissure sans rougeur visible le matin et dispara! ant dans la journée ; élancements dans les doigts; acnleur ou sensibilité abdominale. Si l'intoxication se dessine, on aura : goût métallique, nausées, vomissements, diarrhée, quelquefois dysenterie avec ténesme; cœur faible et irritable, pi alpitations, dyspnée ; eczéma et autres éruptions cutanées ; tremblement et raideur des jointures : albuminurie.

Dans l'intoxication aiguë, les symptômes revètent deux formes : gastro-intestinale ou cérébrale. La première forme est la plus commune des deux : douleur brülante siégeant à l'épigastre et S'irradiant dans l'abdomen, vomissement violent et incoercible de matières muqueuses d’abord, puis bilieuses, puis séreuses, soif intense, sécheresse de la bouche et du pharynx, selles sanglantes et fétides, parfois involontaires, anurie où hématurie, inquiétude er agitation prononcées, haleine froide et alliacée, figure grippée, peau froide et visqueuse, entia collapsus et mort avec conservation de l'intelligence jusqu à la fin. Dans la forme cérébrale de l'intoxication, on note une perte ie connaissance soudaine et profonde se terminant par la mort sans offrir de symptômes intestinaux. Quelquefois on observe une

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combinaison des deux variétés de symptômes. Ceux-ci peuvent varier suivant la dose observée ou la préparation arsenicale en cause.

Les symptômes de l'empoisonnement apparaissent d'habitude une demi-heure ou une heure apres l'absorption du poison ; on à vu li mort survenir en quelques heures, mais elle n'arrive généralement qu'après vingtcinq heures. Souvent aussi, le patient surmonte Îles premi. rs effets et succombe plusieurs jours ou semaines après de complications secondaires ou d’épuisement. On peut fixer la dose fatale pour un adulte entre 2 et J Urauins.

Le phosphore.

Le phosphore est un métalloïde solide, très oxvdable et très toxique. Combiné à l'oxygène, il donne l'acide phosphorique et l'acide hypophosphoreux, lesquels s'unissent à la chaux, la soude et la potasse pour for-

mer des phosphates et des hrpophosphites. On le trouve dans le sol sous forme de phosphates, ainsi que dans certains aliments : blé, œuis, lait, fromage, poissons. Les phosphates de chaux et de magnésie existent dans presque tous les tissus du corps humain, surtout les tissus de jeune formation, les os et le tissu nerveux. Enfin le phosphore entre dans la constitution de trois substances organiques très importantes : la lécithine, la nuclèine et l'acide phospho-glrcérique.

Formes pharmacologiques.

Phosphore.--Masse blanche, jaunâtre, translucide, molle, insipide, d'odeur alliacée, phosphorescente, inflammable, insoluble dans l'eau, légèrement soluble dans l'éther, le chloroforme, l'huile d'olive et les corps gras fixes. Dose: À à !; grain (0.002 à 0.03) dans les

} heures.

|'Phosphure de zinc.—S el cristallisé, à éclat métal que, revétant lorsqu'il est réduit en poudre une couleur

rdoisée, insoluble dans F es soluble dans l'acide chlohydrique. Dose : le à. de grain (0.003 à 0.006).

Phosphate de chaux.—Poudre amorphe, blanche, insipide, inodore, insoluble dans l'eau. Dose: 10 à 20 urs (0.60 à 1 50).

Glycérophosphate de chaux. -Poudre blanche, légèrement cristalline, soluble dans 13 parties d'eau froide, presque insoluble dans l’eau bouillante, insoluble dans l'alcool. Dose + 5 à 13 grs par jour (0.30 à 1.0).

Phosphate de soude.—Sel cristallisé, incolore, inodore, à saveur fraîche et salée, déliquescent, soluble dans l’eau. Dose : 45 à 73 grs (3.0 à 5.0).

Phosphate de potasse.—Sel cristallisé, incolore, inodore, à saveur fraîche et salée, déliquescent, soluble dans l’eau. Dose : 45 à 73 grs (3.0 à 5.0).

Hypophosphites de chaux.—Sel cristallisé, blanc, brillant, déliquescent, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool. Dose : 2 à 10 grs (0.12 à 0.60).

Hypophosphite de soude.—Sel granulé, blanc, à saveur ainère, nauséeuse, soluble dans l’eau. use: 5410 grs (0.30 à 0.60).

Hypophosphite de potasse.- Sel granulé, blanc, à saveur «mère désagréable, soluble dans l'eau. Pose 1 a 3 grs (0.06 à o.30).

Administration.

Le phosphore est un médicament dangereux à manier ; il faut le donner avec prudence, et quand l'estomac est plein, afin de ne pas irriter ses parois. On emploie l'huile phosphorée au 10008 à la dose de 3 à 10 (10 M égalent 13 gtts), que l'on donne généræ lement en capsules, ou bien les pilules de phosphore (45 degr) ou de phosphure de since (is à}, de gr—o.00; à 0.006). Quelques médecins prescrivent le phosphore dans l'huile de foie de morue.

Les phosphates se prennent d'habitude sous forme liquide, et généralement en sirop ; ils sont beaucoup mieux tolérés que le métalloïde lui-mème. Le pius employé est le phosnhate de chaux, qui se dissout tres bien dans l'acide cnlorhydrique (chlorhydro-phosphate) et l'acide lact jue (lactophosphate) : on le mêle alors à

du sirop, dont on fait prendre 1 cuillerée à thé apres les repas. Les enfants tolèrent très bien ces préparations, qu'on préfère aux phosphates simples. On donne les slvcérophosphates avec les aliments, et quelquefois en injections hypodermiques ; ils font partie de certaines préparations françaises élégantes et bien tolérées.

Les Aypophsphites se donnent en solution ou en sirop, et le plus souvent combinés : ils forment le base du sirop de Fellow, dont la dose est de 1 cuillerée à thé. On peut les faire prendre, de mème que les phosphates, avant les repas. Leur absorption par l'estomac serait meilleure que celle des phosphates.

Intolérance et intoxication.

Le phosphore est un poison irritant. Les symptômes varient quelque peu suivant la forme sous laquelle il est absorbé, apparaissant plus vite après l'absorption d'huile phosphorée ou de pâte à vermine qu'après l'inwestion de têtes d’allumettes ou de phosphore ordinaire. Dans ce dernier cas, les symptômes apparaissent quelques heures, parfois un ou deux jours, après l'empoisonnement. L'inhalation de vapeurs phosphorées donnent lieu à une intoxication lente.

L'intoxication aiguë provoque les symptômes suivants : douleur et brûlement épigastriques, sensation de brülure dans la gorge, goût d'ail dans la bouche, odeur «iacée de l’haleine, soif intense, nausées et vomissements. Pendant les premières huit ou dix heures, les matières vomies ont une odeur d'ail et sont lumineuses dans l'obscurité ; et si la ‘iarrhée existe, les matières fécales sont quelquefois lumineuses, de mème que l'urine. Les vomissements peuvent se prolonger pendant toute l’attaque ; ils s'arrètent habituellement le second ou le troisième jour. L'ictère est un symptôme caractéristique, mais non constant ; il apparait du troisième au cinquième jour; les vomissements peuvent alors revenir accompagnés d'hématémeèses qui leur donnent l'apparence marc de café. On note une prostration extrème, un pouls petit, fréquent, presque impercepti-

ble, une peau froide. L'intelligence peut rester lucide : quelquefois on à un délire bruyant; on à vu survenir des convulsions, de la paralvsie. La mort peut étre subite par collapse ou paralvsie cardiaque ; plus souvent le malade meurt en état de coma par suite de l'afFaiblissement progressif de la respiration et de la cireulation. L'époque de la mort varie entre quelques heures et plusieurs semaines, le temps moyen étant quatre à sept jours.

La dose mortelle de phosphore, placée entre wrains (0.435 à 0.12), varie suivant Îles circonstances ; des personnes ont résisté à des doses beaucoup plus considérables. Le phosphore donné à doses médecinales, mais prolongées, dérange l'estomac, produit des éructations gazeuses et déprime le cœur. La sueur et l'urine sont augmentées ; cette dernière devient rouweñtre et sent la violette.

Le chlore.

Le chlore est un corps simple, jaune verdâtre, gazeux à la température et sous la pression ordinaires. On le trouve dans la nature combiné à la soude (sel marin) ei à certains métaux. Il fait partie, avec le brome et l'iude, des éléments halogènes, c'est-à-dire retirés de li mer, Il se combine avec une très grande énergie à l'hydrogène pour donner de l'acide chlorhydrique. C’est une substance très toxique.

Formes pharmacologiques.

Chlorure de chaux. Poudre blanche, amorple, déliquescente, exhalant une forte odertr de chlore, d'une saveur âcre et piquante, incomplèter ent soluble dans l'eau, dégageant à l'air libre du chlore et de l'oxygène, détonnant avec le sucre. — l'sage externe,

Hy'pochlorite de soude.-Xe s'emploie qu'à l'état liquide sous le nom de /igueur dé Labarraque : liquide transparent, de couleur jaune verdâtre, à légère odeur

L'ADMIMISTRAFION DES MÉDICAMENTS 125

de chlore, à saveur saline et piquante, à réaction alcaline. Usage externe.

Administration.

Les préparations de chlore ne sont guère usitées à l'intérieur. On donne quelquefois l'eau chlorée (10 à 20 M dans un verre à vin d'eau), ou encore la liqueur de Labarraque (3$s à 3ij—2.0 à 40—dans un verre de lait ou d'eau). Cette dernière préparation s'emploie plus souvent pour pratiquer des lavages du pharvnx.

La désinfection au chlore peut se faire de diverses façons. 1% On mélange à parties égales du sel de cuisine et de l'oxyde noir de manganèse ; on met une cuillerée à soupe de cette poudre dans une soucoupe, et l'on ajoute une cuillerée à soupe d'acide sulfurique fort additionné d'un tiers d'eau. Ce mélange dégage suffisamment de chlore pour désinfecter une chambre de trente-deux pieds carrés. En hiver on devra chauffer li soucoupe. 29 On immerge un sac contenant une livre de chlorure de chaux dans un bain formé par un mélange de 3xx (600.0) d'acide muriatique et de Ojvss {2300.0) d'eau ; on laisse le dégagement se faire pendant vingt-quatre heures. Pour les selles, on emploie une solution de 3iv (120.0) de chlorure de chaux dans un galon d’eau: 1 chopine suffit pour chaque selle. Le chlore détruit les teintures et ne peut ètre employé avec l2 linge ou les vêtements.

La liqueur de Labarraqgue fait tres bien disparaître les taches sur le verre ; les compte-gouttes, les embouts d'irrigateurs sont faciles à nettover après avoir trempé dans ce liquide. La liqueur de Labarraque diluée est très employée dans le nettovage des chambres de malade, des salles G'hôpitaux.

Intolérance.

Le chlore n'est pas respirable ; il irrite les voies res- Diratoires, détermine du spasme de la glotte et narcotise

le cerveau.

Le brome.

Le brome est un liquide rouge brun, d'une saveur répugnante, d'une odeur désagréable et pénétrante, rappellant celle du chlore, soluble en toutes proportions dans l'éther, moins soluble dans l'eau. On le retire, de même que l'iode, des cendres du varech. C'est un corps très oxvdable et trés toxique, qu'on emploie rarement seul. I forme avec les alcalis des sels facilement assimilables et assez bien tolérés.

Formes p'armacologiques.

Bromure de potasse.—Sel cristallisé, incolore, inodore, à saveur fortement salée, très soluble dans l'eau. Dose : 20 à 120 grs (1.50 à S.o).

Bromure de soude. -Poudre gæranulée, blanche, un peu déliquescente, inodore, à saveur moins salée que celle du précédent, soluble dans l'eau. Dose : 230 à 120 grs (1.50 à 8.0).

Bromure d'ammoniaque.—Petits cristaux incolores, à légère odeur de brome, à saveur salée, solubles dans l’eau. Dose : 10 à 30 grs (0.60 à 2.0).

Bromure de chaux.—Sel blanc, granulé, déliquescent, inodore, à saveur fortement amère et salée, soluble dans l’eau. Dose : 20 à 120 grs (1.30 à 8.0)

Bromure de lithine.—Poudre blanche très déliquescente, inodore, à saveur pongitive et amère, soluble dans l'eau. Dose : 3 à 40 grs (0.30 à 2.50).

Administration.

[faut donner ies bromures alcalins largement dilués, dans de Peau où du lait: ce dernier liquide masque mieux le goût salé des bromures. Quand le traitement doit être prolongé, on fait bien de donner le médicament au commencement des repas, afin d'éviter les troubles digestifs ; on s'assure que l’estomac et l'intestin fonctionnent régulièrement afin d'éviter l'accumulation.

Intolérance et intoxication.

L'accumulation du bromure produit une intoxication lente, le bromisme, dont le premier symptôme est un voût salé dans la bouche, accompagné de salivation et de fétidité de l'haleine. Surviennent ensuite : l'assoupissement, la pesanteur, la lenteur de l'intelligence, la perte de la mémoire, l'aphasie partielle, la dépression mentale, Ta démarche chancelante, l'expression endormie et inattentive, la contraction lente des pupilles, quelquefois les battements moins fréquents des paupivres. L'une des particularités du bromisme est de fure apparaître à la peau des éruptions de tous genres, dont la plus fréquente est l'acnée ; ces éruptions pouvent ètre précoces.

L'iode.

L'iode est un métalloïde qu'on retire de la cendre du varech. IT donne de l’iodoforme avec l'alcool et des ivdures avec les alcalis. Les sels sont mieux tolérés que le métalloïde lui-même.

Formes pharmacologiques.

lode.—Kcailles cristallines, de couleur gris bleu, à rcllets métalliques, à odeur particulière, à saveur âcre et désagréable, peu solubles dans l'eau, solubles dans ‘alcool, l'éther et la solution d'iodure de potasse, Pose:

à 1 gr (0.03 à 0.06).

Iodure de potasse.—S$Sel cristallisé, incolore ou opaque, à odeur légèrement iodée, à saveur amère, âcre et salée, soluble dans l'eau et l'alcool. Dose : 5 à 60 grs (0.30 à 4.0).

Iodure de soude.—Sel cristallisé, blanc, déliquescent, à saveur salée, inodore, soluble dans l'eau et

l'alcool. Dose : 2 à 40 grs (0.12 à 2.50).

Iodure d’ammoniaque.—Sel blanc, déliquescent, Jranuié ou cristallisé, devenant jaune au contact de l'air,

dore, à saveur salée, soluble dans l'eau, l'alcool et la glycerine. Dose : 2 à 10 grs (0.12 à 0.60).

Iodoforme.—-Poudre jaune citron, volatile, à odeu

de safran très désagréable, à saveur douceñtre, presqu

insoluble dans l'eau, soluble dans Féther Cr dans 7), chloroforme (Cr dans 14), Falcoo! (r dans 120), les hui fixes et volatiles, la glvecrine, et contenant 06 p.4 d'inde. Dose: 1 à s grs (0.00 à 0. 30).

Iodoformine. Poudre très fine, blanche, à reflet rougeätres, inodore, jaunit à la lumière, insoluble dans l'eau, l'alcoo!t, Féther et 1e chloroforme, contenant p. €. d'iodotorme.-7 ve ex/orne,

Iodol.-- Poudre amorphe, brun elair, presque ins pide, à odeur de thym, fort peu soluble dans Peau et glvcerine, un peu plus dans Falcoo! chaullé, tout à tu dans l'éther, l'acide acétique et les huiles contenant So P. €. d'ivde. - Usage externe,

Airol.—Poudre vert grisâtre, très fine, sans odi ni saveur, insoluble dans les dissolvants ordinaires, transformant à Pair humide en une poudre rouge mon riche en iode.—(l'sase exlerne,

Aristol.--Poudre chamois clair, sans odeur acc tute, sans saveur, se décomposant sous l'influence de li chaleur et de la lumière, insoluble dans l'eau, Falcoo! ci la glycerine, très soluble dans léther et les huik

LTASSCs,

grasses, et contesans 4 pc. diode. l'age externe. Antiseptol.—Poudre impalpable, légère, brun kermès, inodore, insoluble dans l'eau, soluble dans Falcoco! contenant 30 p.c. d'iode. — l'age externe.

Europhène.--Poudre très fine, Jjaunâtre, d'une odeur de safran, insoluble dans l'eau, soluble da l'alcool, l'éther, le chloroforme, l'huile, et contenant 27 p.c. d'iode.— lsave externe.

Administration.

1. —/ode.. A l'intérieur, liode se prescrit sous form de teinture, de sirop de raifort iodé et de solution de Luwol (iode et iodure de puotasse), dont 20 gtts conti nnent 1 grain d'iode, et dont on fait prendre s à 13 m (10 gtts 10 M). On masquera La savent de la teinture et on en assurera la solubilité en

L'ADMINISERAFION DES MÉDICAMENTS

la diluant dans un verre à bordeaux d'un vin fortement alcootisé (malaga) ot dans du café; on ne la preserira qu'au morrent où vers la fin des repas ; 4 4 10 gtts de la teinture matin et soir suffisent, Le sirop de rutort iodé renferme là de grain (6.02) d'iode par euil-

Lrée à bouche ; on en fait prendre 2 à 3 cuillerées par

our. On peut associer la teinture d'iode au chloroforme à parties égales et faire prendre 3 gtts au moment des repas dans un peu d'eau. Les injections se pratiquent avec des solutions todo-iodurées ou encore lhuile iodéce :; on peut de mème faire prendre liode dans Fhuile de toi de morue. Certaines eaux minérales naturelles renterment de l'iode : Cauterets, Challes, Bareges,

\ l'extérieur, on applique la teinture d'iode et le coton iodé ; ce dernier est plus irritant que la teinture et peut déterminer une vésication marquée chez les personnes qui transpirent beaucoup. La teinture ne peut pas ètre diluëe avec de l'eau, car alors Fiode se précipite. Quand l'application est douloureuse et qu'on veut enlever liode, on lave la peau avec de l'alcool, de léther où une solution de bicarbonate de soude, d'iodure de potassium ou d'eau ammoniacale faible, [vaut mieux rejeter l'emploi du pinceau dans l'application de teinture d'iode, à moins que ce pinceau ne demeure strictement personnel: on emploie de préférence un tampon de coton absorbant, qui ne sert qu'une fois. On a soin de verser la quantité nécessaire de teinture dans une soucoupe, et de ne pas remettre Ce qui reste, S'il en reste, dans le flacon. On applique une ou plusieurs couches suivant les indications, on laisse sécher deux minutes et on recouvre de charpie ou d'un linge. I faut éviter d'approcher la teinture d'iode d'une lumivre ; on la tient dans un Macon bien bouché, car elle S'altère à l'air libre et devient caustique ; elle ne doit pas non plus être trop vieille. Chez certaines per-

not l'application de la teinture d'iode détermine facilement Fapparition de

vesicules épidermiques.

IT. — Zodures.—VW est bon avant toutes choses de s'assurer de la pureté du médicament. On le donne largement dilué et au milieu des repas ; on débute par une dose faible qu'on augmente progressivement afin d'établir la tolérance. Quand l'estomac se rebelle, on peut associer à l'iodure une petite dose d’opium ou de chloral. Si les doses prescrites sont fortes, on dilue Je médicament de préférence dans du lait; on peut aussi, pour en masquer le goût, le faire prendre dans de la bière, du café, du sirop de salsepareille, ou ajouter de l'eau de cinnamone. On donnera toujours l'iodure seul, à moins d'indications contraires ; son emploi ne doit pas être prolongé trop longtemps. Pour prévenir les complications de l'iodisme menaçant, on emploie la belladon: contre le catarrhe naso-pharvngien, l'antiseptie de la peau contre l'iodisme cutané, le bicarbonate de soude contre l'iodisme grave.

LIL —Zodoforme ef dérives. —A T'intérieur, l'iodoforme se donne en cachets ou pilules. A l'extérieur, il est très employé en chirurgie, sous forme de poudre, de gaze, d'huile, d'éther, de collodion, d'onguent et de crayons. On peut essayer d'en masquer l'odeur désagréable en ajoutant à 3ijss (10.0) d'iodoforme l'une des substances suivantes: 1 à 2 gouttes d'essence de menthe, 20 gouttes d'essence de rose, 13 grains (1.0) d'acide phénique cristallisé, 73 grains (5.0) de café ou de camphre pulvérisés. Les dérivés de l'iodoforme s'emploient localement et de la même manière que l'iodoforme ; au point de vue esthétique, il faut se défier de leur coloration foncée, qui à parfois laissé des pigments indélébiles dans les cicatrices. Parmi les nouveaux dérivés de l'iodoforme, il faut citer la lorétine et le diiforme.

Intolérance et intoxication.

1° Zode, Pris à l'iniérieur, l'iode produit une sensation de chaleur et de brûlure dans l'estomac. Absorbé en quantité suffisante, c'est un poison irritant, qui détermine une gastrite avec forte douleur dans l'abdomen, vomissements ét diarrhée. Les matières vomies

ont une couleur jaune, à moins que le patient n'ait absorbé des aliments farineux ; dans ce cas elles sont bleues ou violettes. La quantité d'iode nécessaire pour causer une intoxication est variable : il faut tenir compte dc particuiarités constitutionnelles, de la qualité et de

quantiié des aliments contenus dans tl'estomac. L'absorpuon d'une drachme d'iode à causé la mort en

wyt-quatre heures.

2% sudoforme,—%L'intoxication à la surface d'une plate s'annonce par les symptômes suivants : élévation de la température (1047 FF. et au-delà), qui peut exister seule ou s'accompagner de mal de tète, d'accélération du pouls, qui devient compressible, de perte d'appétit ; on trouve de liode dans l'urine. ‘Fous ces symptômes d'sparaissent quand on supprime la cause. Dans un cas plus grave, on aura ; dépression générale prononcée, mélancolie anxieuse, agitation mentale, pouls tres faible, très rapide, pouvant atteindre 180, torpeur, délire et collapse. La mert peut survenir rapidement, mème quand on cesse l'application de liodoforme. La quantité dangereuse à appliquer a été fixée à 300 grains (33.0)2t au-dessus ; mais l'étendue de surface d'absorpion a plus d'importance que la quantité de poudre appliquée, car celle-ci peut n'ètre pas absorbée toute entière.

3° Jodures.—Le symptôme de début de l'iodisme est une inflammation des premières voies respiratoires rappelant le coryza aigu : sécrétion des veux et du nez, salivation, gonflement des paupières, éternuements, cephalalgie frontale, mal de gorge, enrouement, dificulté de la déglutition, sensation de misère générale, clévation de la température. Diverses éruptions vuvent apparaître, surtout si les reins sont malades ; a plus commune est une acnée siégeant à la figure, aux épaules et aux cuisses ; l'eczéma est aussi fréquent. On

articulations, de l'embarras gastrique, des nausées, de la diarrhée.

MANUEL HR AMATRERF OTEMIOANI

Le soufre.

Le soufre est un métalloïde que lon trouve à l'état natif dans le voisinage des volcans ; on le rencontre aussi combiné à l'oxygène (acide sulfureux), aux alcalis (sulfures) et aux métaux (sulfates).

Formes pharmacologiques.

Fleur de soufre. -Corps jaune, inodore, insipide, tantôt cristallisé, tantôt amorphe, insoluble dans Peau, peu soluble dans l'alcool, léther et les huiles grasses, soluble dans l'essence de térébenthine et les liquides alcalins. Jose + 3 à 60 grs (0.30 à 4.0).

Iodure de soufre.—Substance solide, gris noirâtre, a odeur d'iode, insoluble dans Peau froide, soluble dans 00 parties de glycerine, se décompose en présence de l'alcool, de l’éther et des huiles volatiles, Dose + 1 à 3 rs (0,06 à 06.20).

Ichthyol.—Substance brun jaunätre, ressemblant à du goudron, avant une odeur pénétrante qui rappelle le pétrole, à saveur alliacée et désagréable, S'émulsionne avec l'eau, miscible aux graisses, aux huiles et à la vascine en toute proportion, soluble dans un mélange d'alcoo! et d'éther. — Usage externe.

Administration.

A l'intérieur, on donne le soufre en pastilles, en cachets, où en suspension dans du lait, du miel, du sirop, de la melasse. Chez les enfants, on peut l'emplover sous forme de conserve, à la dose de 606 à 120 grs (4.0 à 8.0). On fait prendre le médicament le soir. Les pastilles renferment 3 grs (0.30) de soufre chacune. L'odure de soufre Se prescrit en pilules. La

poudre de réglisse composée (1 euillerée à thé) contient du sénée et du soufre. L'zAfhrol ne se donne à l'interieur que sous forme d'ichthvolate d'anmoniaque (60

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A l'extérieur, on applique le soufre en poudre, en pommade, et on fait prendre des bains de soufre (1 à 0

LNDSIINISTRATION DES ATÉDICNAIENTS 15

onces par 30 gallons d'eau — 30 à 200 grammes par 120 kilogrammes), Quand on veut assurer lt pénétration profonde du médicament dans la peau, on emploie la méthode des frictions, bains et pommade appelée /ro/e : 1° friction rude sur toute la surface du corps avec du savon noir et de Peau tiède ; 2° bain tiède de 30 à 60 minutes pendant lequel on continue les frictions et le savonnage ; 9° friction de 20 minutes de durée avec l'onguent d'Helmerich (pommade soufrée}. Le malade reste le corps enduit de cette pommade pendant vinet-

quatre heures. Le lendemain, grand bain amidonné et poudre d'amidon sur tout le corps. S'il s'est produit

des excoriations, on panse les points malades avec du glyvcerolé d'amidon où une pommade à l'oxyvde de zinc. Les topiques à l'cA/hvol sont nombreux : solution alcoolique et éthérée (titrée à 2 où 10 pour 100), savon (20 à 50 pour 100), pellicule (1 partie d'ichthvol pour > de collodion flexible), emplâtre mousseline {5 pour 100), suppositoire (2 urs--0.12),.

On désinfecte les appartements avec l'acide sulfureux en faisant brûler du soufre dans un vaisseau placé au milieu d'un bassin rempli d'eau. I faut que l'appartement soit hermétiquement clos et que la quantité de soufre brûlé ne soit pas inférieure à 3 livres (3000.0) par 1000 pieds carrés (300 mètres carrés). Bactériologiquement, lai désinfection 4 l'acide sulfureux est insuffisante, mais elle fuit disparaître Les punaises d'une chambre.

Intolérance.

L'usage du soufre détermine quelquefois une éruption Papuleuse et de leczéma. C'est un médicament qui donne dans l'intestin de l'hydrogène sulfuré, ce qui amene des coliques venteuses fort désagréables, L'ichthvol est beaucoup moins irritant pour la peau que le soufre.

Le charbon.

Le charbon pharmaceutique est le produit de la combustion des os (charbon animal, noir animal) ou du

bois léger (charbon végé charbon de Belloc) ; on l'emploie à l'état nature e nement pulvérisé.

Forme pharmacologique.

Charbon végétal (poudre de Belloc). — Poudre légère, noire, insipide et inodore. Dose: 3j à 3] (4.0 à 30.0).

Administration.

On fait prendre le charbon végétal après les repas, méelé à du vin, où étendu entre deux beurrées. On le donne aussi en pastilles et en cachets, surtout si l'on veut qu'il agisse sur l'intestin.

L'oxygène.

L'oxygèene est de tous les corps le plus répandu dans la nature ; il existe à l'état libre dans l'air et fait partie d'un grand nombre de composés ; l'eau en renferme les huit neuviémes de son poids. Il forme des oxydes avec les métaux et des acides avec les métalloïdes. Sa principale propriété est d'entretenir la combustion.

Formes pharmacologiques.

Oxygène.—(Gaz incolore, sans saveur ni odeur, un peu plus lourd que l'air, peu soluble dans l'eau, tres difficilement liquéfiable. Dose : 10 à 60 litres par jour.

Ozone (oxveene condensé, oxvgène naissant).—- Gaz incolore, à odeur pénétrante, avant des propriétés oxydantes beaucoup plus actives que celles de l'oxygène, résultant de l'action de l'électricité sur ce dernier gaz.

Peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée).— Liquide incolore, inodore, de saveur métallique piquante, de consistance sirupeuse, très dense ; blanchit la peau. Administration.

L'oxrgere se donne en inhalation, On ie livre dans le commerce en ballons auxquels est adapté un tube muni d'un robinet par lequel se fait l'aspiration.

vaut mieux, quand on l’administre aux patients, adopter le principe de l'appareil de Limousin, et faire barboter le gaz dans un flacon laveur avant son aspiration.

Quand on veut faire respirer de l'osone à un malade, on le place dans une chambre où une machine statique en mouvement dégage le gaz. L'air des montagnes en contient aussi une proportion notable, Enfin l'eau oxygénée appliquée loralement dégage de l'oxygène à l'état naissant (ozone ).

La meilleure forme d'administration du peroxyde d'hydrogène à l'intérieur est l'éther ozonisé (30 ec. de peroxyde et 70 c.c d'eau—3j de peroxyde et 3ijss d'eau—mélangés avec un peu d'éther), dont on donne 10 à 60 gouttes quatre fois par jour, en même temps qu'on fait prendre des inhalations de cet éther. On peut employer une solution à 10 volumes, légèrement acidifiée au moyen de l'acide phosphorique ; on fait prendre 3j à 3viij (4.0 à 32.0) diluëées dans 3x d'eau. Localement, l'eau oxygénée À 6 ou 8 volumes, étendue d'une même qui intité d'eau pure, est celle qui convient le mieux, n'étant pas irritante pour les plaies ; on applique des compresses de tarlatane imbibées du médicament et recouvertes d’une toile imperméable ; ou bien encore on l'injecte dans les cavités ouvertes, Quand on veut agir sur les muqueuses, on emploie une eau titrée à 2 volumes. L'eau oxvgénée s'altère vite ; on la conserve en petites quantités, et au frais.

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