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I.—LE REGNE VEÉGETAL

Le règne végétal offre dans la nature une variété infinie ; nombreux sont les médicaments qui proviennent de cette source. Ces médicaments ne sont peut être pas aussi difficiles à manier, pour la plupart, que les alcalis, les métaux, les acides ou les hydrocarbures ; un grand nombre cependant ont une action très marquée sur l'organisme, surtout quand on emploie les principes extractifs ; leur administration doit être suivie de pres, d'autant plus que leur absorption se fait en général avec une facilité extrême. Les botanistes ont divisé les végétaux en deux groupes. Dans le premier ils ont placé les végétaux inférieurs, ceux qui n’ont ni racines ni vaisseaux : ce sont les /ha//ophytes, qui comprennent les champignons, les algues et les lichens, et les musc/nées, composés en partie de la famille des mousses, mais dont le rôle est nul en thérapeutique. Le second groupe, beaucoup plus nombreux et plus important, est constitué par les végétaux supérieurs, c'est-à-dire possédant des racines et des vaisseaux. On les divise en deux embranchements : les crypfogames, qui n'ont ni fleurs ni graines, représentées surtout par les fougères, et les fhanérogames, qui ont des graines et des fleurs et se subdivisent en une foule de familles dont nous n'avons pas à signaler ici les caractères particuliers. Nous nous contenterons de grouper les médicaments suivant les classes et les familles qui nous les fournissent.

Les thallophytes.

Les thallophytes (le corps de la plante s'appelle /Aa/le en botanique) sont des plantes parasites n'ayant ni vaisseaux, ni racines, ni feuilles, ni fleurs ; ce sont des plantes à cellules ; elles croissent sur les matières organiques en décomposition et constituent l'une des expres sions les plus rudimentaires de la vie. Cela ne veut pas dire qu'elles soient privées de principe actif. Il arrive souvent dans la vie que le rôle des êtres minuscules soit considérable. Les champignons vénéneux (muscarine) sont une cause d'intoxication alimentaire tres grave; d'autres champignons vivent en parasites sur l'homme, déterminant la teigne ! trichophyton), la pelade {micro-sporon), le muguet (oidium albicans); enfin il ne faut pas oublier que beaucoup d'auteurs placent les bactéries parmi les végétaux rudimentaires (algues microscopiques), et tout le monde sait quelle puissance destructive peuvent avoir leurs toxines. Les thallophrtes fournissent peu de substances médicamenteuses. Nous y avons joint les muscinées pour simplifier la classification.

Formes pharmacologiques.

Levures de bière.—Champignons microscopiques qui font fermenter le mout de bière et s'étendent comme un voile d'écume à la surface du liquide, où on peut les recueillir. /oses: 3j à 3ij par jour (30.0 à 60.0 gr).

Levurine. Levures de bière desséchées et réduites en poudre. Doses : 351) à 3iv par jour (8.0 à 16.0 gr).

Tuberculine. Culture de bacilles de Koch sut milieu glyceriné, donnant un liquide brunâtre, sirupeux, limpide, avant une faible odeur agréable, Do 5 à 2 milligrammes, suivant l'âge.

Agaric blanc. -\Muasse spongieuse, blanc jaunâtre, à saveur äâcre. Dose: 2 À 15 grs (0.25 à 1.0).

Agaricine (acide agaricique). — Cristaux blancs, solubles dans l'eau chaude et l'alcool faible, sans amer-

tume (l'acide amer est impuret tres irritant pour l'estomac). Dose: }; à Li ur (0.005 à 0.02).

Ergot de seigle { Champignon parasite du seigle). Corps allongé, arqué, evlindrique, de couleur noir “olacé où grisâtre, à odeur forte et désagréable, à saveur äcre et nauséeuse. Dose: 5 à 60 grs (0.30 Hi NAS D 7

Ergot:ne. Extrait agueux d'ergot, d'une belle couleur ambrée, à odeur agréable, se conservant longtemps quand on v ajoute de l'acide salicylique. Dose : 3 À 10 Li Re

Laminaire (tiges de).—-Ce sont les pétioles d'une uyrie que l'on a raclés et tournés pour en faire de petits mandrins ; leurs cellules, en s'imbibant de liquide, doublent de volume.— l'sage externe.

Mousse de Corse.— Mélange de plusieurs algues marines, à odeur forte et désagréable, à saveur salée, renfermant de la gélatine, des sels de soude, de chaux et de fer, et un peu d'iode. Dose : enfants 13 à 30 ur: 1.0 à 2,0), adultes 60 à 150 grs (4.0 à 10.0).

Mousse d'Irlande (mousse perléei. Varech ou algue qui se gonfle dans l'eau et forme une espèce de bouillie muqueuse ; renferme du mucilage et un peu d'inde, Dose : 3j à 3iv.

Mousse d'Islande (lichen d'Islande). -Lichen renermant un mucil:ge insipide, soluble dans l'eau bouillante, se prenant (à welée par le refroidissement, et tissi un principe amer, la citrarine. Dose : 5j à iv.

Administration,

L Usage interne. On administre les levures de bière ut moment des repas, dans ne eau alcaline ou dans de la bière, La /evurine peut se donner en cachets, avant les repas. Les levures doivent être fraiches : on les

cachet où en pilule.

rs cr :

pilules seulement. Quant à l'ervot de ergle, il y à

plusieurs manières de l'administrer ; les cachets ne sont guère utilisés aujourd'hui; on accorde la préférence, pour la voie buccale, à l'infusion (3j à 3 —30.0 à 60.0) ou à l'extrait fluide (3j à 3ij -4.0 À 8.0); l'ergotine S'injecte d'habitude sous la peau, bien qu'on puisse la faire prendre par la bouche. On fera attention que les doses ne sont pas toujours les mêmes ; elles varient suivant les préparations (Bonjean, Squibb, Tanret, Vvon). La mousse de Corse se donne habituellement en décoction dans du lait. On fait prendre aussi la mousse d'Irlande et Va mousse d'Islande en décoction, ou encore en tisane.

Il. — Usage externe. —L.es laminaires, bien aseptisées, servent à dilater lentement certaines cavités, en particulier le col de l'utérus, et doivent être appliquées par le médecin lui-mème.

Intolérance et intoxication.

L'ergot diminue la sécrétion de l'urine, de la sueur et du lait. Après l'administration d'une dose médecinale, on peut noter un ou plusieurs des symptômes suivants : un goût déplaisant dans la bouche ; un chatouillement à la gorge ; des nausées ; une douleur brûlante à l’estomac et dans l'abdomen, accompagnée d'éructations et de diarrhée ; une contraction spasmodique du sphincter vésical rendant la miction impossible ; du mal de tète, de la lassitude, des étourdissements, des flammèches dans le champ visuel, une démarche mal assurée ; de l'irrégularité du pouls ; un état frissonneux. L'ergot n'est pas un poison actif ; on à pu donner une once de l'extrait fluide sans déterminer de symptômes sérieux. Quand l'empoisonnement est survenu, on a noté : de la soif ; de l'irritation stomacale et de la diarrhée ; de la petitesse du pouls ; une douleur brûlante aux pieds : quelquefois des pincements musculaires, des crampes, de l'étourdissement, de la dilatation des pupilles, une sensation de froid. Des convulsions précèdent la mort. Dans certaines parties d'Europe, l'intoxication chroni-

que par l'ergot est cause d'une maladie particulière qu'on appelle l'ergrotisme.

Les levures ne sont pas toujours bien tolérées. Quand elles sont fraîches, elles ont un goût accusé qui n'est pas fort agréable. Elles provoquent souvent des pesanteurs d'estomac, des aigreurs, des renvois acides, parfois aussi de la diarrhée, des selles fétides, des gaz ibondants.

La fuberculine est toxique : elle à souvent donné au processus tuberculeux une activité nouvelle : elle à aussi déterminé des néphrites tuberculeuses.

Les cryptogames.

Les cryptogames ont des racines, des vaisseaux et des feuilles, maïs elles n’ont ni fleurs ni graines et se reproduisent à l'aide de spores. Ces plantes comprennent deux familles : les fougères, qui croissent dans les terrains humides, et les /ycopodes, qui préfèrent les endroits montagneux. Elles fournissent deux substances à la matière médicale : la fougère mâle, dont on recueille le rhizome, et les spores de lycopodes, qu'on utilise en poudre.

Formes pharmacologiques.

Fougère mâle. Le rhizome de la fougère mâle est constitué par des tubercules oblongs recouverts d’une cuveloppe brune ; son odeur est nauséeuse, sa saveur astringente, nauséeuse et amère ; il contient de l'huile grasse, de la résine et un principe actif, l'acide félicique. Dose : 3j à 3üj (4.0 à 12.0).

Lycopode {soufre végétal). — Poudre très soyeuse, res fine, très inflammable, fournie par la poussière des “pores d’un lycopode qui croît en Suisse et en Allemaque. — Usage externe.

Administration

l. -l'sage interne. —Quand on administre la lougére alé, où à soin d'employer toujours des préparations

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