‹ Manuel de matière médicale [microforme]Chapitre 5 sur 39 · GEL · texte numérisé non relu

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lir, ou que l'expérience nous a enseignées, sur l'administration des médicaments. Elle y verra, par la division que nous avons faite de la matière médicale en général et par les détails que nous donnons sur chaque groupe en particulier, que la provenance des médicaments exerce une influence primordiale sur leurs propriétés extérieures ou chimiques. C'est ainsi que toute substance, suivant le règne auquel elle appartient (minéral, végétal, ou animal), est susceptible d'exercer certaine action commune à d'autres substances de mème provenance. On ne peut pas, à ce point de vue, confondre les médicaments végétaux avec les médicaments inorganiques, ou avec ceux du règne animal, et ce versa. Dans chacun de ces règnes, on trouvera également des familles qui, au point de vue du degré de solubilité, des propriétés extérieures (odeur ou saveur), de l'action locale, ont des caractères communs dont il faut tenir compte. Si, par exemple, les alcalis et les acides sont facilement solubles, les métaux et les métalloïdes le sont très peu, et les hvdro-carbures ne le sont le plus souvent que dans l'alcool; les alcalis sont irritants pour le tube digestif, ainsi que les acides, tandis que les métaux et les hydro-carbures sont mieux tolérés. De même le règne végétal nous fournit des médicaments, comme le colchique et le veratrum viride, ou la belladone et l'hyoscyamine, qui, pour avoir des applications thérapeutiques diverses, n'ont pas moins des propriétés analogues inhérentes à la famille végétale où les ont classés les botanistes. On pourrait multiplier les citations indéfiniment. Il v a donc là un point de vue spécial dont il faut savoir tenir compte.

L'action physiologique du médicament, dont nous parlons dans la deuxième partie de ce manuel, doit aussi influencer dans une certaine mesure l'administration des médicaments. Tout le monde comprend qu'un purwatif ne s'administre pas comme un hypnotique, ou

un eupeptique comme un tonique cardiaque. Maisil a plus; la garde-malade, connaissant l’action qu'on

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veut obtenir, devra placer le patient dans les conditions les me:llures pour faciliter cette action. C'est ainsi qu'elle auministrera Îles purgatifs le matin à jeun, une heure avant le déjeuner, sauf avis contraire, et que les hypnotiques seront donnés au malade lorsque celui-ci est installé pour dormir, et que l'on à écarté de lui tout ce qui pourrait déranger son sommeil. Le cardiaque sera maintenu au repos, le dyspeptique soumis à une diète appropriée. Et ainsi de suite Ce sont là de ces notions générales qu'on n'apprend guère dans les livres, mais qu'on acquière vite par la pratique.

Il n'en est pas de mème des méthodes à suivre pour administrer les médicaments suivant leur forme pharmaceutique. Lei il y a un choix à faire, car il y a de bonnes et de mauvaises méthodes, et quelquefois la méthode varie suivant les progrès de l'expérience ou s'ajoute à la suite d'une nouvelle découverte. Il v a donc une nécessité absolue d'être bien renseigné sur ce point, d'apprendre les méthodes classiques, c'est-à-dire celles qu'on a reconnues être les meilleures, les plus rationnelles.. Dans l'administration des médicaments, la warde-malade n'a pas simplement qu'à obéir ; il faut qu'elle sache, à l'occasion, exercer son propre jugement. Son utilité serait incomplète si, au besoin, Île médecin ne pouvait pas compter sur elle. Voilà pourquoi l'enseignement que l'on donne aux garde-malades diplomées s'applique à en faire des personnes très renseignées sur tout ce qui concerne l'administration des médicaments. Elles n'ont pas la science suffisante pour exercer la médecine, mais elles possèdent l'art de faire prendre ou d'appliquer les remèdes.

Caril s'agit véritablement d'un art, l'administration des médicaments devant varier avec chaque forme pharmaceutique. Nous n'en donnons ici que les notions les plus générales; l'on n'aura, pour connaitre Îles détails de l'administration de chaque médicament et particulier, qu'à consulter le manuel.

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Prescrivent habituellement sous forme de prises, de cachets ou de pilules, Si la prise est insipide, soiuble et non cflervescente, on la délaye simplement dans un peu d'eau ; la poudre eflervescente demande beaucoup d'eau, un demi ou deux tiers d'un grand verre. S'ils'agit d'une prise insoluble, où d'un goût désagréable, on peut, dans le premier cas seulement, la mettre sur la langue comme le calomel, mais il vaut mieux, et dans le second eas c'est une nécessité, l'envelopper d'une gaufre de papier de riz (safer), d'un Morceau de pain azyme (hostie) où d'un cachet. Après avoir humecté légèrement li gaufre où le pain azyme, on l'étend sur la cuiller, puis, plaçant la poudre bien au centre, on replie IS bords par dessus et l'on Porte au fond de la bouche en faisant suivre d'une gorgée d'eau. Le cachet est préparé d'avance ; le moment venu de l'administrer, on le dépose à la surface d'un Verre d'eau et, au moment OÙ 1 va plonger, on le cuville ainsi qu'un peu d'eau avec une cuiller et on le fait prendre sans le toucher avec les doigts. La pilule doit être déposée à la base a? la langue et avalée avec une gorgée d'eau : elle doit ètre avalée toute ronde et non machée, ce qui, chez certaines Personnes, chez les enfants surtout, offre parfois des difficultés Presque insurmontables. On essaie alors de faire prendre la pilule dans une cuillerée d'eau, de confitures, de gelée, on l'enveloppe d'un morceau de mie de pain pour grossir son volume, on la dissimule dans un pruneau dont Je noyau estentevé ; si malgré tout le pharvnx du malade reste réfractaire, il faut écraser la pilule et l'administrer comme une prise.

Liquides. —Les podions, les s2rops, les Préparations ma-

£tstrales S'administrent suivant la direction marquée :

cest au médecin à indiquer la quantité À donner, l'intervalle des doses, la distance des repas et S'il est nécessaire où non de réveiller le malade pour lui faire prendre son remède. D'une manière dénérale, un médicament prescrit avant le repas se donne de 20 à 30 minutes NAME OSE RP rés tit de suite où 153 minutes

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après. On se rappellera que les doses trop largement diluées sont désagréables et nauséeuses ; Ta glace, Peau de Seltz, le brandy sont utiles pour corriger le goût des médicaments, L'antique recommandation d'agiter la bouteille avant de verser li dose doit être suivie à la lettre ; en aucun cas cela ne peut faire de mal, et tres souvent la précaution est utile, sinon nécessaire. On verse la potion au côté opposé à l'étiquette, pour ne pas souiller celle-ci.

I faut apporter à l'administration des médicaments l'attention la plus profonde, ne jamais se laisser distraire ; une garde-malade ne peut pas, ne doit pas confondre un médicament avec un autre. Dans les hôpitaux, on oblige la garde-malade à regarder l'étiquette deux fois : avant de verser la dose, avant de l'administrer au malade. Jamais un remede n'est donné dans l'obseurité. Les médicaments topiques, les liniments sont placé. dans des bouteilles spéciales faciles à distinguer des autres,

La warde-malade doit savoir a 1 ètre ingénieuse à un moment donné. Le patient récalcitrant, qui délire, qui ne veut pas ouvrir sa bouche, est forcé de le faire si on lui pince le nez ; l'enfant colère, qui frappe, qui se débat, est facile À immobiliser quand onle roul: dans un grand châle, où un drap. Chez les patients à demi conscients, il suffit souvent de frotter les lèvres avec la cuiller pour qu'ils avalent instinctivement. Lorsque l'inconscience est complète, il ne faut pas essaver d'administrer les médicaments par la bouche, carils peuvent s'engager dans le larvnx et déterminer l'asphyxie.

Nous avons, dans ce manuel, fait une large part aux applications topiques ; on v trouvera la manière de préparer un cataplasme ou un sinapisme, de pratiquer un badigeonnage ou une cautérisation. Nous avons laissé de côté, cependant, tout ce qui ne relève pas directement de la matière médicale, tout ce qui se rapporte à la chirurgie ou aux spécialités : l'application des ventouses, l'emploi du thermocautère, les irrigations et Îles

lavages. Ces divers Procédés, Selon nous, doivent être ANLÉS À CÔTÉ des pansements. De mème la manipulation de la seringue hYpodermique demande des notions d'aseptic, de stérilisation, que la garde-malade doit SAVOir, mas qu'elle apprendra avec les chirurgiens. Nous ne voulons PAS cependant terminer ces notions générales sans dire un mot du collutoire, du garer risme, du collvre, du SUppositoire et Surtout du lave. ment,

Collutoire, Le collutorre est un médicament liquide où seMi-liquide qu'on applique localement dans les ma ladies de li bouche où de la gorge. On doit, ici comme toujours, agir de manivre aseptique. On ne trempe pas le pinceau ou le tampon Gans la boutcille contenant la préparation, mais on verse chaque fois la quantité voulue dans une SOuUCOoupe OÙ un petit Verre, et ce qui reste apres l'application est ete. Les tampons ne servent qu'une fois; les pinceaux, apres chaque application, sont nettoyvés dans un verre d'eau, essuvés Avec une compresse, trempés dans une solution antiseptique et asséchés avec une nouvelle compressé. Le même pinceau sert au même Malade, non 4 un autre, et est détruit ensuite. Pour appliquer un collutoire, on place le malade bien en face de la lumière, la tète légerement renversée en arrière, la bouche largement ouverte, la langue tirée le plus possible en avant : pour dégaser le pharvnx, le malade Prononce la vovelle 4, ce qui fait remonter le voile du Palais Souvent, et chez les enfants surtout, l'emploi d'un abaïsse-langue est nécessaire,

Gargarisme, - Le Sargarisme est un collutoire que Île Malade s'applique lui-même ‘ Cette application demande une éducation spéciale, et quelques-uns v éprouvent de la difficulté, La Première précaution à Prendr: est de Pratiquer ur.» inspiration large et profonde, puis, la tête étant penchee en arrière, la houche lar: vuverte, on expire lentement l'air qui fait gargouiller le liquide et l'agite dans le Pharvnx ; dés que l'expiration est ter-

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