‹ Manuel de matière médicale. Ou, Description abrégée des médicamensChapitre 16 sur 128 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SUBSTANCGES CAUSTIQUES,

DÆ-2-0-0-2-00 017

Ds désigne sous le nom de caustiques, Caustici de xœ!w , uro, je brûle), ou de cautères potentiels es substances qui, par leur action chimique , désrganisent les parties du corps avec lesquelles elles ont en contact.

On les distinguait autrefois en escarrotiques, lont l’action est très-énergique, et en cathérétiques, lont l’action est beaucoup plus faible; mais cette livision ne peut plus être admise aujourd’hui; en | w L Lt:

effet, l’action de ces corps varie suivant une foule de conditions, telles que leur degré de concentration , la durée de leur contact, etc.

Les caustiques, en général, agissent en décomposant chimiquement les tissus auxquels ils sont appliqués, en les privant de la vie, et en déterminant une sorte de gangrène locale et circonscrite , qu’on nomme escarre. Ceux qui agissent fortement , tels que la potasse caustique, l'acide sulfurique concentré, etc., produisent ces phéno= mènes avec une telle rapidité, que l’inflammation ne se manifeste qu'après la formation de l’escarre: l’inflammation est, au contraire, le premier effet de ceux dont l’action est moins énergique. Dans. tous les cas, la suppuration s’établit plus ou moins promptement, et sépare la partie désorganisée de celles qui l’environnent.

La plupart des substances employées comme caustiques n’ont qu’une action purement locale; quelques autres, au contraire, sont susceptibles d’être absorbées, et d’occasioner ainsi des acci= dens plus ou moins graves: les préparations arsenicales sont de ce nombre.

L'usage des caustiques est restreint, de nos jours, à un petit nombre de cas; on leur préfère, en général , application du feu, ou cautère actuel, ou bien l'instrument tranchant. On s’en sert principa= lement pour établir des exutoires, surtout dans les cas où il convient de déterminer une dérivation puissante; pour arrêter les progrès de certaines afs

fections gangréneuses ; telles que l'anthrax, la pustule maligne, etc.; pour ouvrir certains abcès indolens; pour changer le mode de vitalité de la peau dans quelques ulcères cancéreux; pour réprimer, les fongosités que présentent souvent les plaies; pour s'opposer à l'absorption du virus déposé à la surface des plaies envenimées, etc.

Porasse causrique. Pierre à cautère. Potasse à la

chaux. Hydrate de, protoxide de potassium, #& $

P. P. En fragmens applatis, solides , secs, d’un blanc grisâtre, opaques ; cassants; extrêmement çcaustiques ; d’une odeur faible , sui generis.

P.C. Formée de protoxide de potassium 100; eau 25, et d’une petite quantité de sous-carbonate, de sulfate de potasse, et de chlorure de potassium. Très-déliquescente, et, par conséquent, très-s0luble dans l’eau : exposée à l'air, elle en attire l’acide: carbonique et se transforme en sous-carbonate; entre en fusion au-dessous de la chaleur rouge ; verdit le sirop de violettes, et ramène au bleu la teinture de tournesol rougie par un acide.

Prip. En traitant la potasse du commerce (souscarbonate de potasse impur) dissoute dans douze ou quinze fois son poids d’eau, par un excès de chaux vive: en filtrant la liqueur, la faisant évaporer rapidement et en la coulant sur une table de marbre chauffée , où ellesse fige ; on la concasse et ou Ja conserve dans des flacons bien bouchés,

7. Ü. On l’emploie pour ouvrir les cauteres : elle décompose le tissu de la peau et laisse une escarre!

grisâtre : à l’intérieur, on en a souvent obtenu de très-bons effets dans certains cas de coliques né-

phrétiques, de gravelle , etc. On l’a également con-w

seillée dans le traitement des affections scrophuleuses,

D. £r M. D’An. Comme caustique, en substance, gros

comme une lentille. À l'intérieur, Solution ou eau de po-.

tasse. P. Liquor potassæ. L. (Contenant environ 1 p. de polasse caustique sur 10 p- d’eau ); gouites v à xx, dans Z vj de liq. mucilagineux.

Soupe causrique. Soda. Protoxide de sodium.

Ses propriétés physiques sont semblables à celles :

de la potasse, et elle pourrait être employée avec avantage comme caustique. En effet, le sous-carbonate qui se forme pendant son action sur la peau n’est pas déliquescent , comme celui de potasse, et par conséquent , il n’est pas sujet à couler commie ce dernier. La soude unie à l’huile d’amandés douces, constitue le Savon amygdalin médicinal. “Je ce mot.) ‘

Nirnare, »’arGenr roxpu. Nitras argenti fusus. Pierre-infernale. :

P. P. En pétits cylindres de deux à trois pouces de long, et de la grosseur d’une plume; leur cassure Offre de petits cristaux disposés en rayons ;

(5) d’une couleur grisâtre ou noirâtre , moins foncée à l'intérieur ; d’une saveur extrêmement amère , mé- tallique et très-caustique ; inodores.

P. C. Formé de 100 acide nitrique et 214,58 argent ; soluble dans son poids d’eau à 15°; cristallisant en lames minces, incolores, demi- -transparentes ; sa dissolution tache la peau en violet foncé.

Suss. incomr. Les alcalis fixes; les sacides hydrochlorique , sulfurique et tartarique ; les savons, l’arsenic, etc.

Prér. On traite l'argent métallique par l’acide nitrique , et on fait chauffer, avec précaution, le nitrate , ainsi obtenu, jusqu’à ce qu’il ait éprouvé la fusion ignée , pour en chasser toute l’eau ; puis on le coule dans une lingotière de cuivre. La couleur noire que ce sel prend alors dépend d’une petite quantité d’oxide d’argent, ou d’argent métallique mis à nu par la décomposition du suif dont le moule est enduit.

U. La pierre infernale.est le meilieur des cathérétiques; c’est celui qu’on emploie le plus fréquemment ; elle n’agit que. lentement sur la peau, ‘mais très-rapidement sur les chairs vives ; elle n’est pas absorbée ; lirritation qu’elle occasionne est iégère et de peu de durée; l’escarre est mince, sèche et grisâtre. On s’en sert pour réprimer les chairs fongueuses ; pour obtenir la cicatrisation des ulcères de la cornée, de ‘certaines fistules, etc. ; appliquée en poudre. sur les ulcères compliqués de pourriture d'hôpital, elle'en arrêté les progrès :

ls ,

| AE dissoute dans l’eau, elle est recommandée cômme collyre astringent dans certaines ophtalmies. On administre encore cette substance à l’intérieur comme tonique et antispasmodiqué, dans lépi- Jepsie et autres maladies nerveuses : elle occasionne de la chaleur à l’épigastre , une sécrétion abondante d'urine, des vertiges, etc. ; elle détermine quelquefois la coloration de la péau en bleu ou en brun:

D. st M. D'4b. Comme caustique, à l'extérieur q q.; collyre.gr. j dans 3 1j d’eau. À l'intérieur, 1/5 de grain, trois + fois par jour, en augmentant progressivement jusqu’à 12 ôu 15 gr., uni à la mie de pain ou à des extraits narcoliques.

.BiurrE D’ANTIMOINE, Deulo-murias stibii sublimatus. Chlorure d’antimoine. Muriate d’antimoine.

P. P. Masse épaisse, blanchâtre, demi -transparente, graisseuse, jaunissant à l’air, fondant à la température de l’eau bouillante, et se volatilisant ensuite.

P. C. Est coniposé" de 1,5 d’antimoine et dé 1 de chlore ; attire l’humidité de l'air, et se trans- ‘ forme, par l’action de l’eau , en sous- hydrochlorate d’oxide d’antimoine , pulvérülent et insoluble dans l'eau ; c’est la Poudre d’alsaroth: g

Priv. En faisant chauffer de l'hydrochlétate dantimoine, obtenu en faisant agir un mélange d'acide nitrique et d'acide hydrochloriqne sur l” ‘3 |‘timoine. métallique ou par Ja décotiposition du

-ublimé corrosif, en lé faisant chauffer avec partie égale d’antimoïne; dans ces deux cas, le chlorure se sublime. | |

U. Ce caustique agit avec énergie et promptitude; il produit des escarres plus sèches et plus exactement limitées que celles qu’occasionne la potasse. Il est très-usité, surtout lorsque les plaies

qu’on veut cautériser sont étroites et sinueuses. On administrait autrefois la poudre d’algaroth comme émétique ; mais ce médicament, dont l’action est très-incertaine , est entièrement abandonné.

M. p’AD. On l'applique sur un pingeau detlinge et onen enduit des bourdonneis de charpie ; mais auparavant il faut absorber avec soin letsang, car ce liquide décompose rapidemeni le chlorure d’antimoine.

st

Oxipk BLANC D’ARSENIC. Oxidum alburharsenici. Acide arsenieux. Deutoxide d’arsenic, se trouve dans la nature, en Allemagne, en France, etc.

P. P. Masses blanchâtres ou. jaunâtres, compactes, vitreuses » Semi -transparentes , fragiles, inodores ; d’une Saveur âcre et corrosive, laissant sur la langue un arrière-goût douceâtre ; pesanteur

- spécifique 5.

P. C. Composé d’arsenic 100 et d’oxigène 22 28 ; chauffé, se volatilise , êt produit une vapeur blanche, épaisse, ‘d’une. odeur alliacée ;: soluble dans 13 parties d’eau bouillante , et 330d’eau froide ; chauffé avec du charbon, se décompose, et l’arse-

CS) \ nic métallique se sublime. La solution aqueuse verdit légèrement le sirop de violettes.

Paér. En faisant griller la mine de cobalt arsenicale , cet oxide se volatilise et se dépose sur les parois de la cheminée; pour le purifier, on le sublime de nouveau.

U. Assez souvent employé à l'extérieur comme caustique dans les ulcères cancéreux de la peau; dans certains ulcères stationnaires, pour changer le mode de vitalité de la peau , etc. ; maïs on doit apporter à son application les plus grands ména-

gemens , à cause des accidens qui peuvent résulter :

“x son absorption. , À l’intérieur, on l’a vanté comme fébrifuge : mais son usage est extrêmement dangereux.

D. £r M. p’ap. A l'extérieur comme caustique, en subtance, Poudre de Rousselot, Pute arsenicale du frère Côme, corrip ce par M. Dubois, P. (1 p. d’oxide d’ arsenic, 16 p. d'oxide rouge de mercure et 8 p. de résine de sang-dragon), q- S. pour couvrir l’ulcère, humectée avec un peu d’eau gommée. Cérat arsenical. D. (oxide d’arsenie 1 p. cérat et axOnge ana 16 p.) q.s. À l’intérieur, en substance, 1/8 gr., en pilules ; en dissolution, même quantité dans Z j d’eau et de lait.

OxiDE ROUGE DE mercurt. Oxidum hYdrargyri rubrum. Precepite per se. Deutoxide de mercure.

P. P. Poudre d’un jaune seriu lorsqu? elle, con :

tient de P eau, d’un rouge jaunâtre quand elle est. sèche ; saveur métallique et caustique.

Le

| (9) à P.C. Contient 100 p. de mercureet 8 d’oxigène;

se.dissout un peu dans l’eau ; verdit le sirop de vio-

lettes. :

Prér. En décomposant le nitrate de mercure par la chaleur, où en chauffant péndant dix ou quinze jours jusqu’à la température de l’ébullition , du mercure en contact avec l'air et contenu dans un vase à col très-étroit.

U. Comme escarrotique, principalement dans les maladies vénériennes, la teigne, les ophtalmies

ghroniques ; pour détruire les morpions, etc. Mais il faut l’employer avec beaucoup de précaution, à couse des accidens qui peuvent résulter de son absorption.

D.#r. M p’AD. En poudre ou uni avec de la graisse. Pommade de Régent, contre l’ophtalmie chronique. (Oxide rouge 1,5 p., cire blanche 4 p: et beurre frais 24 p.) q-q-

On emploie aussi quelquefois comme escarro-

tique Le Suscimé corrosir. (Voyez ce mot.)

Socrate px cuivre. Sulfas cupri. Vitriol bleu. Sur-deuto-sulfate de cuivre.

P. P. Cristaux prismatiques à quatre ou huit pans, d’une couleur bleu foncé , efilorescens ; saveur acide et styptique.

.P, C. Soluble dans 4 p. d’eau froide'et 2 p. d’eau bouitlatite.

Pair. En faisant agir 2 p. d'acide sulfurique sur 1 p. de limaille de’cuivre.

U. Comme escarrotique dans les cas d’ulcères” rongeans ou fongueux, de condylômes, étc.; comme styptique, dans les hémorragies, les blennorrhagies et leucorrées chroniques. À lintérieur , on l’employait autrefois comme émétique trèsprompt dans des cas d’empoisonnement. Onsla également conseillé dans certaines affections catarrhales, la danse de Saint- -Guy, les fièvres intermittentes.

D. Er M. D’AD. A l’exlérieur’, en substance q. q.; en lotion ou injection de gr. j à viij dans ÏE j de véhicule. Soluts sulph. cupri comp. E.(Sulf. de cuivre et alun ana 3 p. fcide sulfurique. 1,5 et eau 32 p.) q. q. A l'intérieur, comme émétique, gr. j à iv dans % vj d'eau; comme tonique et stimulant, gr. 1/4 à 1/2 par jour, en dissolution bu en pilules, et plus progressivement. k

Verr-De-Gris. Sub-acetas cupri. Ærugo. Acétate de cuivre impur.

P. P. Poudre d’une couleur verte bleuâtre ; sans odeur et d’une saveur forte et styptique.

.P. C. Est formé de 43 p: d’acétate de cuivre neutre, de 37 d’hydrate de deutoxide de cuivre, etc. L'eau dissout l’acétate de cuivre et le sépare de Poxide.

Prér. En laissant pendant un certain temps des &

lames de cuivre en contact avec du marc de raisin. M4 U. A l'extérieur, comme escarrotique, pour dé-

ol

NE

jai) | lruire les chairs fongueuses, les verrues; pour pañnser certains ulcères syphilitiques, scorbutiques, etc. On à proposé l'emploi de cette substance à linté. rieur comme excitant; au commencement de certaines phthisies, dans les affections cancéreuses; mais.elle n’est plus employée. er M D’AD. à l'extérieur, Onguent egyptiac, Mellitum

de acet. cupri P. (Miel 14 p. acide acétique 7 p. et vert-degris, 5 p.) q. q- Lin. œruginis. L. (composé des mêmes sub-, slances.) Ung.tærug. E. (ong. résineux, 15 p., vert-de-gris, HD.}C. Ci M % D'UAR Le |

Amoxrique riquinre. Ammonia liquida. Alcali volatil fluor. Esprit de sel ammoniaque, solution de gaz ammoniaque dans l’eau.

P.P. Liquide incolore, d’une odeur sui generis, très-intense ; ‘saveur caustique; pesanteur spécif. 0,905, lorsqu'il contient 1 p. d’ammoniaque sur 5 p. d’eau en poids. ‘

P.C. Le gaz ammoniaque est formé de 100 d’azote et 22,66 d'hydrogène en poids ; à la température ordinaire, l’eau peut en dissoudre 430 fois son volume ; mais il sé dégage par l’ébullition ; il verdit le sirop de violettes, et forme des sels avec les acides.

Pré. En décomposant le muriate d’ammoniaque par la chaux vive, et en faisant passer dans de l’eau le gaz qui se dégage. |

U. Appliquée sur la peau , cette substance occasionne très-promptement une douleur vive, des

(12) phiyctènes , et peut même déterminer la forma tion d’une escarre; on l’emploie pour cautériser » la peau d’une manière lente et douloureuse, dans * Feriaiées maladies cérébrales; dans des cas de . Mmorsurese d'animaux vénimeux, de piqères de certains insectes 2 etc. ; elle est très-usitéegeo me rubéfiant dans les rhumatismes, chroniques, les “ engorgemens récens des mamelles ; étendue d’eau, on administre aussi à l’intérieur comme stimulant et diaphorétique dans des cas de morsures de vipères, de fièvres putridés, d’éruptions cutanées indolentes ou arrêtées brusquement, d’'hydropisies, etc.; on emploie encore le gaz quise dégage toujours.de cette dissolution, pour irriter la mem- * brane pituitaire , dans des cas de syncope.: : + 2 L ds | +

D. sr M. »'An: Comme caustique, à l’état liquide concentre , seul ou mêlé avec partie égale de suif ( ce qui consütue le Caustique ammoniacal de Gondret). je

Comme rubéfiant, Liniment volatil. P. (ammoniaque liq. 1 p. huile d'amandes douces, 8 p.)

À l'intérieur, goultes xx à xl, dans Z vi de véhicule, par cuillerées. Eau de Luce (ammoniaque 16 p. huile de succin et baume de la Mecque ana 1 p.) gouites xv à xx dans Zi de véhicule. : ,

Les Acines minéraux concentrés, tels que les # acides sulfurique , hydrochlorique, nitrique, etc., M sont des ceustiques puissans qu’on emploie aussi « dansquelques cas. (Voyez leur histoire). |

Page 1