‹ Manuel de matière médicale. Ou, Description abrégée des médicamensChapitre 20 sur 128 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

MÉDICAMENS ASTRINGENS.

CCeOLoctc pc

Les médicamens astringens ( Astringere, resserrer) sont ceux qui, appliqués aux tissus vivans , y produisent une sorte de resserrement fibrillaire, en même temps qu'ils exercent une action tonique passagère. C’est en vertu de la première de ces propriétés que les substances de ce genre , appli: quées à la surface d’une plaie saignante, y déterminent une astriction qui arrête l’écoulement du sang fourni par les petits vaisseaux. Employées ainsi à l’extérieur, on leur donne le nom de styptiques.

Le goût peut, en général, faire reconnaître les substances qui jouissent de la propriété astringente. En effet, la sensation d’âpreté qu’elles laissent sur la langue est connue de tout le monde.

Les règnes végétal et minéral fournissent les médicamens de ce genre. Ceux du premier doivent, en général, leur activité à la présence de lacide gallique et du tannin, que, jusqu'ici, on avait regardé comme étant un principe immédiat; mais qui, d’après M. Chevreul, est composé d’acide gallique, d’un principe colorant, et de quelques au-

tres substances. Ces corps se dissolvent difficilement dans l’eau froide, mais très-facilement dans l’eau bouillante. Ils décomposent l’émétique , les sels de fer, et forment, avec la gélatine , un composé insoluble ; par conséquent , ils ne doivent jamais être mêlés à ces subtances, dans les préparations pharmaceutiques. L’acide gallique est trèssoluble dans l'alcool; mais le tannin ne s’y dissout pas toujours en entier.

Les astringens tirés du règne minéral sont des acides ou des sels avec excès d’acide. Appliqués

sur les membranes muqueuses ou sur les surfaces.

dénudées , ils occasionnent tous une impression douloureuse , suivie d’engourdissement., En même temps, les parties se resserrent, et deviegnent blanchâtres par suite de la ‘contraction des capillaires. Mais, au bout d’un certain temps, l’afflux du sang augmente graduellement, et le réseau vasculaire paraît plus développé qu'auparavant,

* Quelle que soit la nature des astringens, ils exercent tous une influence analogue sur l’économie animale. Ils resserrent les tissus avec lesquels ils sont en contact, augmentent leur tonicité et commencent par y produire une excitation locale; mais si leur emploi est trop long-temps prolongé, ils émoussent la sensibilité de ces parties et tendent à en augmenter la densité.

L'action continue de ces substances à l’intérieur diminue considérablement la sécrétion qui se fait à la surface interne des intestins. Elles paraissent

(24) aussi causer une action sympathique sur la transpi | ration cutanée, qu’elles diminuent, et c’est ainsin qu’elles produisent Aa MaerEs un effet diurétique. Certains médicamens qu’on emploie ordinairémént comme astringens, peuvent quand on les administre, | à hautes doses agir sur l’économie en général à là. manière des toniques (Joy. chap. IV); mais alors ils produisent souvent la cardialgie, des vomisse: mens et autres accidens; ce qui empêche de s’en | servir de cette manière.

D’après ce que nous venons de dire, on voit que la médication astringente doit être nuisible toutes

les fois qu’il existe une inflammation assez intense ;

cependant on l’emploie quelquefois avec beaucoups d'avantages dans le début d’une inflammation ex terne telle que le panaris, etc. ; mais c’est lorsques la phlogose est devenue chronique, qu il n'existe plus de douleur, et.que les sécrétions ne sont point revenues à leur état normal , comme dans certaines diarrhées chroniques, ou dans la dernière période | des phlegmasies catarrhales du vagin ou de Pu-h rètre, que les astringens, convenablement admi: nistrés , sont du plus grand secours. On lesemploie, encore avec succès dans la colique des peintres;

mais alors on doit les donner à assez hautes doses.

On a beaucoup vanté l’efficacité de ces médicamens pour combattre les hémorragies passives telles que les ménorrhagies , les hématuries, etc., et en effet ils réussissent assez souvent. Mais dans l’hé-

moptysie, l’hémathémèse et autres, on doit craindre,

ur action stimulante ; car ii ést rare que ces accins ne soient pâs le résultat de lésions organiques li pourraient être aggravées par toute excitation | peu forte. Aussi , dans ces derniers cas, on doit immencer par l’emploi des astringens les moins itans ; tandis que dans les premiers on pourra se kvir des plus énergiques. $

Page 1