SUBSTANCES ASTRINGENTES VÉGÉTALES
Famille des Légumincuses.
C.B. Dycotyled. polyp.; étam.périgynes; feuilles alternes, ordinairement composées ; cal. monosép., en général campañiforme ; corol. régulière ou anomale, souvent papillionacée ; dix étamines distinctes ou réunies en deux faisceaux ; fruit, gousse polysperme. ”
Cacnou, Catechu. Terra Japonica, extrait préparé avec le bois et les fruits encore verts du Mimosa catechu, et de plusieurs autres arbres de la même famille, qui croissent aux Indes-Orientales , et surtout au Bengale. On prépare encore dans ces pays un cachou avec la noix d’un palmier, Areka catechu. L.; mais il n’est pas versé dans le com- | mérce.
C. B. du M. Catechu; feuilles grandes, bipinnées, composées d’environ 12 paires de feuilles pinnées, composées elles-mêmes d’un grand nombre de folioles lancéolées, aiguës; deux'épines un peu recourbées;-ileurs en épis cylin-
driques , au nombre de 2 ou 3 à l’aisselle des féuilles : fruits | planes , allongés contenant-5 ou 6 graines. 1
P. P. On distingue deux espèces de cachous ?| l’une d’une couleur brune rougeâtre , friable , d’une texture uniforme, d’une cassure inégale , d’une pe: santeur spécifique d’environ 1,99, en morceaux carrés ; c’est celui de Bombay : l’autre , d’une cou: leur de chocolat foncé à l’intérieur , de couleur de rouille au-dehors, plus friable, d’une pesanteur spécifique de 1,28, en pains arrondis, et du poids de trois à quatre onces; c’est celui du Bengale. Tous deux sont inodores, d’une saveur astringente, ensuite douce et agréable ; ils ne.sont ni déliquescens ni fusibles.
P. C. Le cachou de Bombay est formé de tannin 109, extractif 68, mucilage 13, matière insoluble, sable et chaux 10. L'autre espèce contient moins de tannin ; solubles dans l’eau chaude et lalcool.
Sussr. ixcome. Les alcalis détruisent l’astringence de cette substance ; les sels métalliques , et surtout ceux de fer, la gélatine, etc., y déterminent des précipités.
U. C’est un des meilleurs astringens que possède la matière médicale ; on l’emploie avec succès dans les diarrhées chroniques , les hémorragies passives utérines, les flueurs blanches, les vieux catarrhes, etc.; à petites doses , il agit comme tonique. Très-employé.
D. er M. »’Ap. En poudre ou pilules, g° vj à 38, Pécoet.
À à 2 {6 par Ib ij d’eau. Teinture. P. (Éachou 30 p. alcoo] 130 p.) 3 3j à üj. Électuaire de cachou. E: (cachon 64 p. kino 48, canelle et muscade ana 16, opium 3, el sp. de roses rouges 560 parties) 3 { à j. Pastilles de cachou simples. P. (contenant 1/6 de cachou). Tablettes de cachou et de magnéste. P. (contenant cachou 177, éfimagnésie 1/3) n° üj à x de 12 grains chaque.
Saxc-Dracon. Sanguis draconis, résine fournie par le Pterocarpus draco. L., arbre qui croît aux environs de Santa-Fé, en Amérique.
C: B. Feuilles alternes pinnées, à 8 folioles alternes, ovales; fleurs jaunâtres, en longues grappes à l’aisselle dés feuilles supéñeures; cal. turbiné, court, persistant, 5 div. mégales ; cor. papillionnacée à 5 pétales; élam. diadelphes ; fruit en gousse comprimée orbiculaire.
P. P. Masses de forme ovale, bâtons, ou masses nformes , enveloppées dans des feuilles de roseau; lures ; opaques, fragiles, d’une cassure nette, luijante ; d’une couleur rouge très-foncée ; poudre Pun#ouge vif; inodores; d’une saveur très-légèrement astringente,
P. C. Le sang-dragon'est insoluble dans l’eau, souble en presque totalité dans l’alcool qui se coore en rouge; on croit qu’il contient de l’acideben- ‘oïque , du tannin, etc. ; il brûle avec une fumée Jiquante prie on le projète sur des charbons rdens. :
Sussr. ixcomP. L'eau précipite cette substance de. a dissolution alcoolique.
U. Astringent, très-peu actif, employé dans les
hémorragies passives, la leucorrhée, etc; entre. dans la composition des poudres et des opiats den=. tifrices.
D. er M. D’An. Poudre, g' x à 3 f$. Teinture, 5 3 à 3 f95 | entre pour 1/3 dans lesipilules d’alun teint.
Bois ne Camrècue. Lignum Campechianum. Hæ matoxylon Campechianum. L., grand arbre épineux qui croît au Mexique.
‘CG B. Cal. rougeâtre, 5 div. profondes; corol. 5 péls égaux, étalés ; 10 étam. libres ; fleurs jaunes en épis à l’ais selle des feuilles, odorantes; gousse allongée, ensiforme contenant 2 ou 3 graines applaties.
* P.P. Büûches plus ou moins grosses, brunâtres extérieurement , d’un rouge foncé à l’intérieur ; dus res, compactes, pesant. spéc. plus grande que celle de l’eau ; d’une odeur agréable , d’une saveur douceâtre , puis amère et astringente. |
P. C. D’après M. Chevreul, il contient une huile volatile, du tannin , une matière colorante rouge cristalline, soluble dans l’eau bouillante, nommé hématine, des sels de chaux et de potasse. L’eau et l’alcool s'emparent de ses principes actifs et de Ja matière colorante. |
Suzsr. ivcomr. Les acides concentrés, la solution d’alun , les sulfates de fer et de cuivre, l’acétate de plomb , l’émétique. |
U. Astringent, peu employé en France; en Angleterre , on le prescrit vers la fin des dyssente: ries, dans les diarrhées , etc.
(41) D. gr M.p’as. Décoction, : f dans Fb 13 d’eau réduites ‘au 1/8. Extrait, 3j à ij dans un véhicule convenable.
|. Acacra vrar Succus Acaciæ veræ, et ACACIA NOsmnas. Succus Acaciæ nostratis, le premier est un suc concret que l’on obtient des gousses encore Vertes du Mimosa nilotica. U. (Voy. Gomme arabique), etle second est fourni par les fruits verts du prunellier, Prunus spinosa. L., de la famille des Rosacées, arbre indigène qui croît dans les bois et dans les haies.
P. P. L'acacia vrai est en petits pains, du poids de 4 à 8 onces, enveloppés dans des morceaux de vessie; solide, d’une couleur rouge brune ; saveur | trés-astringente, puis douceâtre.. L’acacia nostras est d’une couleur plus foncée et d’une saveur plus austère. 4
P,C. Le premier paraît formé d’acide gallique de tannin et de mucilage; le second contient de l’acide malique : ils se dissolvent dans l’eau froide.
Sussr. incomr. Les mêmes que pour le cachou, ainsi que leurs usages; très-peu employés. :
D. er M. »’an. De j à 3 j. Ils entrent dans la composition de la thériaque.
On employait, et on emploie encore dans le midi de la France, sous le nom de Suc dhypocyste, aux mêmes usages que les précédens, Pextrait des fruits du Cytinus hypocistus. L., plante parasite de la famille des aristolochiées. Il entre dans Ja composition de la thériaque.
(42) Famille des Cupuliférées.
C. B. Dicotyléd., apétales; étam. idiogynes, didymes; tiges ligneuses ; feuilles simples; fleurs unisexuées, monoïques; fleurs mâles en chalons allongés ; 20 à 25 élamines; fleurs femelles, -ovaire infère, charnu intérieurement, à 2 ou 3 loges; fruit gland indéhiscent, enveloppé, en lout
ou en partie, dans une capsule.
La
Cuène. Quercus robur L. arbre indigène. P. U. Ecorce et excroissances.
C. B. F1. mâles én chatons grêles; écaille calliciforme plane, lobé; 6 ou 8 étamines insérées à son centre; fl. fe-
melles, 3 styg. spatulés ; involucre uniflore, imbriqué ; le fruit
est un gland entouré à sa base d'une capsule écailleuse.
Ecotce De Cnène. P. P. Epaisse, raboteuse ; couleur foncée à l'extérieur, rougeâtre intérieure-
ment ; saveur très- “atyptique.
P. GC. Contient une grande quantité de tannin, et de plus une matière extractive. Ces principes sont solubles dans l’eau froide.
U. C'est un des astringens les plus énergiques ; aussi ne faut-il l’administrer à l’intérieur qu’avec retenue; employé dans la dyssenterie, mais surtout comme moyen té pique; a été vanté comme fébrifuge, mais ne paraît pas susceptible de remplacer le quinquina ; à assez haute dose pour exercer une influence tonique générale , détermine de la cardialgie, etc,
D. M. n’a. Poudre, 3 iv à Z j. Décoct. 3 ij à 3f par 5j d’eau.
Noix pr‘Gazce. Gallæ turcicæ. Excroïissances qui se développent sur les feuilles du chêne par suite de la piqûre d’un insecte du genre Cynips, qui y dépose ses œufs. Celles qui viennent d’Alep, et qui ne sont pas percées sont les plus estimées.
P. P. Corps charnus, arrondis, raboteux, de la grosseur d’une cerise.
P. C. Contiennent 185/500 de matières solubles dans l’eau, dont 150 p. de tannin, 31 d’acide gallique, uni à un peu d’extractif, 12 de mucilage devenant insoluble par l’évaporation, et 12 de matières salines.
U: Employée dans les mêmes cas que l'écorce de chêne ; à hautes doses, occasionne des vomissemens; en gargarisme, peut être utile pour arrêter la salivation mercurielle,
D. er M. p’an. Poudre, g' viüj à D j. Inf. 3 j à ij par + ij d’eau. Zeinture. D. (Noix de Galles, 1 p. alcool 8 p.)
Famille des Polygalées.
CB: Dicotsl. polyp.; élam. hypogynes ; tiges herbacées ou ligneuses; feuilles alternes ; cal. 3, 4 ou 5 div:; corolle 3 à 5 pét. ; ordinairement 8 élam. diadelphes, insérées sur les pét. ; anthères uniloculaires ; ovaire supère, à 1 ou 2 loges; 1 style ; 1 stygmate; fruit, capsule bivalve.
Raraxmia, Radix ratanhiæ. Krameria triandria,
Ruiz. Arbuste originaire du Pérou. P. U. L’écorce de la racine. ÿ ÿ
C. B. Racine traçante; tige rameuse , velue, blanchâtre ; feuilles petiles, ovales, coriacés; cal. 4 div. profondes ; corol. irrégulière, 4 pétales; 3 étam., libres et ascendentes; fleurs placées à l’aisselle des feuilles supérieures, accompagnées de deux braciées; fruit globuleux, hérissé de
pointes, contenant deux graines dépourvues d’endosperme.w
P. P. Racine formée de ramifications cylindri-.
ques de la grosseur du petit doigt; d’une couleur brune rougeâtre à l'extérieur; le: corps ligneux in-
térieur est beaucoup moins foncé; il est dur, in-
odore, et presque sans saveur, tandis que la partie
corticale jouit d’une saveur extrêmement astrin-M
gente et un peu amère. P. C. D’après M. Vogel, l'écorce de cette racine
contient: tannin modifié 40; gomme 1,50; fécule |
0, 50; ligneux 48 ;'acide,gallique une trace, et suivant M. Peschier un acide particulier qu’il co
Kramérique. L’eau et l’alcool s'emparent des prin-\ cipes actifs du ratanhia , qui leur communique une
couleur rouge.
Suss. Incowr. Les sels de fer, da gélatine, les acides minéraux, etc. nu"
U. C’est un astringent très- “énergique : on lemploie avec succès pour combattre les hémorragies passives, les diarrhées chroniques, la leucorrhée,
les blennorrhagies anciennes, et en général dansles
mêmes cas que le cachou. Très-usité; il entre dans la composition de poudres dentifrices.
er
(4) D. er M. n’an. Décoction, 3{ à j dans 1 ij d’eau réduites à j. Extrait aqueux ou alcoolique, Dj à 385.
Le Rarawara Des Anricces, Krameria ixina est employé dans les mêmes cas.
Famille. des Rubiacées.
C. B. Dicotyl, monopét.; élam. épigynes, distinctes ; tiges herbacées ou ligneuses ; feuilles alternes; cal. adhérent à l’ovaire ; corolle régulière, 4 ou 5 div.; 4 ou 5 étam.; ovaire infère: fruit, capsule ou baie, ou 2 peliles coques sèches monospermes. h
Gouue rio. Gummi khino; Gummi gambiense.
Suc épaissi, ou extrait des tiges et des branclies du Nauclea Gambeer. Hunter. Arbuste qui croit dans l'Inde.
C. B. Feuilles opposées ; fleurs axillaires infundibuliformes. |
P. P. Masses opaques, dures, fragiles, d’une cassure brillante, quelquefois celluleuses ; d’une * couleur rouge très-foncé ; la poudre est d’un rouge plus clair; inodore; d’une saveur extrêmement styptique suivie d’un goût douceûtre.
P, C. Contient beaucoup de tannin et de l’extractif. Peu soluble dans l’eau froide , soluble, en grande partie, dans l’eau chaude et dans l'alcool: la solution aqueuse se trouble par le refroidissement.
Sun. Income. La gélatine, le sulfate de fer, les sels d'argent, de plomb, etc. ARS
U. Fortement astringente, Employée dans les
(46) -mêmes Cas, mais moins fféquemment que Le ca-. chou.
D. xr M. n’an. Poudre, g' x à 3 ff. Décoct. 3j àÿ, par 1 :; d'eau. Téinture. (Kino 1, j p. alcool. 21 p.) 3.8 à üj.
Garance. Rubia Tinctorum. L., plante vivace indigène , P. U. La racine. C. B. Calice 4 à 5 dents; corolle petite, subcampanulée,
à 4 ou 5 lobes ; 4 où 5 étamines; fruit didyme, légèrement char
P. P. Racine noueuse, d’une grosseur moyenne, rougeâtre à l’extérieur, jaunâtre à l’intérieur ; saveur âpre, styptique, un peu ämère,
P.C. Coñtient une matière amère; une matière azotée; un principe colorant jaune; un principe colorant rouge; une résine odorante; du sucre, de l’'amidon, du mucilage, etc. Les principes actifs sont solubles dans l’eau.
U. Conseillée dans le rachitis, la dyssenterie, les toux chroniques, etc., mais presque généralement abandonnée aujourd’hui.
D. Tr M. D’'4n. Poudre, 3 f à j: A ur 3iàz;j dans TB 1j d’eau , plusieurs fois par jour.
Asréruce. Rubia cynanchica. Asperula cynanchica. L. Plante vivace indigène; croît dans les bois; fleurit'aux mois d’août et septembre.
Employée autrefois comme astringente au début des inflammations de la gorge, Peu usitée,
D. sr M.p’An. En gargarismes.
Il en est de même du caille-lait, Galium verum. L. Plante vivace, indigène, très- -visine de la précédente, léger astringent et antispasmodique.
| Famille des Polygonces.
NC. B. Tiges ordinairement herbacées ; feuilles alternes, engainantes ; cal. monosép. ; étam. rarement plus de 15; ovaire simple uniloculaire ;. 2 ou 3 stygmates sessiles ou surmontant autant de styles ; fruits petits, en général 1 akène triangulaire.
Bistonte, Bistortæ radix. Polygonum bistorta. L, Plante vivace indigène, qui croît dans les prés élévés. P. U. La racine.
C. B. Tige droite, de 1 où 2 pieds de haut; feuilles radicales cordiformes blanches en dessous; feuilles caulinaires, moins grandes, presque sessiles, semi-amplexicaules ; fleurs roses, en épi ovoïde ; fruit ovoïde , triangulaire, lisse, à une seule graine.
P. P. Racine de la grosseur du doigt, deux ou trois fois contournée sur elle-même et présentant à chaque couduie une espèce d’articulation; d’une couleur brune à l'extérieur, rougeâtre à l” intérieur ; ‘inodore , d’une saveur acerbe et astringente. P.C. Contient une très-grande quantité de tannin, de l'acide gallique, de l’amidon et de l'acide ôxalique. L’eau et l'alcool dissolvent les principes actifs,
(48) Suss. Incowr. Le sulfate de fer, la gélatine, etc. U. C’est un des meilleurs astringens indigènes que possède la matière médicale. On lemploie dans les flux chroniques ; les hémorragies passives
du poumon, des intestins ; on l’a conseillé dans les,
fièvres intermittentes, uni à la gentiane.
D. gr M. p’An. Poudre, 38 à j. Décoct. 3 j à ij par 5 ij d’eau. Suc, 3 ij à ill. Estrait, D jà 3j.
Famille des Myrtinées.