‹ Manuel de matière médicale. Ou, Description abrégée des médicamensChapitre 58 sur 128 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SUBSTANCES EXCITANTES DONT L'ACTION SE PORTE SPÉ- CIALEMENT SUR UN OU PLUSIEURS ORGANES.

Lxs médicamens dont nous devons traiter ici varient beaucoup, soit sous le rapport de leurs propriétés physiques et chimiques, soit sous celui de leur action sur l’économie animale ; nous les diviserons en ceux qui exercent une influence plus spéciale, 1° sur le système rénal; 2° sur le système cutané ; 5° sur les organes génitaux ; 4° sur certaines glandes et sur l’absorption; et 5° sur le système nerveux.

$ I. Médicamens eœcitans qui agissent spécialement sur la sécrétion rénale.

Parmi les médicamens que nous venons de passeren revue, il en est un certain nombre qui communiquent à l'urine une odeur particulière, et paraissent stimuler les reinsetles membranes muqueuses en général, plus vivement que le reste de l’écohomie; mais cette différence ne nous a pas paru assez marquée pour nous autoriser à séparer ces

où

x ( 201 ) substances des autres excitans généraux, et nôus nous sommes bornés à les rassembler à la fin du dernier chapitre, afin qu’elles servent de passage à l’étude des diurétiques.

Les médicamens diurétiques ( dope, j’urine) , agissent sur l’économie , en général, à la manière des excitans, mais ils s’en distinguent par Pinfluence directe qu’ils exercent sur le système rénal. En effet, lors même qu'ils ne stimulent que trèsfaiblement les autres organes, et qu’on les administre à l’état solide, ils peuvent agir d’une manière particulière sur les reins, et augmenter beaucoup la sécrétion de l’urine. Cet effet n’est point en rapport avec l'excitation générale, et paraît en être indépendant. Ainsi l’urée augmente beaucoup la sécrétion de l'urine, sans avoir en même temps une action bien marquée sur le reste de l’économie. Il nous paraît donc évident que lon doit admettre une classe de médicamens essentiellement diurétiques ; mais il ne faut y ranger que les substances | qui exercent une influence directe et spéciale sur la sécrétion de l’urine, et ne point donner ce nom, comme on le faisait autrefois, à tous les médicamens susceptibles d'activer d’une manière indirecte cette sécrétion , quel que soit du reste leur mode d’action sur l’économie. Cet abus. était porté si loin que l’on rangeait dans cette classe des toniques, des excitans généraux, des émolliens , etc. ; seulement parce que leur action sur l’économie, en ie néral, peut être suivie de la diurèse.

{ 202 ) Les médicamens diurétiques nous sont fournis par les trois règnes ; ils n’ont aucun caractère physique ou chimique qui leur soit commun. On les administre, en général , en dissolution afin de favotiser leur action en augmentant la masse des liquides en circulation. Enfin, c’est principalement dans les hydropisies actives et chroniques, la goutte, etc., que l’on a recours à leur usage, comme nous le verrons, du reste, à leur histoire particulière.

Page 1