MÉDICAMENT DIURÉTIQUE TIRÉ DU:RÈGNE ANIMAL
Unie. Urea. Principe immédiat des animaux, contenu dans l’urine.
P. P. Cette substance cristallise en lames minces, brillantes, incolores, ou en feuilles quadrilatères, allongées, transparentes; odeur urineuse ; saveur fraiche et piquante; elle est plus pesante que l’eau et déliquescente.
P. G. Composée d’oxigène 28 , azote 32, carbone 14,\et hydrogène 11. Elle est très-soluble. dans l’eau et dans l’alcool..
Prir. En traitant de l’urine concentrée par de l’acide nitrique, et en décomposant le nitrate acide d’urée, qui se précipite, par du sous-carbonate de potasse , et en dissolvant Purée , ainsi mise à nu, dans de l’alcool.
U. Cette substance agit d’une manière spéciale sur les reins, et active la sécrétion de l’urine, sans.
Ed
( 205 ) | exercer une influence notable sur aucune autre partie de l’économie ; on l’a, par conséquent, conseillée depuis peu comme un diurétique puissant,
D. £r M. pan. G' vw à x dans un véhicule alcoolique.
MÉDIGAMENS DIURÉTIQUES TIRÉS DU RÈGNE MINÉRAL,
SOUS-CARBONATE DE POTASSE. Sub-carbonas potassæ. Sel de tartre.
P. P. Solide blanc, incristallisable, déliquescent, inodore, saveur âcre et caustique.
P.C. Le sous-carbonate de potasse du commerce, contient en général du sulfate et de l’hydrochlorate de potasse, de l’alumine, des oxides de fer, etc. Il est soluble dans 2 p. d’eau et verdit le sirop de violette.
Suzsr. incomr. Les acides forts, l’eau de chaux, les sulfates de magnésie, de zinc, de cuivre et de fer, Palun , les hydrochlorates d’ammoniaque, de fer, de mercure, le nitrate d’argent , le tartrate d’anti- Moine et de potasse , Pacétate de cuivre, etc.
. Prér. En lessivant les cendres de substances végétales.
» U. Ne peut être administré à l’intérieur qu’à peltes doses , à cause de sa causticité; alors, il détermine, 1° une irritation de la membrane muqueuse intestinale, d’où peuvent-ésulter des effets purgatifss 2° l’augmentation de la sécrétion de l'urine.
Getdernier effet est très-marqué, même lorsqu’on ë
Lo) ni
is RUE A * ( 204 ) |
administre ce sel à l’état solide, et n’est accompagné , ni de l'accélération de la circulation , ni de l'augmentation de la chaleur, ou des autres vhésol mènes qui caractérisent la médication excitante. Il ne détermine jamais l’écoulement des règles, ni la diaphorèse. Ce sel , porté dans le torrent de la circulation , exerce donc une influence spéciale sur l'appareil rénal.
On l’emploie dans les hydropisies passives, la goutte , les engorgemens viscéraux, les scrophules, etc. On l’administre également dans des cas de gravelle et de calculs vésicaux. ( Foy. Potasse.
D.zrt M. »’an. G' x à 3 j dans un véhicule mucilagineux ou dans du vin blanc. Liq. sub-carb. potassæ. L. (con-
tenant environ 1/2 de ce sel), gouttes xv à 3 j ou plus, 2 ou 3 fois par jour. Entre dans la composition de la potion anti- ‘émétique de Rivière.
CARBONATE DE POTASSE NEUTRE. Carbonas potassæ.
P. P. Cristaux rhomboïdaux incolores ; inaltérables à l’air, d’une saveur alcaline sans être âcre.
P. C. Contient deux fois autant d’acide carbonique que le précédent. Soluble dans 4 p. d’eau froide, et en partie décomposé dans l’eau bouils lante ; insoluble dans lalcool.
Prér. En saturant du sous-carbonate de potasse avec du gaz acide carbonique.
U. Possède les mêmes vertus que le sousÉarb0f
nate Sans être caustique comme lui; aussi, il doit lui 4 *
( 205 ) être préféré. La grande quantité d’acide carbonique qu’il contient , le rend également plus propre à la préparation des boissons effervescentes.
D. gr M. »’AD. Les mêmes que ceux du précédent.
Sous-CARBONATE DE SOUDE. 9 «b-carbonas sodæ. Alcali minéral.
P. P. Cristallise en prismes rhomboïdaux à sommets tronqués, efflorescens ; saveur âcre, légèrement caustique.
P. C. Soluble dans 2 p. d’eau froide, et une moindre quantité d’eau bouillante ; verdit le sirop de violette. *
Sus.incomP. Les mêmes que pour les précédens.
Prée. En lessivantlescendres du Solsasa soda. L., et autres plantes marines.
U. Les mêmes que ceux du précédent.
D. sr M. p’an. G' x à 3 f$, à l’état solide avec des exlrails amers.
Nrrmare De Pporasse. Mitras potassæ. Nitre. Salpêtre.
P. P. Cristaux prismatiques à 6 faces ; inaltérables à l’air, blancs, modores ; saveur fraîche et piquante , suivie d’un arrière-goût légèrement amer; chauffé , il fond , et forme alors une masse opaque et vitreuse appelée Se/ minéral ou de prunelle.
: P. C. Se dissout dans 5 p. d’eau froide , et dans 1/4 d’eau bouillante; il fuse sur les charbons ardens.
Suzsr. incomr. L’acide sulfurique, l’alun, les sulfates de magnésie, de fer, de zinc et de cuivre. Prér. On traite les platras par l’eau, pour dis! soudre les nitrates de potasse, de chaux et de magnésie, et les hydrochlorates qu’ils contiennent ; ensuite on verse dans la dissolution , du sulfate de potasse , qui transforme les nitrates de chaux et de magnésie en nitrate de potasse.
U. À hautes doses, il irrite vivement la surface gastro-intestinale, et produit par sympathie, l’abat- | tement, la lenteur du pouls , Ja diminution de la chaleur , l'anxiété, etc.; à petites doses, il ne produit pas ces effets, mais paraît exercer une influence spéciale sur la sécrétion de l'urine. Aussi Pemploie-t-on comme diurétique, dans la deuxième période desinflammations aiguës des voiesurinaires, dans les épanchemens séreux, etc. On s’en sert aussi , comme excitant , dans les fièvres ataxiques.
D. Er M. p'4n. Comme diurétique , g' yj à xx dans tb j de véhicule mucilagineux et acide. Comme stimulant, en pilules, (nitre g" ij et camphre g' iv) n° iv ou v par jour. Trochisques de nitrate de potasse. E. (nitre 1 p., sucre 3, mucilage de gom. adragant. q. s.) 3 jàij.
ÂcéTATE DE POTASsE, Acetas polassæ. Terre foliée de tartre. Sel qui se trouve dans la sève de presque. tous les végétaux. |
P. P. Cristallise en paillettes blanches, brillantes, extrèmement déliquescentes ; saveur piquante ;. odeur faible , mais particulière.
| (207 ) | . P. CG. Une partie d’eau dissout à froid 1, 5 de ce sel. Il est soluble dans l’alcool.
Suzs, incomr. La plupart des fruits acides , presque tous les acides et un grand nombre de sels.
Prér. En saturant une dissolution de sous-car-
bonate de potasse avec du vinaigre distillé,
U. A petites doses , il est diurétique, et est alors employé dans les mêmes cas que les substances précédentes ; à plus hautes doses , c’est un cathartique très-doux.
D. sr M. p’an. Comme diurétique, "3 j à 3 j, en dissolution, plusieurs fois le jour. Comme cathartique ,
Bivaz ji.
ÂGÉTATE DE SOUDE. Acetas sodæ. Terre foliée minérale.
P. P. Cristallise en longs prismes cannelés, inaltérables à Vair ; d’une saveur piquante et amère. :
P. CG. Soluble dans 3 p. d’eau froide et dans une moindre quantité d’eau bouillante, Les cristaux renferment un tiers de leur poids d’eau de cristallisation.
Prér. En saturant du sous-carbonate de soude par du vinaigre.
U.Les mêmes que ceux da précédent; mais il est moins actif.
D. er M. p'an. 3 ij à iv.
SAVON AMYGDALIN, Sapo medicinalis. Sapo ex sodà
amygdalinus.
Les savons sont des composés produits par l’action des bases salifiables sur les corps gras. Les huiles sont ainsi transformées en un principe doux et en acides margarique et oléïque, qui se combinent avec la base salifiable pour former le savon , qui est un véritable sel. Pendant la saponification des graisses animales, il se produit aussi de l'acide stéarique. Tous les savons, excepté ceux à base de polasse, de soude et d'ammoniaque , sont insolubles dans l’eau. Le savon médicinal est formé de soude et d’huile d'amandes douces.
P. P. Solide , blanc, saveur légèrement alcaline; se dessèche à l’air.
P. C. Est soluble dans l’eau , l’alcool et l’éther.
Suss. iNcomr. Les acides et tous les sels solubles : exceptés ceux à bases de soude, de potasse et d’ammoniaque , les substances tannantes , etc.
Pnér. En faisant agir 210 p. d’huile d'amandes douces sur 100 d’une dissolution de soude à 360.
U. Administré à l’intérieur , il excite les organes digestifs, et paraît agir comme diurétique , sans cependant accélérer la circulation. Son usage, long-temps continué, paraît affaiblir tous les tissus ; car il survient une pâleur générale , de la bouffissure ou de l’amaîgrissement , de la faiblesse, des hémorragies , etc. On l’emploie pour combattre les indurations , les engorgemens des viscères abdo-
minaux , les tumeurs scrophuleuses, la goutte,
à Lib:
( 209 la dyssenterie, etc. Ainsi que les autres préparations alcalines, on le conseille dans les cas de gravelle. Enfin , l’eau de savon est très-utile dans les cas d’empoisonnement par les acides, pour neutraliser ces substances.
On se sert aussi de ce médicament à l'extérieur, dans des cas d’engorgemens glanduleux , de tumeurs indolentes , etc.
D. Er M. p’An. En substance, g' x à 3 j (progressivement) 2 ou 3 fois par jour. Pilules de savon. P. (Savon. 250, racine de gâimauve en poudre 32 p., et nitrale dé polasse 8), g' x à D 1j. Pilules de savon composées. (Voyez Opium, Assa-fétida, Scille, Aloës, Colchique, ete.) En lavemens, en suppositoires, etc. À l'extérieur, en dissolution , g. q. Emplätre de savon. (emp. d’oxide de plomb 4 p., emp. gommeux 2 p., savon 1 p.) q. q. Liniment de savon camphré. (Voyez C'amphre.)
MÉDICAMENS DIURÉTIQUES TIRÉS DU RÉGNE VÉGÉTAL, Famille des Liliacées.
C. B. Monccotyl. ; étam. épigynes; lige herbacée ; feuilles alternes ; cal. pélaloïde à 6 sépales; pistil libre; style sis ple, manque quelquefois ; stygmate irilobé ; ovaire triloculaire; fruit, capsule triloculaire à 3 valves, polysperme.
"Sorzre. Scillæ seu squillæ radix. Scilla maritima. L. Plante indigène, qui croît sur les bords de la mer. P, U. Les écailles du bulbe.
( 210 ) €. B. Feuilles radicales , ovales » lancéolées, d’un vert foncé; hampe de 2 ou 3 pieds de haut; fleurs blanches, pédonculées, en épi terminal ; cal, à sépales étalés ; étam. à filets simples ; capsule trigone.
P. P. Bulbe ovoïde, très-gros, recouvert de membranes brunes, et formé à l’intérieur de luniques épaisses, charnues et remplies d’un sue visqueux ; les écailles extérieures sont rougeâtres ;. les autres sont blanchâtres. L’odeur de la scille est pénétrante , mais se perd par la dessication: sa saveur est âcre et amère. Les écaïlles desséchées portent le nom de Squames de scille.
P. GC. Elles contiennent, d’après M. Vogel, 1°35 d’un principe particulier très -amer , inodore!, incolore , transparent, friable , déliquescent, trèssoluble dans l'eau, dans l'alcool et dansle vinaigre, que lon nomme Scillitine, et qui paraît être la partie active de la scille; 2° 24 de tannin ; 3° 6 de gomme ; 4° 350 de ligneux, et 5° des traces de matières sucrées et de citrate de chaux.
. U. L’action de la scille sur l’estomac peut occasioner des nausées, des vomissemens-et des coliques; mais lorsqu'elle est absorbée , elle porte principalement son action sur les reins, et occasionne l’augmentation de la sécrétion de l’urine, ou même la strangurie et l’émission d’urines sanguinolentes : elle exerce aussi une influence stimulante très-marquée sur la sécrétion bronchique, . et à fortes doses , porte son influence sur le système
( 211 ) nerveux , et détermine des mouvemens convulsifs , etc. Il paraît aussi qu’elle ralentit le pouls. C’est principalement comme diurétique et excitant général, que l’on fait usage de cette substance dans les hydropisies, etc. On en conseille aussi l’usage à la fin des catarrhes pulmonaires et
des toux chroniques, pour faciliter l’expectora- .
tion. Enfin, administrée de manière à occasioner des nausées continuelles, elle paraît pouvoir être très-utile dans le traitement de certaines affections tuberculeuses.
D. Er M. D’an, Poudre, g' j à x. Vin scaillitique. P..
(scille 1 p., vin 16 p.), Z àj. Teinture, gouttes xv à.3 j. Vinaigre scillitique. P. (scille 8 p., vinaigre 64 p., et alcool 1p.), 3 8 à 3 j. Miel scillitique. P. (la seille y enire pour 1/6). 3 8 à 3 à. Oxymél scillitique. P. (vinaigre Scillitique 1 p., miel 2 p.), 3 j à üj. Pilules ai en à P. (scille 3 p., gomme ammoniaque 1 p., oxymel. q. s.) g"ij à M, 2 ou 3 fois le jour. Pilules de scille comp. L. Éscille 3 j. gingembre et savon, ana 3 üj, gomme ammoniaque 3ij}), gx à 3 j. Vin scillitique amer, ou Fin diurétique. P. (écorce de quinquina, de Winter et de citron , ana 4 p., racine de dompie-venin, squames de scille et angélique, ana 2 5 P genièvre et macis, ana 1 p., et vin blanc 128 p-), 3 R: à ij, plusieurs fois le jour.
Famille des Erycinées.
C. B. Dicotÿl. monopét. ; étam. périgynes ; tiges ligneuses : tal. monosép. persistant, à 4 ou 5 div.; corolle à 5 lobes , en général persistante ; 8 ou 10 élam.; style et stygmale sim-
ples; ovaire libre, à 5 loges; fruit, capsule à 5 loges et à 5
valves. À Bosseroze ou RA1sIN p’ours. Folia uvæ ursi. Ar-
butus uva ursi. L. Arbuste indigène, très-commun
dans les montagnes. P. U. Les feuilles.
C. B. Tige rampante ; feuilles alternes; cal. étalé, irèspetit; corolle tubuleuse urcéolée ; 10 étam. ; anthères rouges ; fleurs en capitule terminal, accompagné de 3 braciées ; fruit, baie rouge, pisiforme.
P. P. Feuilles épaisses, luisantes, d’un vert foncé en dessus , d’un vert clair en dessous, assez semblables à celles du buis; inodores; d’une saveur astringente et un peu amère.
P. C. Contient du tannin, du mucus, une ma-
-tière extractive amère, de [a résine, de l’acide
gallique, etc. L’eau s’empare de ses principes actifs.
U. On a beaucoup exagéré les propriétés médi- ?
cinales de cette plante : quoi qu’il en soit, elle paraît agir comme diurétique. On l’emploie dans les affections néphrétiques et calculeuses , la blennorrhagie, etc.
D.er M.p’4n. Poudre, D j à 3 j.Décoction ou infusion,
3j à iv pan it j. d'eau.
Famille des Urticées.
CIE (Foyez p. 92.)
PARIÉTAIRE. Parietariæ herba. Parietaria offict-
Fa19) , nalis. L. Plante indigène, vivace, qui croît en abondance dans les vieux murs.
C. B. Tiges herbacées ; feuilles ovales, velues ; fleurs polygames, axillaires ; calice tubuleux, persistant, à 4 div; 4 élam. ; akène ovoïde, renfermé dans le calice.
P. P. Toutes les parties de cette“plante sont inodores, et ont une saveur herbacte un peu salée.
P. G. Elle contient du nitrate de potasse et beaucoup de mucilage.
U. Diurétique faible , cependant très-employée dans les affections inflammatoires des voies urinaires.
D. #r M. p’AD. Infusion, manip. j. par Eb j. d’eau. Sue exprimé, % ijàiv. En Ryemegggt en cataplasmes.
Famille des Asparaginées.
C. B. Monocotyÿl.; élam. épigynes ; tige herbacée ou sarmenteuse; racine fibreuse; cal. pélaloïde à 4 ou 6 sépales; même nombre d’étamines; style simple ou trifide ;
| stygmate trilobé ; ovaire à 3 loges; fruit, baie globuleuse.
» AsPerce. Asparagus officinalis. L. Plante indigène. P. U. La racine et les jeunes pousses.
C. B. Tige dressée, cylindrique, glabre; feuilles capillaires, fasciculées ; fleurs petites, d’un jaune verdâtre, unisexuées; cal. campanulé; siyle trigone ; 3 siygmates; baies pisiformes à 3 loges.
P. P. La racine est écailleuse , cylindrique, char-