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PLAIES PAR ARMES A FEU

OS. Quant au pronostic, on peut dire que la plaie produite par les grains de plomb est plus dangereuse que celle d'une balle si le coup a été tiré de très près et qu'elle est au contraire moins dangereuse lorsque le coup a été tiré à une assez grande distance.

Il y a un grand intérêt à reconnaître Vespèce de poudre employée. Est-ce de la poudre de chasse, de guerre ou de mine ? On peut souvent s'en assurer en examinant le diamètre des grains qui ont échappé à la combustion. Mais il est à remarquer que, avec les armes nouvelles, un bien petit nombre de grains échappent à la combustion. D'après M. Tourdes, ces grains, dont le diamètre est de six dixièmes à un quart ou à un cinquième de millimètre, la densité de 0,8 à 0,9, et le nombre de 388 à 2023 et plus par gramme, constituent de petits projectiles qui pénètrent plus ou moins dans les tissus et peuvent servir à indiquer la distance du coup.

Lorsque le coup a été tiré de très près avec une arme chargée seulement à poudre, la JÎourt^e, qui ne forme qu'une masse avec les grains de poudre qui ont échappé à la combustion, peut produire une lésion et même pénétrer dans les téguments, mais il faut pour cela que l'arme soit d'un fort calibre et ait été munie d'une double charge de poudre. Si le coup a été tiré à une certaine distance (au delà de 19 centimètres), la bourre ne peut plus déterminer aucune lésion grave et peut tout au plus produire une petite brûlure avec pénétration des grains de poudre si la charge atteint la peau nue.

4° Trajet delà blessure. — Dans quelle direction le coup a-t-ildté tiré'! — Elle se détermine par l'examen du trajet de la blessure, par l'état des vêtements et par la constatation des ouvertures d^entrée et de sortie.

Le trajet de la blessure va en s'élargissant par suite de la rotation de la balle, qui souvent creuse devant elle un canal où elle se loge en formant à la fin de son trajet une sorte de culde-sac terminal. Il y a un grand nombre de causes qui peuvent faire dévier le projectile de sa direction primitive; les os, les tendons, les muscles contractés et même la simple différence de densité des tissus peuvent produire des déviations dont l'expert devra tenir compte. Tourdes rapporte que, dans un duel où un homme de haute taille avait été mortellement atteint à la poitrine par son adversaire plus petit, la direction de la blessure de haut en bas fit d'abord croire à un meurtre,

mais l'expert découvrit à la clavicule un point lésé sur lequel

la balle s'était réfléchie ; changeant là de direction, elle s'était

abaissée et avait traversé le thorax de haut en bas et d'avant

en arrière. Cependant, lorsque le coup a été tiré de près, la

direction première est généralement conservée dans tout le

■trajet.

Vétat des vêtements peut également fournir quelques indices. Lorsque le projectile emporte avec lui une parcelle de l'étofTe qui pénètre dans les tissus, on ne peut conserver aucun doute sur l'ouverture d'entrée. On peut également tirer des indices d'une sortie en fente et de la disposition des ouvertures.

Les ouvertures d'entrée et de sortie de la balle présentent des signes caractéristiques d'une grande valeur : on avait admis pendant longtemps que l'ouverture d'entrée est plus étroite que celle de sortie; cela est vrai pour les plaies faites à distance, mais il est maintenant reconnu que pour les plaies faites à une distance de moins de 2 ou 3 mètres, l'ouverture d'entrée l'emporte sur V ouverture de sortie. Un autre caractère important des plaies par armes à feu faites à distance, c'est que, dans l'ouverture d'entrée, il y a netteté et enfoncement des bords, tandis que dans la plaie de sortie les bords forment une saillie, sont irréguliers et souvent déchiquetés en petits lambeaux.

Une règle dont ne doit jamais se départir le médecin légiste est de se faire adjoindre par le juge d'instruction un armurier ou toute autre personne ayant une grande expérience du maniement des armes, (c Si l'expert n'est pas assisté par un spécialiste, dit M. Brouardel, un des membres du jury possédera ou croira posséder des connaissances plus précises que celles du médecin et, en assises, la discussion aura lieu entre le juré et le médecin avec une infériorité de position évidente pour celui-ci )>.

Nous n'avons fait qu'esquisser les principaux caractères des plaies par armes à feu, et nous renvoyons aux traités de chirurgie de guerre pour l'étude clinique des effets produits par les nombreux projectiles employés aujourd'hui. Nous étudierons dans une autre partie de cet ouvrage les indices quipeu- Tent être fournis par l'examen de l'arme.

DES BRULURES. 203

§ 7. — Des brûlures.

Les brûlures sont des le'sions plus ou moins graves produites sur une partie vivante par l'action plus ou moins prolongée ou du calorique concentré ou de certains agents désignés sous le nom de caustiques. On peut donc en. distinguer deux espèces : les brûlures par le calorique concentré et les brûlures par les caustiques.

a) lies brûlures par le calorique concentré ou brûlures proprement dites sont habituellement le résultat d'accidents ; néanmoins le médecin aura souvent à les constater pour déterminer l'étendue du dommage causé par cet accident. D'après la profondeurdes altérations éprouvées parles tissus, Dupuytren admettait six degrés de brûlures et cette division est encore employée aujourd'hui.

Dans le premier degré, il y a inflammation superficielle de la peau caractérisée par de la rougeur sans phlyctènes.

Dans le second, il y a inflammation très vive et formation immédiate de phlyctènes pleines d'une sérosité citrine et transparente dont les caractères chimiques sont toujours semblables. La suppuration de la plaie n'est pas constante.

Dans le troisième, il y a désorganisation du corps papillaire de la peau caractérisée par des taches grises, jaunes ou brunes. Les eschares tombent et sont remplacées par des ulcérations superflcielles dont les cicatrices se forment sans produire de rétraction mais en laissant des marques indélébiles.

Dans le quatrième, il y a escharification complète du derme, qui est désorganisé jusqu'au tissu cellulaire sous-cutané. Les eschares sont solides, épaisses ; le travail éliminatoire commence vers le sixième jour et la chute de l'eschare laisse à <iécouvert une plaie profonde, dont la cicatrisation est très lon- ^'ue et peut laisser une rétraction plus ou moins grave selon la partie atteinte.

Dans le cinquième degré, les parties superficielles et les tissus sous-jacents sont convertis en une vaste eschare et la combustion s'étend jusqu'aux os. Les phénomènes sont analogues à ceux du degré précédent, mais les désordres sont beaucoup plus considérables et les eschares sont très longues à se détacher.

Enfin, dans le sixième degré, la carbonisation est complète et la combustion a envahi tout le membre. Si les désordres n'ont pas produit la mort, ils occasionnent nécessairement la perte d'un membre ou d'une portion de membre et entraînent, par conséquent, une infirmité grave.

Le pronostic n'est pas toujours en rapport avec le deprré de la blessure ; il dépend surtout de leur étendue et de leur profondeur. Une blessure au premier degré peut très rapidement occasionner la mort, qui est alors le résultat de la douleur et de l'épuisement nerveux. L'inflammation secondaire et l'abondance de la suppuration aggravent également le pronostic.

Chez les personnes qui succombent victimes d'un incendie, il peut se faire que la mort soit due plutôt à l'absorption de l'oxyde de carbone qu'aux brûlures proprement dites. Lors de l'incendie de FOpéra-Comique de Paris survenu en 1888, on a constaté chez plusieurs victimes la présence de l'oxyde de carbone dans le sang alors que le corps pe présentait aucune trace de brûlures.

b) Brûlure?, produites par les agents corrosifs. — Acide suif urique. — Les brûlures par les caustiques sont surtout produites par des agents liquides dans l'intention de défigurer. La jalousie est presque toujours le mobile des criminels, qui appartiennent en grande partie au sexe féminin. L'acide sulfurique est le plus employé parmi ces caustiques. Il produit des taches grisâtres qui deviennent d'autant plus noires que le contacta - été plus long ; ces eschares sont alors entourées d'un cercle grisâtre sur lequel l'épiderme est peu adhérent. Lorsque le contact a été prolongé, l€L brûlure est entourée de petits plis rayonnes. Les eschares produites par l'acide nitrique ou chlorhydrique sont jaunâtres et bordées d'un liséré rouge ; elles se dessèchent par l'évaporation et tombent vers le quinzième jour. Les brûlures par les caustiques laissent des cicatrices indélébiles.

Il est à remarquer que les brûlures produites par les agents corrosifs présentent partout le même aspect, tandis que celles qui résultent de l'action directe de la flamme ou d'un corps chaud déterminent des lésions qui varient suivant les diverses points atteints.

> Il est bon de rappeler que l'examen des vêtements fournit le plus souvent des données utiles pour reconnaître la nature

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