BLESSURES QUANT A LEUR SIÈGE
OU moins de gravité, selon que l'instrument vulnérant a atteint les viscères du thorax ou qu'il n'a pas dépassé les parois de cette cavité ; d'où la division classique en blessures non pénétrantes et blessures pénétrantes.
On trouvera dans tous les traités de pathologie externe la description des symptômes qui caractérisent les blessures de la poitrine. Nous signalerons seulement quelques particularités relatives aux plaies des poumons et du cœur. Lorsque le poumon a été atteint, s'il n'y a pas d'hémorrhagie abondante qui enlève le malade par syncope ou par compression de poumons et du cœur, on peut espérer sauver le blessé' et le diagnostic doit être réservé. Les plaies pénétrantes de cet organe se reconnaissent à l'hémoptysie, à l'issue du sang par la plaie extérieure et à l'emphysème ; mais il ne faut pas oublier que l'emphysème des parois thoraciques ne prouve pas la pénétration, car on l'a rencontré dans des cas de blessures non pénétrantes ; il était alors dû à l'aspiration de l'air à travers la plaie et à la contraction des muscles qui faisaient l'office de piston.
Les plaies du cœur ne sont par inévitablement et instantanément mortelles. Un certain nombre de faits attestent la curabilité exceptionnelle de ces blessures. La rapidité de la mort dépend du siège et de l'étendue de la lésion. Sur 24 cas de blessures isolées du ventricule droit rapportés par Ollivier d'Angers, 2 seulement ont causé la mort en moins de quarantehuit heures ; pour les autres, la vie s'est prolongée du quatrième au huitième jour. Sur 12 plaies du ventricule gauche, 3 n'ont pas été immédiatement mortelles. La blessure des oreillettes entraîne presque toujours une mort immédiate.
1). Abdomen et organes génitaux. Castration. — Les plaies de l'abdomen ont été également divisées en plaies non pénétrantes et en plaies pénétrantes. Les premières n'offrent pas plus de danger que les plaies ordinaires, lorsque la solution de continuité n'est pas très étendue. Il y a cependant des plaies non pénétrantes qui présentent un certain degré de gravité. Ce sont celles qui, en raison de leur profondeur et de leur grande étendue, peuvent donner lieu à une inflammation du tissu cellulaire de la paroi et, par suite, à un phlegmon diffus ; cette inflammation peut se propager au péritoine, mais c'est là une complication 4rès rare, car les vomissements bileux et les douleurs abdomi-
nales qu'on, observe dans ces cas sont, le plus souvent, dus à des accidents sympathiques. Le pronostic doit toujours être réservé, car il peut arriver que la blessure ou la contusion paraisse très légère et que quelque organe intérieur ait été lésé. Il est important de rappeler que la hernie intestinale est fréquente à la suite des contusions et des blessures de l'abdomen. On s'est demandé si un coup violent porté à Fhypogastre pouvait déterminer une mort immédiate. Le fait n'est pas établi par des exemples authentiques, mais on a cité des cas de mort rapide survenus après des contusions de l'abdomen qui avaient produit des déchirures de viscères ou des hémorrhagies abondantes.
Il est bien démontré aujourd'hui qu'il peut exister des contusions graves de l'abdomen sans qu'il y ait aucune ecchymose de la paroi. M. le D"^ Laugier a signalé plusieurs faits de ce genre i.
Les plaies pénétrantes sont plus ou moins graves, selon qu'elles sont simples, c'est-à-dire sans lésion des viscères, ou com^ pliquées, c'est-à-dire avec lésion d'un ou de plusieurs viscères. Les premières, qui se distinguent quelque fois difficilement des plaies non pénétrantes, n'en sont pas moins des blessures graves à cause de la péritonite qui en est fréquemment la suite. Les secondes, qui sont toujours très graves, présentent des symptômes variables, selon l'organe atteint. Dans tous les cas de blessures de l'abdomen, le médecin devra se garder d'introduire le doigt ou des instruments explorateurs pour acquérir la certitude delà pénétration ou de la non-pénétration. Cette intervention, qui est presque toujours inutile, est souvent dangereuse.