DES BLESSURES QUANT A LEUR SIÈGE
Lorsqu'il s'agira de déterminer la date d'une fracture, l'expert trouvera des signes d'une grande valeur dans les caractères fournis parla consolidation du tissu osseux. Dans la première semaine, les os sont entourés de sang et de lymphe plastique : dans la seconde, on trouve des vaisseaux et une matière nouvelle comme cartilagineuse ; dans la troisième, il y a un commencement d'ossification. La consolidation est complète au bout de huit à dix semaines. Le cal constitue pendant un temps variable une tumeur dont la constatation est presque toujours facile. Il n'est pas nécessaire de rappeler à l'expert que diverses circonstances peuvent altérer la marche que nous venons d'indiquer pour la consolidation des fractures.
§ 9. — Des blessures considérées quant à leur siège.
La spécialité des organes et des régions introduit dans le diagnostic et dans le pronostic des blessures certaines modifications importantes que nous allons signaler.
A. Blessures de la tête et du rachis. — Pour les blessures de la tète, M. Tourdes donne les caractères suivants : « i^ L'innocuité apparente de certaines blessures qui, plus tard, s'accompagnent des accidents les plus graves, et par contre la guérison facile de désordres considérables ; 2o la preuve de la fracture de la base du crâne : l'écoulement de sang par l'oreille ; la curabilité de ses fractures ; 3» la commotion cérébrale, son influence sur la mémoire et notamment sur le souvenir des dernières impressions; le contre-coup, la lésion cérébrale du côté opposé ; 4o la possibilité de certains actes ; la connaissance de la parole conservées pendant les derniers moments ; 5° le diagnostic différentiel de l'ivresse et des effets d'une lésion cérébrale ; 6" l'épanchement traumatique et l'apoplexie : l'altération des vaisseaux, le siège de la lésion dans le parenchyme caractérisent la lésion spontanée; mais la violence a pu être infligée à une personne dont les artères athéromateuses se sont rompues facilement. »
Les lésions du rachis présentent quelques particularités sur lesquelles Legrand du Saulle appelle l'attention des médecins experts. Nous les résumons en quelques lignes: 1° les fractures des vertèbres déterminent fréquemment des paraly-
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sies secondaires qui ne surviennent souvent qu'après la consolidation de la fracture ; 2^ des he'morrhagies méningées intrarachidiennes ne déterminent quelquefois la mort que par les progrès de l'épanchement sanguin, qui finit par occuper tout le fourreau médullaire et vient ainsi comprimer le bulbe ; 3° dans les cas de chutes ou de chocs violents portant sur le rachis, il peut survenir des paraplégies passagères et même des commotions mortelles sans qu'il y ait la moindre lésion matérielle du système nerveux ; 4° dans certains cas de flexion et d'extension forcée de la colonne, la tête étant appuyée, il peut survenir des accidents paraplégiques en apparence très graves et qui aboutissent à une guérison complète. Ces accidents ont été attribués à une élongation de la moelle.
B. Blessures de la face et du cou. — Les blessures simples de la face guérissent habituellement par première intention en quatre ou cinq jours ou par suppuration en quinze ou vingt jours; mais lorsqu'elles sont plus graves, elles peuvent soulever des questions relatives aux difformités. On a signalé la gravité de certaines plaies de l'arcade sourcilière qui pouvaient produire la paralysie des paupières et l'amaurose ; de l'œil, qui pouvaient produire des lésions variées de cet organe. Les blessures du nez peuvent donner lieu à une fracture ou à un écrasement du vomer ou des os propres et produire ainsi une difformité considérable. On a également signalé les fractures de l'ethmoïde et le tétanos comme accidents possibles à la suite d'une violente contusion du nez.
Les blessures du cou sont souvent dangereuses et leur gravité dépend de l'importance des organes lésés. Les plaies faites sur la partie antérieure du cou sont presque toujours transversales ; elles ont alors leurs bords écartés par suite de la rétraction des muscles sectionnés. Ces plaies sont rapidement mortelles lorsqu'elles atteignent les troncs artériels de la région. La section des principaux troncs nerveux : grand sympathique, nerfs de la deuxième paire, peut également déterminer la mort ; celle du nerf récurrent produit l'aphonie, mais il est très rare qu'on observe isolément la section des nerfs. Les plaies du larynx et de l'œsophage sont, en général, très graves et compromettent la vie dans la majorité des cas.
G. Thorax. — Les blessures de la poitrine acquièrent plus '