‹ Manuel de médecine légaleChapitre 113 sur 353 · BLESSURES DES ORGANES GÉNITAUX. — CASTRATION · texte numérisé non relu

BLESSURES DES ORGANES GÉNITAUX. — CASTRATION

Le crime de castration existe chaque fois qu'il y a amputation, non seulement des testicules, mais encore d'un organe quelconque nécessaire à l'accomplissement des fonctions ge'nératrices (arrêt de la Cour de cassation, ler septembre 1814), L'amputation seule de la verge serait donc suffisante qour constituer le crime. Cette mutilation est assez rare aujourd'hui, en tant que tentative criminelle, et ne s'observe guère que comme acte de folie, de jalousie ou de fanatisme. On sait que le crime de castration est excusable losqu'il a été immédiatement provoqué par un outrage violent k la pudeur (voy. Législation^ p. 184).

La castration est constituée, chez la femme, par Tenlèvenient des ovaires, et ne semble pas devoir prendre place parmi les tentatives criminelles visées par la loi.

E. Membres. — Os. — Articulations. — Les blessures des m embres ne sont pas, en général, très graves, à moins qu'il n'y ait section d'un vaisseau ou d'un nerf important. Parmi les complications possibles, nous citerons; 1° le phlegmon diffus ; 2° la division du plexus brachial ou du nerf sciatique ; 3° l'anévrysme simple et l'anévrysme artérioso-veineux.

Les accidents le plus fréquemment observés sur les os • sont les fractures et les ostéo-périostites. En ce qui concerne le pronostic et la durée nécessaire à laguérison des fractures, nous dirons, avec Legrand du Saulle, que l'expert ne doit pas s'en tenir aux données par trop favorables qui se trouvent consignées dans les livres de chirurgie. Le chirurgien p#ut considérer une fracture de jambe comme guérie au bout de quarante jours, mais cette guérison n'est pas assez complète pour permettre au malade l'usage du membre et l'exercice d'une profession active.

La contusion des os est fréquemment suivie, chez les enfants et chez les adolescents, d'ostéo-périostites dont le pronostic est en gcméral très grave.

Les plaies et les contusions des articulations sont souvent, graves, surtout lorsque l'article a été pénétré. Elles exigent, en général, un repos longtemps continué et peuvent être l'origine d'arthrites persistantes et d'ankyloses. Nous ne dirons rien des luxations : c'est à l'expert à apprécier, selon les circonstances, la gravité du cas et la durée probable de la maladie.

§ 10. — Blessures résultant des accidents de ' chemins de fer.

Les accidents de chemins de fer donnent lieu à des applications médico-légales extrêmement fréquentes etd'un grand intérêt. Ils ont été particulièrement étudiés en Angleterre et désignés sous le nom général de railway pathology. M. Tourdes leur a consacré une excellente note dans son article blessures du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Comme dans la plupart des cas de blessures accidentelles ou par imprudence, rintervention médicale est utile, tant pour écarter l'idée de crime que pour fournir aux tribunaux les notions nécessaires pour fixer l'étendue du dommage matériel ; elle est encore nécessaire pour déterminer s'il y a eu imprudence de la part de la victime.

D'après M. Tourdes, les genres d'accidents peuvent se diviser ainsi ; le tamponnement qu'on observe sur les hommes d'équipe, les employés et les personnes imprudentes qui sont saisies entre deux voitures. « Le thorax est aplati d'avant en arrière, ou un peu obliquement, suivant le lieu d'application des tampons ; la peau est intacte ou à peine ecchymosée, la cage thoracique a éclaté, on rencontre des fractures multipliées des côtes, du sternum et du rachis, avec déchirure du poumon du cœur et des gros vaisseaux; la mort est instantanée ; 20 Vécrasement sur les rails ; on observe alors des empreintes allongées et souvent la section complète d'une partie du corps ; à côté des parties bro3'ées, il s'en présente d'autres sans lésions. Le chasse-pierres laisse souvent des empreintes spéciales et amène de l'irrégularité dans le siège et la forme des lésions ; 3o les chutes d'un wagon ; on observe alors les effets combinés de la contusion et de la commotion. « Les chutes, par l'effet même de l'impulsion horizontale, se font souvent contre les rails et une partie" du corps est broyée. » Les traces de luttes permettront de déterminer si le corps est tombé accidentellement ou s'il a été projeté par des efforts criminels ; 4° les chocs et les collisions de trains ; ici encore on observe les caractères de la contusion et de la commotion.^ « On a calculé que, dans les chocs, les effets produits sur un corps par la projection horizontale sont les mêmes que ceux

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