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DES RÉCIDIVISTES

C'est à M. Alphonse Bertillon que revient l'honneur d'avoir imaginé et généralisé ce système qui permet de dresser avec précision le signalement d'un individu et de retrouver ce signalement de la façon la plus sûre. On procède en prenant les mensurations suivantes :

i° La longueur de la tête à l'aide d'un compas dont l'une des pointes est placée dans la concavité de la racine du nez et l'autre sur la concavité la plus saillante de l'occiput;

2** On mesure en suite très exactement la largeur de la tête d'un pariétal à, l'autre;

3» Mensuration du doigt médius gauche en plaçant ce doigt d'équerre par rapport au dos de la main et en rognant la partie libre de l'ongle ;

4° Mensuration de la longueur maxima du pied gauche, le sujet étant déchaussé et ne reposant à terre que sur la jambe gauche, le genou droit étant plié;

5" Mensuration de la longueur maxima des bras étendus en croix;

6° Mensuration aussi précise que possible de la taille totale de Tindividu.

7» Signalement de la couleur de l'œil gauche d'après une classification établie.

On ajoute ensuite, aux sept éléments fournis par ce signale-

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ment, les signes particuliers (cicatrices, coupures, nœvi, grains de beauté, etc.).

Lorsque le signalement est relevé d'après ces règles précises, on reconnaît si un individu a déjà été condamné sous un autre nom et figure sur les fiches anthropométriques de la façon suivante :

La longueur de la tête rentre dans une des trois catégories qui ont été établies dans une classification en grandes, moyennes ou petites. Les deux tiers des fiches signalitiques peuvent être ainsi éliminées. Pour le tiers restant, on élimine encore deux autres tiers en se basant sur la largeur de la tête, également divisée en trois catégories.

On procède de la même façon pour les autres éléments fournis par le signalement et on arrive, par des éliminations successives, à un petit groupe de fiches, une dizaine environ, dans lesquelles on cherche celle où se trouvent les dimensions correspondant à celles qui ont été relevées sur l'individu suspect de récidivisme.

Ces éléments permettent d'arriver à une certitude à peu près absolue, on trouve du reste sur la fiche de chaque individu, outre les indications fournies par la mensuration, la photographie du condamné, ainsi que l'indication des signes particuliers.

Tous les médecins des prisons doivent connaître les applications du signalement anthropométrique qui fonctionne dans plusieurs grandes villes et a donné des résultats merveilleux. Le service d'anthropométrie de Paris, créé par M. Bertillon, fournit, à tous les médecins qui lui en adressent la demande, les renseignements les plus précis sur l'application de ce système qui permet, à coup sûr, de reconnaître le récidiviste.

î , — Identification des diverses pièces d'un cadavre dépecé.

Les faits de dépeçage d'un cadavre, dans le but d'en faire disparaître plus sûrement les traces, sont devenus extrême- i ment fréquents pendant ces dernières années. M. Lacassagné a pu en observer ou en signaler plus de 40 cas, dont plusieurs sont encore présents à l'esprit (affaire Prévôt, dépeçage par un garçon boucher ; affaires Lebiez et Avinain, dépeçage par un étudiant en médecine et un garçon d'amphithéâtre).

Dans ces cas la façon dont le dépeçage a été effectué a pu

INDICES DE l'identité SUR LE CADAVRE. 277

fournir quelques indications utiles sur la profession exercée par le criminel. C'est ainsi que, dans les affaires Lebiez et Avinain, laprécision avec laquelle la dissection avait eu lieu a pu faire soupçonner un étudiant en me'decine, ou une personne exercée aux manœuvres de dissection. Le même fait a été observé dans l'affaire Prévost où le criminel était un garçon boucher.

On demande parfois à l'expert si la quantité de sang ou de liquides produits par le dépeçage a pu être dissimulée ou si les taches trouvées sont dues aux liquides provenant de la section du corps. La quantité de sang produite par le dépeçage est beaucoup plus considérable lorsque celui-ci a lieu immédiatement après la mort ; mais cette quantité dépasse rarement un litre.

Enfin on demandera à l'expert quels sont les instruments employés pour le dépeçage. Celui-ci sera guidépar les considérations que nous avons exposées en décrivant les diverses variétés de plaies et blessures. On reconnaît la nature de l'instrument à la forme des entailles, aux traces laissées par la scie, etc.

§ 2. — Indices de Tidentité sur le cadavre et le squelette.

Presque tous les caractères que nous venons de décrire, et qui sont tous propres à établir l'identité de l'individu vivant, sont également applicables au cadavre ; cependant, si celui-ci est dans un état de putréfaction avancée ou s'il est réduit à l'état de squelette, il faut avoir recours à d'autres caractères pour constater l'identité. Les belles recherches d'Orfila et des médecins légistes qui l'ont suivi nous ont fourni à cet égard de précieux moyens de contrôle.

L'expert chargé de constater l'identité d'un cadavre devra noter avec soin l'état de décomposition et faire aussi exactement que possible le signalement de l'individu décédé. Lorsque les circonstances le permettront, il aura recours à la photographie, qui reproduira non seulement les traits du cadavre, mais encore l'aspect et la disposition des lieux qui ont été le théâtre de l'événement.

Les recherches porteront ensuite sur Vâge, le sexe et la stature.

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A. — DÉTERMINATION DE l'aGE.

Nous avons étudié au chapitre de l'infanticide (page loO)les caractères propres à déterminer l'âge pendant la vie intra-utérine et pendant la vie extra-utérine jusqu'au quarante-cinquième jour. Nous allons reprendre l'étude de ces caractères depuis la naissance jusqu'à la vieillesse.

Depuis la naissance jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, époque à laquelle le tissu osseux a acquis tout son développement, la détermination de l'âge s'appuie presque exclusivement sur les caractères fournis par la dentition et le développement des os.

Caractères fournis par le système dentaire. — Ces

caractères sont très nets pendant la période de développement et fournissent encore d'utiles indications après cette période. Le cloisonnement des alvéoles, la formation etTossification des follicules, caractérisent la vie fœtale. A la naissance, toutes les dents de lait et les quatre premières grdsses molaires de remplacement ont leurs points d'ossification.

L'éruption des premières dents a lieu ordinairement par groupes, du septième au trentième mois (Tourdes), et d'après l'ordre suivant : les incisives médianes inférieures, puis les supérieures, de sept à neuf mois ; les supérieures latérales, puis les inférieures, de neuf à douze mois; les petites molaires, puis les canines, de douze à dix-huit mois ; les secondes molaires, après deux ans.

La seconde dentition commence entre quatre et cinq ans par l'apparition des grosses molaires. De sept à neuf ans, les incisives se remplacent ; de iieuf à dix ans, les premières petites molaires et les canines ; vers onze ans, les secondes petites molaires ; de onze à douze ans, sortent les grosses molaires permanentes. Vers dix ans commence l'ossification de la cinquième molaire, ou dent de sagesse, mais elle n'apparaît qu'après la puberté, de dix-huit à vingt-cinq ans.

La dentition terminée, le système dentaire peut encore fournir quelques signes, que M. Tourdes énumère ainsi : destruction de l'émail, altération de la couleur, apparition de taches jaunes et noirâtres, ébranlement et chute des dents, rétrécissement et effacement des alvéoles. Les modifications du maxillaire sont caractéristiques.

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Caractères fournis par le système osseux. — k un an,

on trouve des points d'ossification dans les .cartilages de Textrémité infe'rieure de Thumérus et du cubitus, dans la tête de l'humérus, dans le cartilage supérieur du tibia, et dans la tête du fémur. A deux ans, un point d'ossification dans l'extrémité inférieure du tibia, du péroné et du radius, et au bord externe de la poulie de l'humérus. A deux ans et demi, un point osseux dans la grande tubérosité de la tête de l'humérus, dans la rotule et dans l'extrémité inférieure des quatre derniers métacarpiens, A trois ans, dans le grand trochanter et l'os pyramidal du carpe. A quatre ans, dans les deuxième et troisième cunéiformes du tarse. Acinq ans, dans la petite tubérosité humérale, l'extrémité supérieure du péroné, le trapèze et le scaphoïde du tarse. A six ans, rapprochement delà branche ascendante de l'ischion et descendante du pubis. A sept ans, points osseux dans l'épitrochlée humérale et les phalangines. A neuf a nu, rapprochement des trois pièces qui composent l'os coxal vers le fond de la cavité cotyloïde. A douze ans, les trois portions de l'os coxal sont prêtes à se confondre. A treize ans, le col du fémur est ossifié. A quinze ans, soudure de l'acromion et de l'apophyse coracoïde à l'omoplate. A dix-huit ans, les trois épiphyses de l'extrémité supérieure du fémur, celles des * os métacarpiens et métatarsiens et celles des phalanges se réunissent au corps des os. A vingt et un ans, soudure des épiphyses supérieure et inférieure du péroné et de Tépiphyse inférieure du fémur. A vingt-cinq ans^ soudure de l'extrémité sternale de la clavicule et de la crête iliaque.

A partir de vingt-cinq ans, il n'y a plus rien de significatif.

Pendant une partie de l'âge adulte, le tissu osseux devient plus dense, les soudures sont plus solides^, les éminences plus prononcées. Dans la vieillesse, les extrémités s'aplatissent, les os du crâne deviennent plus minces, le tissu conipacte diminue et le canal médullaire s'élargit.

Les soudures crâniennes sont membraneuses chez l'enfant, cartilagineuses chez l'adulte, osseuses chez le vieillard. Par suite de la raréfaction du tissu osseux et de l'élargissement de la cavité interne, le squelette du vieillard est beaucoup moins pesant que celui d'un adulte de même taille.

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