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PROVOQUÉES E'T DISSIMULÉES

On entend par maladie simulée un ensemble de symptômes déterminés par des moyens artificiels pour faire croire à une maladie qui n'existe pas. La maladie provoquée existe véritablement, mais elle résulte de manœuvres volontaires. La maladie dissimulée existe également, mais elle est cachée par le sujet qui a quelque intérêt a ne pas la faire connaître.

Le médecin militaire doit toujours se tenir en garde contre la simulation de la part des appelés soumis à son examen devant les conseils de révision, et même LuTAUD, Méd. lég. 20

des hommes sous les drapeaux qui cherchent à s'exempter d'un service ou à obtenir leur réforme.

Dans la visice des engagés et des rengagés, l'attention du médecin sera sans cesse éveillée par la possibilité de dissimulation d'états incompatibles avec le service militaire.

Les règles suivantes peuvent guider le médecin dans l'appréciation des maladies simulées.

Une maladie ou une infirmité étant accusée par un appelé ou par un soldat, le médecin doit, avant tout, s'assurer si elle est de nature à être simulée; c'est le point de départ obligé de tout examen ultérieur. Il fondera ses présomptions sur les rapports (|ui peuvent exister entre la maladie supposée et les conditions physiologiques, les occupations habituelles, l'habitation du sujet examiné ; il dirigera ses interrogations et ses explorations dans le même sens.

Les maladies provoquées présentent rarement des signes qui puissent indiquer leur origine. Elles ne peuvent, en général, être reconnues que lorsqu'elles sont récentes : dans les cas douteux, le médecin rapprochera les caractères qu'elles présentent de l'état général du sujet, de ses conditions habituelles d'existence et des motifs qui ont pu déterminer ses actes.

Les maladies dissimulées peuvent échapper à l'examen le plus attentif; telles sont notamment les maladies internes qui n'ont pas entraîné de désordres généraux et que rien ne peut faire soupçonner, les affections intermittentes, lorsque le médecin n'assiste point à l'un des accès.

Les organes des sens doivent être scrupuleusement examinés dans leurs expressions fonctionnelles.

L'auscultation et la percussion seront employées lorsqu'il existera le plus léger doute sur le bon état des organes splanchniques. Enfin, le médecin examinera avec soin toutes les ouvertures naturelles qui sont le siège fréquent de maladies faciles à dissimuler.

Modes d'exploration.

L'examen de l'individu soumis à la visite comprend deux opérations distinctes: L'homme se présente entièrement nu et subit déjà un premier examen en s'avançant vers le médecin ; on le fait placer debout, les pieds sur un tapis ou sur une natte, les talons rapprochés, les bras pendants sur les côtés du corps, les mains étalées et la paume dirigées en avant. On jette alors sur tout l'individu un regard d'ensemble qui fait apercevoir et juger d'emblée les grands vices de conformation et ceux qui ne peuvent permettre aucun doute sur l'inaptitude au service.

On passe ensuite successivement à l'examen particulier et détaillé des différentes régions du corps, en commençant par la tête, et en procédant, dans chaque région, de l'extérieur à l'intérieur. On interroge, par tous les moyens d'investigation, chaque organe, dans le but de s'assurer : 4° si rien ne porte obstacle à la liberté, et à la plénitude des actes nécessaires à la profession des armes ; 2° si aucune partie ne doit souffrir du port des vêtements, de l'armure ou de l'équipement; 3» si, par suite de faiblesse, de disposition morbide ou de maladie existante, la santé et même la vie du sujet ne seraient pas compromises par quelqu'une des circonstances inhérentes à la carrière militaire ; 4o enfin, si quelque infirmité.

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