MALADIES SIMULÉES ET PROVOQUÉES
Indépendamment de l'ajournement à un an d'un nouvel examen des sujets trop petits ou trop faibles pour être admis immédiatement au service, le conseil a la faculté de renvoyer à la fin et avant la clôture de ses opérations, l'examen des sujets atteints de maladies aiguës internes ou externes, d'accidents généraux de la syphilis et de toutes les affections dont la guérison est possible dans le laps de temps indiqué.
Devant les conseils de révision, dont les opérations sont rapides, il n'est pas toujours possible d'établir, séance tenante, soit le diagnostic de telle maladie, soit le pronostic de telle autre. Dans les cas douteux, le médecin fera bien d'en gager le conseil à user du droit de délai dont il jouit, pour se procurer les documents de l'enquête qui serait reconnue nécessaire, et à suspendre son jugement jusqu'à complet informé.
Le même individu peut offrir à la fois plusieurs maladies ou infirmités. Chacune d'elles, prise isolément, peut être compatible avec les exigences du service militaire ; tandis que, réunies, elles constiiuent un ensemble motivant l'inaptitude. Les cas de cette nature réclament, de le part du médecin, autant d'attention que d'expérience.
Tous les corps de l'armée ne nécessitent pas les mêmes conditions d'aptitude physique, et certaines irrégularités de conformation sont compatibles avec les obligations du service dans une arme plutôt que dans une autre. C'est l'autorité militaire qui répartit les sujets dans les corps, suivant l'aptitude qu'elle leur reconnaît au service de l'infanterie, de la cavalerie, etc.: quant au médecin, dont l'avis peut être demandé, il ne doit pas s'écarter de ce principe, que l'admission définitive ne s'applique qu'à l'aptitude réelle et constatée au service militaire.
A côté du service actif ou armé, se place le service auxiliaire pour lequel sont désignes les sujets qui, en raison de certaines défectuosités, ne sont pas aptes au service de guerre proprement dit, mais qui néanmoins peuvent être utilement employés dans un service sédentaire (bureaux, ateliers, arsenaux, magasins, etc.).
Le classement des sujets dans cette catégorie est d'autant plus délicat que le nombre des jeunes gens susceptibles d'y être rangés pourrait être considérable, si le médecin perdait de vue que ces jeunes gens doivent piésenter des conditions physiques permettant de les utiliser.