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APTITUDE AU SERVICE MILITAIRE

elle n'est qu'un motif d'ajournement et ce n'est que lorsque le faible a été ajourné deux années de suite qu'il doit être définitivement réformé. Les médecins experts comprennent qu'il importe de ne pas introduire dans l'armée des sujets inutiles qui ne peuvent qu'encombrer les hôpitaux et augmenter la mortalité.

Maladies générales.

Les scrofules, caractérisées, sont un motif d'exemption. Celte affection peut motiver la réforme lorsqu'elle s'est montrée rebelle aux moyens thérapeutiques suffisamment prolongés, ou qu'elle a laissé après elle des traces ou des altérations incompatibles avec la continuation du service.

3. Vanémie ne motive Vexemption que lorsqu'elle est très prononcée et qu'elle exigerait pour sa guérison un long travail de reconstitution organique. Elle peut résulter, chez les soldats, des fatigues et des privations de la vie militaire en campagne : des soins bien entendus dominent habituellement cet état, qui nécessite bien rarement la réforme.

4. Les diverses cachexies : paludéenne, saturnine, mercurielle et autres, se présentent également avec différents états de gravité que le médecin doit apprécier avant de formuler son jugement, pour lequel il tiendra compte de l'habitation et des occupations habituelles du sujet soumis à son examen. Un simple changement dans les conditions d'existence suffit souvent pour guérir ces états cachectiques, lorsqu'ils sont peu développés, et l'on agit alors dans l'intérêt de l'homme sans nuire à ceux de l'armée, en l'admettant sous les drapeaux. Cependant lorsque l'ensemble des symptômes indique une infection profonde, on ne doit pas hésiter à se prononcer pour Vexemption. La réforme serait proposée si l'on avait échoué dans l'application de tqus les moyens hygiéniques et médicaux.

5. Le scorbut nécessite Vexemption. Les altérations organiques qui s'observent à la suite des scorbuts graves peuvent nécessiter la réforme.

6. Le diabète sucré ou glycosurie constitue un cas d'exemption et de réforme.

7. L'albuminurie se rencontre dans un nombre considérable d'états pathologiques, soit transitoirement, soit d'une manière permanente. Le jugement à porter par le médecin expert dépendra de la nature de la cause morbide, de la durée des accidents, de l'intensité des troubles de l'urinaiion, de l'existence des lésions rénales et des symptômes cachectiques. Suivant la cause qui la produit, l'albuminurie peut motiver Vexemption cl la réforme.

8. On comprend sous la dénomination commune de cancer, un certain nombre d'états morbides différant entre eux par leurs éléments anatoniiques, tels sont : le cancer encéphaloide, le squirrhe elle cancer colloïde. Celte affection est constamment grave par ses conséquences et sa tendance à se reproduire après qu'elle a été localement détruite. Le cancer, sous quelque forme qu'il se présente et quelle que soit la région qu'il occupe, est toujours un moiif d'exemption ei de réforme. — Le cancroïde elles tumeurs fibro plastiques pouvant infecter l'économie tout entière, et étant sujettes à récidiver après leur ablation, entraînent aussi Vinaptitude au service militaire.

9. La mélanose peut être bénigne; mais elle est rarement séparée du cancer, La mélanose sous forme de tumeurs multiples ou d'un certain volume, et la mélanose, sous forme de matière infiltrant les tissus dans une certaine étendue, doit motiver l'exemption et la réforme.

10. Les tubercules, bien qu'ils s'observent le plus habituellement dans les poumons et dans le péritoine, peuvent cependant se rencontrer dans beaucoup d'autres organes el tissus de l'économie. Ils motivent toujours Yexemption : ils peuvent motiver la réforme, alors même qu'ils sont à leur première période ; ils doivent la motiver lorsqu'ils sont arrivés à la période de ramollissement.

11. La syphilis primitive, quelle que soit sa forme sympiomatique, ne saurait motiver l'exemption du service que dans le cas où il existerait de vastes ulcères devant laisser après eux des cicatrices faibles, étendues ou difformes, ou ane perte de substance considérable. Il en est de même des accidents seconrdaires pouvant guérir dans un temps relativement court sous l'influence d'un traitement approprié. — Les accidents secondaires graves et les accidents tertiaires sont sans doute généralement curables par un traitement régulier, mais ils n'en détériorent pas moins la constitution des sujets au point qu'il est douteux que ceux-ci reprennent jamais assez de vigueur et d'énergie pour supporter le métier des armes. Ils sont donc une cause d'exemption et ils peuvent motiver la réforme.

12. Morve et farcin chronique. — La morve chronique est souvent accompagnée de farcin et se termine par la mort, soit par le progrès du mal, soit par les accidents surajoutés de la morve aiguë. — Le farcin chronique marche lentement, dure plusieurs mois ou plusieurs années et se termine la plupart du temps par la mort ; rarement par la guérison. L'affection morvo-farciueuse entraîne nécessairement Vin^c^acité de servir.

13. La pellagre est caractérisée par une sorte d'érythèrae de la face dorsale des mains, auquel s'ajoutent plus tard des troubles graves des fonctions digestives et cérébrales qui rendent impropre au service militaire.

Pour un grand nombre des affections, mentionnées dans ce paragraphe comme causes d'exemption, le médecin ne pourra se prononcer pendant la séance du Conseil de révision et devra ajourner son jugement à une séance ultérieure. C'est le cas du diabète et de l'albuminurie. On sait que cette dernière affection est souvent transitoire et même la conséquence d'un état physiologique, dans ces cas le médecin devra prononcer l'ajournement.

En ce qui concerne la tuberculose, le médecin doit se montrer très rigoureux, étant données l'extension de cette affection et sa contagiosité généralement admise aujourd'hui.

Maladies des tissus.

14. Les affections cutanées légères ou à forme aiguë : les érylhènnes, les exantèmes, rérysipèle, l'eczéma, l'herpès, l'impétigo, etc., qui guérissent facilement sont compatibles avec le service militaire.

Les affections chroniques, le plus généralement liées à un état constitutionnel ou diathésique, donnent lieu à l'exemption et entraînent la réforme dans les cas d'incurabilité, tels sont :

15. Veczéma chronique. — 16. Le lichen chronique. — 17. Le psoriasis, — 48. L'ichthyose. — 19. Le pityriasis. — 20. Vimpétigo chronique, s'il est sous la dépendance d'une constitution lyniphalique exagérée. — 21. L'ecthyma cachecti- 'Cum, le rupii, le pemphigus chronique, qui sont le reflet d'une altération profonde de l'organisme. — 22. Vacné rosacea ou couperose, dont le développement est assez grand pour donner à la physionomie un aspect repoussant. — 23. Le lupus à forme tuberculeuse, ulcéreuse ou serpigineuse, qui ne guérit qu'en laissant des traces indélébiles et des difformités du visage, où il s'observe habituellement.

24. Les affections parasitaires, qui sont dues à des cryptogames et offrent plusieurs variétés : tantôt les champignons siègent à la surface de la peau, comme dans Vhei'pès circiné et le pityriasis versicolor, affections peu importantes qui ne s'opposent pas au service militaire; tantôt ils occupent les follicules pileux et même l'intérieur des poils dont ils amènent la chute. On les observe ordinairement à la face et au cuir chevelu, où ils sont désignés sous les noms de : 25. Sy- <osis. — 26. Herpès tonsuranty favus et porrigo decalvans. Le sycosis arrivé à un certain degré (sycosis tuberculus) comporte l'exemption.

27. Véléphantiasis, nom donné à deux maladies différentes dont l'une est une affection tuberculeuse de la peau (éléphantiasis des Grecs) et l'autre une intumescence difforme de quelque partie du corps et surtout des jambes (éléphantiasis des Arabes), à laquelle la peau est probablement étrangère dès le début, est incompatible avec le service militaire.

28. Les noevi materni ne sont des motifs d'exemption que s'ils sont étendus et siègent à la face, parce qu'ils peuvent constituer alors une difformité repoussante.

29. Les productions cornées volumineuses entraînent l'exemption, si elles sont exposées à des pressions gênantes, ou si elles s'opposent au libr-e mouvement des parties voisines. Elles entraînent aussi la réforme lorsqu'elles ne peuvent pas être ■détruites par des moyens chirurgicaux.

30. Les ulcères qui dépendent d'un état diathésique ou d'une mauvaise constitution, et dont l'ancienneté et l'opiniâtreté sont constatées, les ulcères des membres inférieurs qui sont entretenus par des varices, moiiventV exemption et déterminent la 7-^/'orme s'ils sont rebelles à tout traitement. Les ulcères, qui sont le résultat de la profession, de la malpropreté ou du rpanque de soins, guérissent en changeant ces conditions.

31. Les cicatrices étendues, difformes, apportant un changement notable dans les rapports des parties, réunissant des organes contigus, gênant l'exercice des

mouvements, sont des motifs d'exemption, et souvent de réforme, si l'on ne peut remédier à cette infirmité.

Les individus atteints de tumeurs érectiles et d'affections cutane'es peuvent devenir un sujet de répulsion pour les autres hommes du corps ; c'est pour cette raison qu'elles figurent parmi les causes d'exemption.

Pour l'examen de ces affections le me'decin militaire devra tenir compte des antécédents et des certificats fournis par ses collègues civils. Ce n'est qu'évidemment dans les cas incurables que l'exemption pourra être prononcée.

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