‹ Manuel de médecine légaleChapitre 162 sur 353 · MALADIES DU COU · texte numérisé non relu

MALADIES DU COU

être la conséquence. — 191. J^es engor§ements et les abcès ganglionnaires, \esulcérations et les cicatrices difformes, qui sont des manifestations de la scrofule, motivent l'exemption lorsque leur caractère scrofuleux est bien démontré et que l'étendue et la fragilité des cicatrices sont considérables. — i92. Les adénites cervicales chroniques entraînent également Vexemplion si les tumeurs sont multiples ou volumineuses. Il n'en est pas de même de Vadénite aiguë et des adénopathies de nature syphilitique, dont la guérison est moins difficile. La réforme ne doit être prononcée que si ces affections sont rebelles au traitement. — 193. Les engorgements chroniques de la glande parotide, les enchondromes et autres tumeurs, dont la région parotidienne peut être le siège, rendent impropre au service et nécessitent la réforme lorsqu'ils sont incurables. — 194. Les tumeurs désignées sous le nom générique de goitre ; Vhypertrophie, les kystes de la glande thyroïde, le développement même peu considérable du lobe médian quand il atteint la fourchette sternale et se prolonge au-dessous d'elle, déterminent Vinaptitude à la profession des armes. Cependant dans les pays où le goitre est endémique, cette affection, lorsqu'elle est récente, peu développée, sans induration, sans complication de kystes, étant susceptible de guérison, surtout par le changement de climat et d'habitude qu'amène la vie militaire, ne saurait être une cause suffisante d'exemption. Quant klaréforme, elle ne doit être prononcée que si l'engorgement glandulaire résiste à une médication prolongée. — d95. Le cou peut encore être le siège de tumeurs diverses : kystes, lipomes, anévrysmes, etc., qui, soit par leur nature, soit par la gêne qu'elles apportent dans les fonctions, mo\.\\exii Vexemplion; elles déterminent la réforme dans les cas oii la chirurgie ne peut intervenir. — 196. Le torticolis peut être congénital ou accidentel. Le torticolis à forme aiguë, suite de refroidissement, consistant dans une contracture qui est presque toujours de courte durée, ne donne pas lieu à Vexemption. Celui qui est produit par une contracture ancienne, une rétraction musculaire ou fibreuse ou toute autre affection d'une guérison incertaine ou incurable, rend inapte au service militaire et entraîne la réforme lorsqu'on juge le mal au-dessus des ressources de l'art.

Maladies du larynx. — Les maladies du larynx sont souvent difficiles à diagnostiquer, et il est nécessaire que le médecin fasse usage du laryngoscope lorsqu'il doute de la nature, de la gravité ou de l'existence de la maladie, Vaphonie étant fréquemment simulée. L'examen avec le laryngoscope n'est pas sans offrir certaines difficultés: on a à lutter tantôt contre l'appréhension ou le mauvais vouloir du sujet, tantôt contre l'intolérance du pharynx, etc. Cette opération devra donc être remise à la fin de la séance ou des opérations du conseil de révision. L'examen laryngoscopique ne doit pas dispenser le médecin, lorsqu'un homme se présente avec des altérations de la voix, de rechercher s'il n'y a pas à l'extérieur, dans le voisinage du larynx, des tumeurs, des cicatrices susceptibles de modifier

les conditions physiques de l'organe vocal ou d'intéresser les nerfs laryngés.

197. Les lésions traumatiques, plaies ou fractures récentes du larynx, sont le plus souvent graves et entraînent Vexemption. Elles ne justifient la réforme que si elles ont suivies d'altération de la voix et de gêne de la respiration. — 198. La laryngite chronique, la laryngite liée à la tuberculisalion sont incompatibles avec le service militaire. La laryngite syphilitique et les autres affections laryngées de même nature ne déterminent Vexemption que si les altérations du larynx sont assez graves

pour exiger un traitement prolongé, ou si elles doivent porter atteinte à la phonation : telles sont les xdcérations des cordes vocales, les rétractions cicatricielles qui en sont la conséquence. — Dans tons ces cas, la réforme n'est prononcée que si l'affection est reconnue incurable. — 11)9. La déformation ou la destruction de Vépiglotte motivent ['exemption et la réforme s'il en résulte une gêne dans la déglutition ou la phonation. — 200. Le rétrécissement et toute déformation du larynx, qui entravent les fonctions de cet organe, sont aussi des causes d'exemption et de réforme. — 201. Les polypes d»i larynx, qui allèrent la voix et donnent lieu souvent à des troubles sérieux de la respiration, sont incompatibles avec la vie militaire. — 202. La nécrose du larynx est presque toujours une affection grave qui exige ïexemp' tion et la réforme. — 203. L'aphonie, qui peut être la suite de lésions diverses, est une cause d'exemption et nécessite la réforme lorsqu'elle se montre rebelle aux moyens thérapeutiques. L'aphonie passagère consécutive à- un refroidissement, qui est sans gravité et d'une guérison facile, fait exception.

Maladies DU pharynx. — 204. Ifes anomalies du pharynx, assez rares d'ailleurs, les rétrécissements résultant d'adhérences vicieuses ou de rétractions cicatricielles, qui font obstacle au passage des aliments, sont des motifs d'exemption et de réforme. — 205. Les lésions traumatiques, la présence de corps étrangers, ne déterminent l'incapacité de servir que si elles doivent être suivies d'une infirmité capable d'entraver la déglutition. — 206. Les pharyngites chronique et granuleuse sont des causes d'exemption et peuvent entraîner la réforme. Il en est de même des abcès rétro-pharyngiens^ le plus souvent symptomatiques de lésions du rachis. Toutefois il faut faire une réserve au point de vue de la réforme pour les aôfè* idiopathiques qui oifrent moins de gravité. — 207. Lqs ulcères de mauvaise nature motivent l'exclusion de l'armée ; Wiulcères syphilitiques, pouvant se guérir promptement, ne sont des causes d'exemption que s'ils s'accompagnent de destruction des parties profondes et s'il doit en résulter des difformités. Dans ces cas, lardforme peut aussi èire prononcée.

Maladies de l'œsophage. — 208. Le rétrécissement et 209, la dilatation de l'oesophage motivent l'exemption et la réforme. Il en est de même quand la déglutition est gênée par une tumeur qui comprime l'œsophage. — 210. Des corps étrangers peuvent s'arrêter dans l'œsophage et produire des accidents graves et exiger l'œsophagotomie. En pareille circonstance l'exemption est indiquée, et quelquefois la réforme devient indispensable. — 211. Les ulcérations de toute nature, la dégénérescence carcinomaleuse, motivent absolument l'exclusion de l'armée. — 212. Vœsophagisme, ou spasme de l'œsophage, s'il n'est pas lié à une lésion organique de ce canal, est peu grave et ne doit pas entraîner l'exemption, — 213. La paralysie de Vœsophage et du pharynx est une affection qui, rarement idiopathique, se rattache à des lésions graves et incompatibles avec le service militaire.

Parmi les maladies du larynx Vaphonie est assez fréquemment simulée surtout par des individus ayant vraiment été aphones par suite d'une affection des voies respiratoires. On a conseillé Tivresse pour déjouer cette fraude ; Zuber a réussi à reconnaître la simulation en recommandant à l'homme de

Page 1