PÉDÉRASTIE
cin est requis pour procéder à l'examen de l'individu accusé de viol ou d'attentat à la pudeur.
Tantôt il faudra s'enquérir de l'état moral de l'accusé, tantôt la justice désirera connaître l'état de ses forces physiques^ pour les comparer à celles de la victime. Dans d'autres caSy l'examen pourra porter sur la forme et les dimensions du membre viril. Enfin, dans quelques circonstances beaucoupplus rares, l'expert sera appelé à constater l'existence de dispositions naturelles ou morbides, telles que hernies, hypospadias, etc., invoquées par l'accusé comme cause d'impuissance.
La constatation de certains signes remarqués par la victimesur le corps de l'inculpé pendant l'attentat peut éclairer la justice. Tardieu a observé chez deux individus accusés de viol la présence d'une tumeur érectile et une disposition particulière des poils du pubis, signes invoqués par leurs accusatricescomme témoignage de la véracité de leurs dépositions.
Enfin l'examen, pour être complet, devra comprendre les traces de lutte, telles que morsures, égratignures, contusions,, ainsi que l'existence de maladies vénériennes.
§ 3. — Pédérastie. — Sodomie. — Onanisme.
La plupart des auteurs français et étrangers ne consacrent que quelques lignes à l'étude de la pédérastie, qui n'est pas spécialement atteinte par les lois pénales actuelles et rentre dans le cadre des attentats à la pudeur. Parmi les médecins légistes, Tardieu est le premier qui ait eu le courage d'aborder franchement ce triste sujet et de lui donner les développements que comporte son importance médico-légale.
Casper n'attache ([u'une importance secondaire à la constatation médico-légale des signes physiques de la pédérastie, signes dont il va même jusqu'à nier l'existence. Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire d'insister sur la valeur scientifique des signes qui révèlent les habitudes contre nature ; les développements que nous donnerons plus loin suffiront pour les faire apprécier.
Nous aurions compris les allégations de Casper si les pra-^ tiques contre nature étaient toujours restées dans le domaine de la vie privée ; mais il est avère' que les circonstances au^
milieu desquelles s'exerce la pédérastie la rattachent le plus souvent, d'une manière directe, aux attentats aux mœurs et à d'autres tentatives criminelles.
En effet, dans un grand nombre de cas, les pédérastes assouvissent leur passion odieuse sur des enfants, soit en employant la violence, soit en les amenant à se prêter à leurs manœuvres parla persuasion et les promesses. Dans d'autres circonstances plus rares, des maris débauchés exercent sur leurs femmes des attentats contre nature, quelquefois violemment, mais le plus souvent en leur déguisant le côté repoussant et infâme des actes qu'ils accomplissent.
- Dans les grandes villes, on trouve la pédérastie associée à l'escroquerie la plus habile ; récemment elle est venue compliquer plusieurs causes célèbres dont les tristes débats ont montré que les hommes adonnés à ce vice ne reculent pas devant le vol et même l'assassinat.
L'exercice de la pédérastie dans les grandes villes et principalement à Paris, se fait sur une vaste échelle et constitue, comme le dit Tardieu, le complément de la prostitution féminine. « A Paris, dit cet auteur, la prostitution pédéraste a pris dans l'ombre un accroissement presque incroyable et a reçu une organisation clandestine destinée à favoriser l'industrie coupable désignée sous le nom de chantage... Les gens qui se livrent à ce genre d'escroquerie ne sont ordinairement que des voleurs d'une espèce particuHère, qui, sans être adonnés euxmêmes à la pédérastie, spéculent sur les habitudes vicieuses de certains individus pour les attirer par l'appât de leurs passions ■secrètes dans des pièges où ils rançonnent sans peine leur honteuse faiblesse. Mais, à côté de ces hommes enrichis parle vol et mis avec une certaine recherche, on trouve de jeunes garçons corrompus et perdus par eux, qui sont à leurs gages, qu'ils enrôlent, qu'ils dominent et qu'ils désignent, dans leur effrayant cynisme, comme des outils dont ils se servent pour attirer leurs dupes et saisir leurs victimes. Ces misérables enfants, détournés quelquefois du travail honnête de l'atelier, plus souvent ramassés dans la boue des carrefours ou dans l'oisiveté des mauvais lieux, sont lancés chaque soir dans des endroits déserts et bien connus, cù ils savent lever leur triste proie. Lorsqu'ils ont réussi à se faire accoster, les individus avec qui ils marchent se présentent tout à coup, et usurpant la qualité -et le langage d'agents de police chargés de faire respecter la