Union Méd.,iSll
VIOL. — EXAMEN DE l'iNGULPÉ. 27
"dis que les taches produites par l'écoulement sanguin se trouvent à la partie postérieure. Cela peut être vrai dans un grand nombre de cas, mais on ne saurait admettre que la présence du sperme à la partie antérieure ou postérieure de la chemise puisse avoir une grande importance.
Le muco-pus sécrété à la surface des organes sexuels de la femme peut également laisser sur le linge des taches dont la nature sera étudiée avec soin. Mais nous reviendrons sur ce sujet dans la partie de cet ouvrage où il sera question des recherches microscopiques et chimiques.
CONDUITE d'un MEDECIN LEGISTE APPELE A LA CONSTATATION d'un VIOL OU d'un ATTENTAT A LA PUDEUR.
Le médecin appelé par l'autorité judiciaire à constater un viol ou un attentat à la pudeur devra prendre quelques précautions qu'il n'est pas inutile de rappeler ici.
Les convenances exigent que l'examen ait lieu en présence d'un ou deux témoins qu'il faut autant que possible choisir parmi les parents de la personne à examiner. Il sera également utile, avant de procéder à la constatation et de questionner les parents, d'interroger la victime en particulier. La netteté des réponses, la clarté et la simplicité du récit seront autant d'indices précieux pour le médecin légiste, surtout s'il s'agit d'un enfant. On pourra voir ensuite si son récit concorde avec celui des parents et par là reconnaître si l'enfant obéit à de coupables suggestions. Dans tous les cas, ces questions seront faites avec prudence et circonspection et sans laisser échapper aucun indice de curiosité indiscrète.
L'examen sera répété aussi souvent que cela est nécessaire. C'est Là un point capital lorsqu'il s'.agit d'établir le diagnostic différentiel des affections vulvaires, vénériennes ou traumatiques qui peuvent se manifester à la suite d'attentats à la pudeur ou de viol.
Une importante précaution est de placer la personne dans une bonne position pour l'examen qui pourrait, en se prolongeant, devenir fatigant pour la victime et pour l'expert. La personne sera placée sur le bord d'un lit, dans un endroit éclairé. Il arrive souvent que la pudeur, la crainte ou la douleur rendent l'examen très difficile, mais on vient générale-
ment à bout de ces difficulte's en procédant avec lenteur et ménagements.
Après avoir signalé les traces de violence qui peuvent exister dans le voisinage des parlies génitales, on décrira successivement les organes. Les grandes et les petites lèvres seront écartées avec soin pour découvrir l'hymen. Si cette membrane existe, on indiquera sa forme et ses dimensions; si elle a été déchirée, on décrira l'état de ses lambeaux, ainsi que les plaies et traces de cicatrisation qu'elle aura pu laisser. On n'oubliera pas la description détaillée des ulcérations, ecchymoses, écoulements et autres particularités morbides qui pourront se rencontrer sur les organes génitaux, tant internes qu'externes.
Si l'examen révèle au médecin des habitudes d'onanisme ou de débauche, il devra les signaler avec toute la réserve que comporte ce genre de constatation et en évitant d'être affirmatif. Chez les enfants qui s'adonnent à la masturbation, on trouve souvent le clitoris et les petites lèvres très développés et l'ensemble des parties sexuelles présente un développement ■qui contraste avec l'âge et la constitution du sujet. Mais on ■comprend facilement que les constatations de ce genre doivent 'être faites avec circonspection et réserve.
Il ne faudra pas oublier, si la chose est possible, de se faire présenter la chemise que portait la victime au moment de l'attentat et celles qu'elle aura portées depuis. On mettrait en réserve les pièces de linge qui présenteraient des taches afin qu'il puisse être procédé ultérieurement à une analyse.
Le médecin doit s'arranger de manière à faire sa visite à une heure où il ne sera pas attendu, afin de déjouer tout préparatif capable de l'induire en erreur. 11 doit éviter, autant que possible, de procéder pendant l'époque menstruelle ; mais, s'il a été contraint d'agir ainsi, il devra renouveler sa visite quelques jours après.
Si la personne se refuse obstinément à tout examen, la conduite du médecin se bornera, après les observations d'usage, à prendre acte du refus.
Il pourra être utile d'examiner le lieu où le crime à été commis; mais on suivra dans ce cas les indications de l'autorité judiciaire.
Examen de l'inculpé. — Dans beaucoup de cas, le méde-