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CLASSIFICATION DES POISONS

années (1851 à 1862), vingt-six substances ve'ne'neuses seulement ont été employées, et, sur ce nombre, six seulement méritent d'appeler sérieusement Fattention : ce sont le phosphore, Tarsenic, le sulfate de cuivre, le vert-de-gris (sous-carbonate de deutoxyde de cuivre), l'acide sulfurique et les cantharides. L'arsenic, qui occupait autrefois le premier rang^ dans cette nomenclatijre, s'est effacé devant le phosphore, ce qui s'explique par la facilité avec laquelle on se procure ce dernier agent et par les mesurés prises par l'autorité pour empêcher la vente des préparations arsenicales.

Classifications. — Quoique l'étude médico-légale de l'empoisonnement ne porte que sur un nombre restreint de subs-^ tances, il n'en est pas moins nécessaire d'établir une classification des poisons, afin que ceux-là mêmes qui ne sont que très rarement employés puissent être indiqués dans le groupe auquel ils appartiennent.

Un grand nombre de classifications ont été proposées : les premières étaient basées sur l'histoire naturelle et sur l'origine du poison, les autres sur les caractères cliniques, et enfin les dernières sur l'expérimentation physiologique.

La première classification rationnelle, c'est-à-dire ayant pour base l'action que les poisons exercent sur les éléments anatomiques et les humeurs, esl due à Tayloi . Cet auteur n'admet que deux classes de substances toxiqius: la classe des irritants et celle des neurotiques. Jugeant c-Nc classification insuffisante, Rabuteau en a proposé une lulre, basée sur le même principe.

Cet auteur divise les poisons en hématiques, iienrotiqueSy névro-musculaires et musculaires.

Nous pensons du reste que la classification des poisons n'a aucune importance en médecine légale et que I On pourrait sans inconvénients suivre en toxicologie l'ordre alphabétique.

Cependant la classification de Tardieu, uniqui^ment basée sur les symptômes cliniques, nous paraît devii être conservée.

<< L'empoisonnement par les poisons irritants ci rorrosifs a pour caractère essentiel une action locale irritante qui peut aller jusqu'à l'inflammation la plus violente, la corrosion et la désorganisation des tissus atteints par la substance vénéneuse

ingérée, dont les effets sont presque exclusivement bornés à la lésion des organes digestifs.

L'empoisonnement par les poisons hyposthénisants a pour caractères essentiels, non pas l'irritation locale, produite par le poison, bien qu'elle soit réelle, mais les accidents généraux résultant de l'absorption ; ils sont tout à fait disproportionnés avec les effets locaux, qui manquent d'ailleurs très souvent, et complètement opposés à l'irritation et à l'inflammation ; ils consistent en effet en une dépression rapide et profonde des forces vitales et sont liés à une altération souvent manifeste du sang.

(( L'empoisonnement par les poisons stupéfiants, dont la plupart étaient compris sous la dénomination impropre de narcotico-âcres, bien que ne produisant ni narcotisme ni âcreté, a pour caractère essentiel une action directe, spéciale, sur le système nerveux, action dépressive qui répond à ce qu'on nomme en séméiotique la stupeur, accompagnée parfois d'une irritation locale, toutefois peu intense.

« L'empoisonnement par les narcotiques est caractérisé par l'action toute spéciale et distincte que Ton ne peut définir que par son nom même, le narcotisme. Ce groupe tout entier est formé par l'opium, ses éléments et ses composés.

« L'empoisonnement par les poisons névrosthéniques a pour caractère essentiel, ainsi que l'indique cette dénomination, dont le sens est dès longtemps fixé dans la langue médicale, une excitation violente des centres nerveux, dont l'intensité peut aller jusqu'à produire instantanément la mort. »

Telles sont les définitions de Tardieu et tel est l'ordre que nous allons suivre dans l'étude clinique et chimique des poisons.

Un auteur allemand, Hofmann, divise les poisons en poisons irritants locaux et en poisons agissant par résorption. Cette classification, très avantageuse par sa simplicité, ne nous paraît pas cependant devoir être adoptée parce qu'un grand nombre de poisons irritants agissent en même temps par résorption.

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