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POTASSE ET SOUDE

et présentait une coloration rouge groseille qui se communiquait aux tissus. Des lésions analogues ont été observées sur des animaux empoisonnés par l'acide tartrique.

Traitement. — Comme pour Facide oxalique.

Pour les recherches chimiques relatives aux acides (voy. Chimie toxicologique, Recherche des acides).

IL — Corrosifs alcalins.

Les poisons alcalins, si différents des poisons acides au point de vue chimique, s'en rapprochent au contraire au point de vue des symptômes toxiques qu'ils déterminent. Dans l'empoisonnement par les alcalins, la matière des vomissements, au lieu d'être acide et de bouillonner au contact d'une matière calcaire, est alcaline et verdit le sirop de violette.

Nous étudierons dans cette catégorie la potasse, la soude et Vammoniaque.

±0 Potasse et soude. — L'empoisonnement par ces substances est rarement criminel et a lieu plus souvent accidentellement ou par suicide. La potasse et la soude du commerce (carbonate de potasse et carbonate de soude), Veau seconde dont se servent les peintres et les graveurs, l'eau de Javelle (chlorure de potasse ou de soude), sont les poisons de cette catégorie les plus employés.

Symptômes. — Immédiatement après Fingestion du i3oison,sensation de brûlure avec constriction à la bouche, à la gorge et à Fœsophage. Les vomissements viennent ensuite et sont suivis de déjections alvines abondantes dans lesquelles on trouve des stries de sang et des fragments de muqueuses. Les liquides vomis ont une réaction alcaline. A ces symptômes s'ajoutent souvent le hoquet et des mouvements convulsifs des membres. La mort survient plus ou moins rapidement, mais elle ne peut être évitée. Lorsqu'elle n'a pas lieu dans les premiers jours qui suivent l'empoisonnement, elle survient par suite des lésions de l'estomac et des rétrécissements de Fœsophage.

LésioJis cadavériques. — On trouve dans le tube digestif des lésions moins profondes mais plus étendues que celles qui résultent du contact des acides. Les eschares de la bouche sont grises, molles, savonneuses. Le sang conserve sa fluidité. L'es-

tomac présente des altérations qui peuvent aller jusqu'au ramollissement.

Traitement. — Provoquer des vomissements et administrer des boissons acides : eau vinaigrée, jus de citron étendu d'eau, solutions faibles d'acide citrique. Faire prendre ensuite de l'eau tiède avec de l'huile, mélange qui peut rendre moins dangereux le contact du poison avec les parois du tube digestif.

2o Ammoniaque liquide (alcali volatil). — Cet empoisonnement est rarement criminel, mais il a été fréquemment observé à la suite d'accidents. C'est surtout à l'aide de Veau sédative qui n'est toxique que par l'ammoniaque qu'elle contient, qu'ont lieu ces empoisonnements accidentels.

Symptômes. — Aussitôt après l'ingestion du poison, sensation affreuse de brûlure, de constriction à la gorge, de suffocation ; déchirement à la région épigastrique, toux convulsiye, difficulté de la déglutition, vomissements glaireux, striés de sang. Les lèvres et la cavité buccale sont rouges et douloureuses par suite de la desquamation de l'épithélium. Le pouls est lent, irrégulier; l'intelligence est le plus souvent conservée.

Lésions cadavériques. — On trouve une rougeur générale du tube digestif. L'estomac et les intestins sont ulcérés et renferment un liquide sanguinolent. Le tissu pulmonaire est congestionné et on remarque souvent des exsudations membraniformes dans les bronches. A ces lésions, il faut ajouter la stéatose du foie et des reins qui a été signalée par M. Potain.

Traitement. — Le même que pour l'empoisonnement par la potasse et la soude. On donnera du chlorate de potasse contre la salivation.

in. — Irritants DRASTIQUES.

Les poisons rangés dans cette classe sont des agents thérapeutiques appartenant au règne végétal et possédant des propriétés purgatives ou drastiques dues, dans la plupart des cas, à un principe actif, la vératrine. Ces substances produisent des empoisonnements accidentels, mais elles sont rarement employées dans un but homicide. Quelques-unes d'entre elles, administrées dans le but de procurer l'avortement,

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ont déterminé des accidents mortels sans que l'action spécial^ sur Tutérus eût été manifeste.

Symptômes. — Les poisons de ce groupe exercent sur la peau une action locale énergique et produisent une éruption vésiculeuse. A l'intérieur, ils déterminent les symptômes les plus alarmants : douleur intense dans le ventre et Testomac, vomissements répétés, évacuations alvines, sanguinolentes et cholériformes, refroidissement général, ralentissement du pouls, puis, dans la période ultime, prostration, convulsions et paralysie. La mort survient en général au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures.

Lésions cadavériques, — Les intestins sont plus profondément lésés que Testomac. On trouve la muqueuse intestinale ramollie, parsemée d'ulcérations, de taches noirâtres et de plaques gangreneuses, l'intestin contient un liquide floconneux, blanchâtre. Tous les viscères, le foie et la rate principalement, sont le siège d'un ramollissement profond.

Traitement. — On a conseillé plusieurs antidotes contre la vératrine et les végétaux qui contiennent cette substance. L'iodure de potassium ioduré, qui donne avec la vératrine des précipités très peu solubles, a été proposé. Aussitôt après Tadministration de cet antidote, on provoquera les vomissements et les selles.

Voici les substances drastiques les plus employées :

1° Croton tiglium. — L'huile qu'on extrait des graines de cette plante est épaisse, d'une couleur brune, d'une odeur désagréable et d'une âcreté excessive. Elle purge à la dose de 4 centigrammes.

Tardieu indique le procédé suivant pour constater la présence de ce poison dans l'organisme : on traite par l'éther les déjections et les parties d'intestin réduites en bouillie, on agite et on décante l'éther ; le résidu traité par l'alcool à 80'' donne une solution qu'on filtre au papier et qu'on évapore à siccité. Ce dernier résidu obtenu doit renfermer toute l'huile de croton et peut être essayé soit sur la peau de l'expert, soit sur un animal à l'intérieur ou à l'extérieur.

Mayet et Halle ont publié un cas d'empoisonnement par l'huile de croton dans lequel la substance fut criminellement introduite dans la cavité de la pulpe de fraises que l'assassin recouvrit avec la corolle et la queue.

2° Gomme-gutte. — Cette gomme résine est employe'e en me'decine vétérinaire et dans les arts ; elle se dissout très rapidement dans les alcalis caustiques ; les acides la précipitent de cette solution.

30 Coloquinte. — La chair de fruit de la coloquinte constitue un purgatif violent, mais son amertume extrême la rend impropre à un empoisonnement criminel.

40 Épurge [Euphorbia lathyrh). — Cette plante croît en France sur le bord des champs ; ses semences renferment une huile grasse qui purge violemment à la dose de 1 à 2 grammes.

50 Colchique d'automne. — Cette plante (fig. 4 et 5),

Fig. 4. — Colchique d'automne (Colchicum autumnale).

Fig. 5. — Bulbe de colchique d'automne.

qui est fort commune en France, est emiDloyo^ en thérapeutique. Les parties qui sont surtout vénéneuses sont les graines

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