GIGUES
celles de rcmpoisonnement par les baies de la belladone. Nous savons qu'une des conséquences constantes, c'est le vomissement, qui débarrasse Testomac et dans les matières duquel on reconnaît aisément les fruits de lamorelle, dont la coloration est à peine modifiée.
FiG. 14. — Stramoine OU pomme épineuse {Datura stramonmm). — 1, fruit et graine ; 2, dimension de la graine.
f-o Ciguës. — On connaît plusieurs espèces de ciguë qui sont le plus souvent confondues entre elles et qui appartiennent toutes à la famille des ombellifères. Voici les plus importantes.
La grande ciguë (fig. l;j), plante bisannuelle, qui croît sur les bords des chemins et atteint une hauteur de 1 mètre à 1 "" 50. Elle est reconnaissable par les taches ponctuées dont sa tige est semée.
La ciguë vireuse ou ciguë aquatique (fig. 16), plante vivace qui croît sur le bord des étangs et des marais et n'atteint guère qu'une hauteur de 50 centimètres.
La petite ciguë ou ciguë des jardins (fig. 17), plante annuelle dont la hauteur ne dépasse guère 50 centimètres.
Les empoisonnements criminels par la ciguë et son alcaloïde, la cicutine, sont assez rares, mais ils ont cependant été observés. Toulmouche en a rapporté * un cas, dans lequel
1. Journ. de chim. méd., 1845, p. 533, et Tardieu, Empoîsonneme7it, p. 806.
une femme avait voulu empoisonner son mari en lui faisant manger une soupe avec des racines de ciguë ; celui-ci fut averti du danger par le goût acre du mets qu'on lui servait. L'empoisonnement accidentel est fréquent , et reconnaîl presque toujours pour cause la ressemblance qu'offrent les différentes espèces de ciguë avec d'autres végétaux inofîensifs, surtout avec le persil (fig. 17). Il importe donc de bien établir les caractères à l'aide desquels on peut distinguer cette dernière plante des ciguës proprement dites.
Fig. 15. — Grande ciguë (Conium maculatum). — 1, inflorescence; 2, fleur;
3, fruit ; 4, feuille.
« Le persil, dit Rabuteau, a des fleurs d'un vert jaunâtre, tandis que celles des ciguës sont blanches. Les pétales en sont émarginées par l'inflexion de leurpointe. Les ombelles composées sont munies d'un involucre qui ne se trouve ni dans la ciguë des jardins, ni dans la cicutaire, ni dans le phellandre, mais seulement dans la grande ciguë avec laquelle on ne peut d'ailleurs confondre le persil à cause du port et des dimensions qui en sont très différentes. Les feuilles ont des seg-