TABAC
violent. Les effets en diffèrent suivant les doses employées : de j)etites doses d'atropine accélèrent les mouvements du cœur et augmentent la tension du sang ; des doses toxiques font lomber la tension et ralentissent le cœur. A petite dose, l'atropine augmente la tonicité des fibres musculaires des vaisseaux ; à dose toxique, elle la diminue ou la détruit môme : à petite dose, elle accélère la respiration ; à dose toxique, elle la ralentit ; à petite dose, elle augmente les fonctions excitomotrices de la moelle ; à dose toxique, elle exagère le pouvoir réflexe, au point de produire des convulsions. La dose toxique produit le coma; l'agitation, Tinsomnie, le délire sont les effets de la dose thérapeutique ou du début de la dose toxique avant l'absorption totale. Les petites doses augmentent la température ; les doses toxiques la diminuent. L'atropine s'élimine surtout par les reins, et avec une rapidité telle que son action est de courte durée et que l'analyse médico-légale ne peut en révéler la présence que dans les cas où une dose énorme a été administrée et n'a pas eu le temps d'être chassée par les reins. »
Lésions cadavériques. — Elles ne sont ni constantes ni caractéristiques. On a observé des congestions considérables de certains viscères et des muscles, quelquefois des ruptures vasculaires et des hémorrhagies légères. La congestion de la rétine est fréquente dans les empoisonnements lents et répétés.
Traitement. — Evacuer l'estomac à l'aide des vomitifs et de la pompe gastrique. Administrer de l'alcool, qui agit comme éliminateuret diurétique. L'emploi du sulfate d'ésérine comme antagoniste ne saurait être conseillé jusqu'à ce que des expériences plus concluantes aient permis de statuer sur l'antagonisme qu'on soupçonne devoir exister entre l'atropine et Pesé rine.
:i° Tabac. — Toutes les parties de la plante du tabac renferment une substance éminemment toxique, la nicotine, qui neutralise tous les acides avec lesquels elle donne des sels, cristallisables pour la plupart, mais très déliquescents (Rabuteau). Le tabac et la nicotine ont été employés dans un but criminel ; cette dernière substance est toxique à des doses très faibles ; o à 10 centigrammes tuent un chien du forte taille.
Symptômes. — On observe un trouble particulier de larespi-
ration, une agitation violente et convulsive du diaphragme, des vertiges, des vomissements, de la prostration, le refroidissement de la peau et le ralentissement du pouls ; la mort survient rapidement dans un état de stupeur entrecoupé de convulsions générales ou partielles.
Les effets physiologiques de la nicotine ont été étudiés par Cl. Bernard, qui lui a reconnu cette propriété générale de faire contracter les artérioles et d'accélérer les mouvements du cœur.
Lésions cadavériques. — Les parties qui ont été en contact avec la nicotine sont blanches, racornies, couvertes de croiïtes ; tous les tissus exhalent une forte odeur de tabac ; le sang est noir et fluide. On ne trouve pas, du reste, de lésions caractéristiques.
Traitement. — Le même que celui de l'empoisonnement par les alcaloïdes des autres solanées vireuses.
Pour les recherches chimiques, voyez la Chimie légale.
4° Autres solanées vireuses. — La jusquiame, la stramoine et la morelle produisent sur l'organisme des effets analogues à ceux de la belladone.
A. Jusquiame {hyoscyamus niger). — La jusquiame noire est une plante annuelle qui croît sur les bords des chemins et des décombres. Ses racines, qui sont de la grosseur du doigt, ont été prises pour des racines de chicorée ; ses feuilles ont été confondues avec celles du pissenlit. Le principe au quel la jusquiame doit ses propriétés toxiques est Vhyoscyamine, substance qui cristallise très difficilement, mais qui donne des^sels cristallisables.
B. Stramoine [Batura stramonium). — La stramoine, pomme épineuse, herbe aux magiciens, est une plante (fig. 14) qui croît communément sur les chemins, et qu'on cultive quelquefois dans les jardins. Elle doit ses propriétés toxiques à ladaturine, alcaloïde identique à l'atropine.
Il résulte des expériences de Trousseau qu'on ne peut saisir aucune différence essentielle entre les effets de la stramoine et ceux de la belladone, si ce n'est que le premier de ces poisons est plus actif et plus dangereux.
C. Morelle [Solarium nigrum). — De même que la belladone, la morelle est un poison que les enfants prennent volontiers. Les suites n'en sont pas d'ordinaire aussi inquiétantes que