‹ Manuel de médecine légaleChapitre 246 sur 353 · CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

CHAMPIGNONS

Lésions cadavériques. — Elles n'ont rien de caracte'ristiques, on a observé une inllammation de la muqueuse intestinale et une congestion des poumons et des méninges.

Traitement. — Comme pour la ciguë.

7o Champignons. — Quoique l'empoisonnement par les champignons soit rarement criminel, il importe au médecin légiste d'en connaître les caractères à cause de la grande fréquence des accidents déterminés par l'ingestion des champignons vénéneux. On a du reste signalé quelques cas d'empoisonnements criminels soit avec des champignons seuls, soit avec des champignons mélangés avec un autre poison dont ils étaient destinés à dissimuler la présence et l'action.

Les champignons vénéneux appartiennent à l'ordre des hyménomycètes. Les genres les plus importants sont V Agaric et le Bolet, qui contiennent à la fois des espèces alimentaires et toxiques. Parmi les toxiques les plus dangereux, nous citerons V Agaric mouche ou Fausse oronge. La fausse oronge se distingue de l'oronge vraie, en ce que la surface de son chapeau, au lieu d'être sèche comme celle de l'oronge vraie, est visqueuse. 11 y a également un Bolet pernicieux qu'on distingue du Bolet comestible, en ce que sa chair devient bleue à Fair, lorsqu'on Ta incisé, tandis que celle du bolet comestible reste blanche.

Symptômes. — Ce n'est qu'au bout de sept à huit heures, que surviennent les symptômes d'empoisonnement : douleur à l'épigastre, constriction à la gorge, soif vive, vomissements, coliques; pouls petit, fréquent; refroidissements de la peau, vertiges, assoupissement. On observe quelquefois des convulsions et du trismus, mais la mort survient généralement dans le coma. Il est du reste très difficile de décrire les symptômes de l'empoisonnement, car ils varient non seulement pour des espèces différentes, mais encore pour la même espèce. C'est ce qui a été très bien démontré par M. J. Michel i .

Lésions cadavériques. — Elles ne sont pas caractéristiques *'t manquent d'uniformité. La membrane muqueuse de l'estomac offre dans certains cas une coloration violacée uniforme •et des taches ecchymotiques. On trouve le plus souvent le

1 . De V empoisonnement par les champignons (fiaz. hebd.^ 20 octobre 1876). LuTAUD, Uéd. Ug. 33

foie et la rate hypertrophiés et congestionnés. Le sang est noir et fluide.

Traitement. — Evacuer Festomac et Fintestin par des vomitifs et des purgatifs. Comme antidote, on a conseillé le tannin en solution ou une décoction de noix de galle. Il faut se garder de donner de Feau salée ou du vinaigre, qui dissolvent le principe toxique.

8° Curare. —Nous ne possédons aucune observation d'empoisonnement criminel par ce terrible toxique dont Auguste Voisin et Henry Liouville ont récemment publié une étude très complète ^.

Ce poison arrive en Europe dans des petits vases d'argile (fig. 20) ou dans des calebasses. On Fa longtemps considéré comme un venin, mais on sait aujourd'hui qu'on le retire de

FiG. 20.

diverses strychnées. Le curare est soluble dans Feau, et la solution, qui est très amère, donne avec le tannin un précipité blanc jaunâtre, qui n'est autre chose que la curarine.

Symptômes. — Si Fon injecte du curare sous la peau d'un chien, la mort arrive sans convulsions au bout de dix minutes. Les paupières s'abaissent, les pupilles se dilatent, les mouvements respiratoires cessent, le cœur ne bat plus. Chez l'homme, le curare administré dans un but thérapeutique a produit des frissons, de la fièvre, une accélération notable des mouvements du pouls et de la respiration.

Les belles recherches de Cl. Bernard ont démontré que le curare éteint les propriétés des nerfs moteurs tout en conservant celles des nerfs sensitifs.

Lésions cadavériques. — On ne trouve aucune lésion caractéristique à Fautopsie.

1. Étude médico-légale sur le curare (Ann. d'hyg. et de méd. lég . J866, t. XXVI)»

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