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STRYCHNINE

La codéine détermine également le narcotisme, mais elle est moins énergique que la morphine et la narcéine,

Pour la recherche des alcaloïdes, voyez la Chimie légale.

CINQUIÈME CLASSE. — Poisoxs névrosthéniques.

« L'empoisonnement par les névrosthéniques, dit Tardieu, a pour caractère essentiel une excitation des centres nerveux tellement violente et si rapide, que la mort peut en être la conséquence presque instantanée. »

Les substances de ce groupe qui présentent de l'intérêt en médecine légale sont la strychnine, Yacide cyanhydrique, la nitrobenzine et les cantharides.

1° Strychnine. — La strychnine est le principe actif des plantes de la famille des strychnées, parmi lesquelles nous citerons la noix vomique et la fève de saint Ignace.

La noix vomique {Strychnos nux vomica) est la graine du vomiquier (fig. 22), arbre de Tlnde et de la Cochinchine.

La fève de saint Ignace (fig. 23 et 24) est la graine du Strychnos îgnatii, arbre assez élevé, qui croit à Manille, et dont les fruits ont la forme et les dimensions d'une grosse poire.

La fève de Calabar iPhysostigma venenosum) appartient à la famille des légumineuses (lig. 25). C'est un poison d'épreuve employé, dit-on, en Guinée et qui contient un alcaloïde très vénéneux, Vésérine.

L'empoisonnement par la strychnine est presque toujours accidentel en France ; mais il n'en est pas de même dans la (irande-Bretagne ; Gallard a rapporté plusieurs cas d'empoisonnements criminels, suicides et accidentels, qui ont eu lieu en Angleterre, à l'aide d'une préparation vermicide désignée sous le nom de Battle's vermin Killer ', et contenant une quantité notable de strychnine. Un seul cas d'empoisonnement criminel par la strychnine a été observé en France et a été jugé devant la Cour d'assises de la Seine-Inférieure (août 186o).

La strychnine est extrêmement amère et produit la mort chez l'adulte à la dose de 1 à 2 centigrammes.

i. De l'empoisonnement par la strychnine, par M. T. Gallard (Ann. d'hyrj. et de méd. lég., 2« série, t . XXIV, 18G5),

TOXIGOLOaiE.

Symptômes. — Aussitôt après l'ingestion du poison, on observe une angoisse et une agitation promptement suivies de spastmes et de contractions toniques. Une raideur ge'nérale s'empare des muscles ; le corps est renversé dans la position de

FiG. 22. — Vomiquier, noix vomique (Strychnos nux vomica). — i, rameau avec feuilles et fleurs ; % fruit.

l'opisthotonos, la parole est entrecoupée, l'intelligence nette, les membres sont agités de secousses plus ou moins violentes. Cette contraction se dissipe après un temps variable, pour faire place à un instant de calme qui est suivi d'un second ac-

ACIDE GYANHYDRIQUE.

ces plus violent que le premier, puis d'un troisième plus violent encore ; enfin la mort arrive après un nombre d'accès variable, accès qui augmentent toujours en intensité. Il n'existe pas, chez l'homme, un seul exemple d'empoisonnement dans lequel la mort n'ait e'té précédée de plusieurs accès convulsifs.

Lésions cadavériques. — Aussitôt après la mort, survient une rigidité cadavérique remarquable. On trouve à Tautopsieune congestion prononcée des vaisseaux du cerveau, de ses membranes et de la moelle épinière. Le cœur est tantôt rempli de sang, tantôt vide : le sang est fluide. C'est à tort qu'on a avancé que les individus tués par la strychnine présentaient les lésions de l'asphyxie, on ne trouve aucune altération particulière dans le poumon et dans les organes digestifs.

FiG. 23.— Fève de saint Iguace. Fig. 24, — Coupe de la mèrae graine.

Traitement. — Évacuer l'estomac par les vomitifs et la pompe gastrique et administrer les antidotes. Les principaux sont le tannin, le chlore et l'iode ; le tannin forme un précipité de tannate de strychnine ; le chlore, un précipité blanc de trichlorostrychnine ; l'iodure de potassium précipite la. strychnine ainsi que la plupart des alcaloïdes.

2° Acide cyanhydrique (Acide prussique). — C'est un des poisons les plus énergiques que nous connaissions. A l'état de pureté, une seule goutte suffit pour tuer un. chien vigoureux et il est probable que deux ou trois gouttes donneraient la mort à un homme. L'acide cyanhydrique," dit médicinal, contient une partie d'acide anhydre pour 8, a parties d'eau; c'est "celui qui est le plus souvent employé dans les empoisonnements, suicides, accidentels ou criminels. A l'état de vapeur,

l'acide cyanhydrique peut également déterminer la mort, e' c'est à l'inspiration accidentelle de ces vapeurs qu'on attribua la mort du chimiste Scheele.

Symptômes. — Lorsque le poison n'a pas été administrée! quantité suffisante pour produire instantahémentlamort, or observe immédiatement les symptômes suivants : perte de coU'

FiG. 25. — Physosiigina venenosuin. — 1, tige, feuilles, fleurs et fruits; 2, fève réduite à la moitié de sa grandeur.

naissance, du sentiment et du mouvement : pupilles fixes, dilatées ; respiration bruyante, convulsive ; anxiété précordiale, crampes alternant avec un relâchement complet des sphincters. Le corps se refroidit, le pouls devient insensible, et la mort a lieu dans l'espace de dix à quinze minutes, au plus dans l'espace de trois quarts d'heure.

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