‹ Manuel de médecine légaleChapitre 252 sur 353 · Ann. d'hyg. et de méd. lég., avril 1867, p · texte numérisé non relu

Ann. d'hyg. et de méd. lég., avril 1867, p

fîcile, intelligence obtuse. Un des individus succomba, l'autre fut sauvé après quarante-huit heures, temps probable de la durée de Télimination.

Lésions cadavériques, — Dans le cas rapporté pas Strohl, Fautopsie fit voir de l'hyperhémie du cerveau, des poumons et du foie ; la répJétion des deux ventricules du cœur par du sang noir, liquide ; l'estomac était absolument intact. Des symptômes et des lésions analogues ont été observés dans un cas d'empoisonnement par la nitrobenzine, publié par Letheby.

4° Cantharîdes. — C'est le seul poison énergique que présente le règne animal. L'empoisonnement par les cantharides occupe le dixième rang dans la statistique criminelle, et on en a observé vingt-trois cas de 1851 à 1863.

Les propriétés aphrodisiaques de cet agent, qui étaient déjà bien connues dans l'antiquité, augmentent encore la fréquence de l'empoisonnement criminel et accidentel par les cantharides.

Les cantharides doivent leurs propriétés toxiques et vésicantes à un principe vénéneux très énergique : la cantharidine. Cinq centigrammes de cantharidine suffisent pour produire des accidents mortels, tandis qu'il faut 4 à 8 grammes de poudre pour produire la mort.

Symptômes. — Aussitôt après l'injection du toxique, on observe une sensation de brûlure dans la bouche et dans la gorge ; des vomissements de matières sanguinolentes dans lesquelles on trouve souvent des parcelles de poison sous forme de points brillants d'un vert bronzé ; la langue et les glandes sous-maxillaires se gonflent ; l'haleine, les matière vomies et les selles exhalent l'odeur de la cantharide ; les urines deviennent albumineuses, sanguinolentes et même purulentes. Les symptômes observés du côte des organes génitaux sont des plus remarquables : l'homme éprouve un priapisme opiniâtre et extrêmement douloureux ; l'organe érectile de la femme devient lui-même turgide, la vulve est enflammée par suite de son contact avec la cantharidine qui s'élimine par les urines. On observe ensuite du délire, des convulsions, des accès tétaniques ; le pouls, qui était d'abord accéléré, se ralentit ; les malades s'affaiblissent de plus en plus, les parties génitales tombent quelquefois en gangrène, et la mort arrive du premier au cinquième jour.

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