ACIDE AZOTIQUE, ACIDE GYANHYDRIQUE
portion non saturée, il sera évident qu'il provient de source étrangère. )>
2° Acide azotique. — Après avoir traité les matières parla méthode générale indiquée ci-dessus, on place la liqueur dans un appareil distillateur, on sature le produit de la distillation par la potasse ou la soude et on évapore à siccité. On recueille ensuite le résidu, on le mélange avec de la limaille de cuivre et on le place dans un tube de verre, fermé àunbout et muni à Tautre extrémité d'un bouchon traversé par un tube adducteur dans lequel on verse de Tacide sulfurique. On chauffe, et les gaz qui se dégagent (vapeurs rutilantes) présentent une coloration brune : si Ton fait rendre ces gaz dans de l'eau contenant une petite quantité de protosulfate de fer (vitriol vert) et qu'on a rendue acide par un peu d'acide sulfurique, la liqueur devient brune ou rose ; une coloration rouge se produit également lorsqu'on les fait agir sur une solution de sulfate de narcotine.
3° Acide cyanhydrique. — On soumettra à l'analyse le contenu de Testomac et de l'intestin ; on peut encore opérer sur le sang, le foie et le cerveau. Voici le procédé indiqué par Dragendorff : Les matières finement divisées sont transformées par l'addition d'eau en une bouillie fluide ; si le liquide n'a pas une réaction fortement acide, on la lui communique par l'addition d'acide sulfurique ou mieux encore d'acide tartrique, car un excès d'acide minéral peut avoir des inconvénients. On distille le liquide dans une cornue qui communique avec un réfrigérant de Liébig ; on chauffe au bain de chlorure de calcium, mais en ne dépassant pas la température de 105 à 110 degrés. Les produits distillés sont fractionnés ; pour chaque 100 centimètres cubes de liquide mis en expérience on retire 3 centimètres cubes qui ont passé à la distillation. On a proposé, pour faciliter la distillation, de faire traverser le liquide par un courant d'air. L'acide prussique se retrouve alors dans les premières portions et se reconnaît déjà à la simple odeur, quand il en existe une quantité un peu notable (Dragendorff).
10 On ajoute à une partie du liquide distillé une solution de sulfate ferreux qui s'est oxydée partiellement au contact de l'air (et est devenue jaune), et un léger excès de soude ; on agite et l'on ajoute avec précautions de l'acide chlorhydrique
étendu, jusqu'à ce que le liquide soit devenu acide ; il restera un précipité de bleu de Prusse, s'il y a de Tacide prussique en quantité un peu notable ; on n'obtient qu'un liquide vert qui peu à peu abandonne un précipité bleu lorsque la liqueur n'en renferme que des traces.
2^ Une autre partie du liquide distillé est neutralisée avec de la potasse ; on ajoute à cette solution quelques gouttes d'une solution d'acide picrique, on chauffe entre 50 et 60 degrés, et l'on obtient une coloration rouge, pour peu qu'il y ait de Tacide prussique.
30 On ajoute à un centilitre du liquide distillé une ou deux gouttes de solution de sulfate cuivrique, puis assez de potasse ou de soude pour que l'oxyde cuivrique commence à se précipiter ; on acidulé de nouveau avec un peu d'acide azotique ou sulfurique, et l'on voit se former un précipité blanc de cyanure de cuivre. On a pu constater ainsi la présence de 0 gr. 00006 d'acide dans un centilitre de liquide.
On peut se servir d'un papier trempé dans le sulfate cuivri-^ que et puis dans lateinture de gaïac, pour reconnaître, à l'ouverture des bocaux qui renferment les matières à examiner, si l'atmosphère ne renferme pas d'acide prussique. Schoenbein a vu le papier se colorer dans l'atmosphère d'un ballon de 46 litres de capacité dans lequel il avait introduit une goutte d'une solution au 1/100 d'acide cyanhydrique ; il put déceler le même corps dans l'atmosphère d'un ballon de 10 litres, dans lequel il avait projeté un morceau gros comme un pois de cyanure de potassium. Cette réaction, malheureusement, n'appartient pas exclusivement à l'acide prussique ; elle se produit encore sous l'influence d'autres corps et notamment de l'ammoniaque. Seule, elle n'est donc pas caractéristique de l'empoisonnement par l'acide prussique, mais elle est néanmoins très précieuse puisqu'elle dispense de rechercher cet acide, lorsque le papier ne bleuit pas.
40 Acide sulfurique. — Les liqueurs filtrées du lavage des organes et des vomissements sont évaporées en consistance semi-sirupeuse et introduites dans un tube fermé avec un peu de limaille de cuivre. On chauffe ensuite jusqu'à ce qu'il se dégage de l'acide sulfureux, reconnaissable à son odeur autant qu'à sa réaction sur un papier amidonné imprégné d'acide iodique.