‹ Manuel de médecine légaleChapitre 69 sur 353 · MORT PAR DÉFAUT DE SOINS · texte numérisé non relu

MORT PAR DÉFAUT DE SOINS

quantités relativement considérables dans les cendres d'origine animale.

Mort par empoisonnement. — Quoique Slingenberg ait rapporté deux cas d'infanticide par empoisonnement, c'est presque toujours par accident que les enfants succombent à l'action de substances véne'neuses pendant les premiers jours qui suivent la naissance. Nous avons recueilli en Angleterre un cas d'empoisonnement par Topium contenu dans le lait maternel qui avait donné lieu à une enquête judiciaire et qui s'est présenté dans des circonstances très exceptionnelles *.

Quoi qu'il en soit, le médecin pourra être appelé à constater l'empoisonnement chez les nouveau-nés, mais principalement dans les cas d'infanticide par imprudence.

Mort par défaut de soins : hémorrhagie ombilicale, exposition au froid, inanition (Infanticide par omission). — Il est rare que les faits de cet ordre donnent lieu à des accusations d'infanticide ; car, même lorsque le défaut de soins aura été volontaire, le crime sera assimilé à l'homicide par imprudence, délit puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une amende de 50 à 500 francs. (Code pénal, art. 391).

Le défaut de ligature du cordon constitue la première omission à considérer dans les faits de ce genre, mais il faut avant tout apprécier l'importance de cette omission. En effet, la mort par hémorrliagie ombilicale est extrêmement rare dans l'infanticide (6 seulement sur 555 cas, Tardieu), quoique chez la plupart des enfants qui périssent victimes de ce crime, la ligature du cordon n'ait pas été pratiquée. Il faut donc en conclure que le défaut de ligature ri entraîne pas toujours V hémorrhagie ou que, si Vhémorragiea lieu, elle est rarement mortelle^

\. Au mois de déceml)re 1875, le coroner de Manchester présidait une expertise hiir la mon d'ua enfant du sexe masculin âgé de deux jours. O'Brien déclare au niagi-iral que son enfant, qui paraissait bien se j)orter, est mort très rapidement api'^s avoir pris le sein pour la première fois. La mère a la funeste habitude de consommer des quantités considérables d'opium ; elle n'en prend pas moins de 30 grammes par semaine. Il y a environ un an que O'Brien s'est aperçu de l'habiuide de sa femme, et il eut la faiblesse de l'encourager en lui procurant luimême l'oiiiuni par l'intermédiaire d'un droguiste de ses parents. Le docteur Fletcher, appelé comme expert, déclara que l'enfant avait été accidentellement empoisonné par le lait maternel. Le jury se prononça dans ce sens, et les poursuites n'euicni pas lieu. (Médical Press and Circular, janvier 187G.)

LtTAUD, Méd. lég. 10

Voici Topinion de Velpeaa sur cette question : « Abandonné à lui-même et sans ligature, le cordon n'exposerait le plus souvent le nouveau-né à aucune hémorrhagie, à aucun accident, quand même il aurait été coupé et non déchiré. Toutefois, ■comme le contraire peut arriver, comme il suffit que la poitrine soit un peu comprimée ou que le jeu de quelque organe soit gêné pour qu'il survienne un trouble dans la circulation générale et que le sang se reporte à travers l'anneau de l'ombilic ; comme on cite des enfants morts d'hémorrhagie dans leurs langes parce que le cordon avait été mal lié; comme, «nfin, la ligature n'entraîne par elle-même aucun danger et ne présente aucune difficulté, rien n'autorise à s'en dispenser et Ton serait même coupable de la négliger. »

Après avoir noté la longueur du cordon et constaté s'il a été coupé ou déchiré, l'expert s'attachera surtout à reconnaître si l'hémorrhagie est la cause réelle de la mort du nouveau-né. Or il est à remarquer qu'une perte de sang peu considérable peut produire la mort chez un nouveau-né et qu'on ne trouve pas toujours les signes ordinaires de Thémorrhagie : vacuité du cœur et des vaisseaux, pâleur cireuse, etc. Ces signes peuvent manquer ou nexister qu'à un faible degré, mais Tardieu en a signalé un d'une grande importance et qui 1 ui parait constituer le signe essentiel de l'hémorrhagie ombilicale, c'est la décoloration et l'absence de sang dans le foie qui. chez le nouveau-né et à l'état normal, est si congestionné et de couleur si foncée.

V exposition au froid peut facilement déterminer la mort chez les nouveau-nés. Marc a dit qu'un froid de cinq à six degrés centigrades suffirait pour produire ce résultat. M. Laborde ^ a très bien décrit les lésions qu'on pourra constater dans ce cas. Le cadavre est généralement d'un blanc mat et présente, dans certaines régions, une induration qui permet à peine de pincer le derme. Les capillaires cutanés paraissent complètement exsangues. Les poumons sont engoués, souvent hépatisés, gorgés d'un sang noir et fluide. Le cerveau offre un piqueté très abondant et le péritoine est injecté. La surnatation est ordinairement incomplète pourles poumons qui, après avoir été pénétrés par l'air, sont soumis à l'action du froid.

L'inanition est très souvent la cause de la mort, mais les

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