MORT PAR COMBUSTION
s'attacher aux moindres lésions et de les disséquer avec soin.. Nous n'avons pas besoin de rappeler que la question de savoir si les blessures ont été faites pendant la vie sera soulevée dans tous les cas.
Mort par combustion. — Ce genre d'infanticide a donné' lieu, dans ces dernières années, à. plusieurs procès célèbres. Bien que le feu ne soit employé, dans la grande majorité des cas, que pour faire disparaître les traces du crime, on possèdeplusieurs exemples où l'enfant a été brûlé vif et il est extrêmement difficile à l'expert de fournir à cet égard des renseignements d'une grande valeur. Les observations suivantes, dont nous donnons un court résumé, montrent toute la difficulté" qu'on peut rencontrer dans un cas de ce genre. Elles sont empruntées aux ouvrages de Briand et Chaude etTardieu.
Le 22 mars 1850, on trouva, en réparant une cheminée, le cadavre d'un enfant nouveau-né qui avait été introduit par une ouverture pratiquée en déplaçant desbriques. Comme on ne faisait pas de feu depuis longtemps dans la cheminée, lepeiit cadavre n'avait pas été desséché par la chaleur, mais il avait été momilié parce qu'il avait éié renfermé dans un espace étroit où l'air ne se renouvelait pas. Ses formes étaient bien conservées, et il présentait tous les caractères d'un enfant à terme ; mais les poumons, le cœur et le cerveau avaient disparu, et on trouvait à leur place des coques de nymphe d'oîi étaient sortis les insectes qui avaient dévoréles chairs du cadavre. Celles-ci, qui n'étaient encore qu'en partie détruites, étaient remplies de vers blancs, vivants, de 7 à 8 centimètres de longueur.
Trois questions importantes éiaient soulevées : l'enfant avait-il vécu ? Comment était-il mort? Des taches de méconium trouvées sur le linge qui eniouraitrenfant. faisaient présumer qu'il avait vécu, mais le cordon ombilical, qui était fixé k. l'abdomen et ne présentait aucune ligne de démarcation qui indiquât un travail éliminateur, ne permettait pas de supposer qu'il avait vécu plus d'un juur. L'état matériel ne permettait pas de répondre à la deuxième question ; mais plusieurs circonstances faisaient soupçonner un crime : la précaution prise de couper un coin de linge sur lequel était, sans doute, la marque, la longueur du cordon ombilical indiquait également que l'accouchement n'avait pas eu lieu en présence d'un homme de l'art. Quant à la troisième question, le docteur Bergeret parvint h la résoudre en empruntant judicieusement les lumières de l'histoire naturelle, et c'est cette solution qui fit découvrir l'auteur du crime.
Après s'être bien rendu compte de l'ordre dans lequel s'opèrent les métamorphoses des insectes et du temps qu'elles exigent, il en déduisit les conclusions suivantes: les œufs, dont l'éclosion a engendré les larves trouvées dans le corps eu mai 1850, ont dû y être déposées dans le courant de l'été en 1849 ; le dépôt du cadavre remonte donc au moins à cette époque. Mais, outre ces larves vivantes, le cadavre renferme beaucoup de coques do nymphes, d'oii sont sorties ces larves;.
•ces nymphes ont dû elles-mêmes être précédées de larves qui avaient passé dans le cadavre l'hiver de 1848 k 1849 et qui provenaient d'une ponte eftectuée en -1848 ; la mort remonte donc au moins à cette dernière époque. Peut-elle remonter plus haut ? Non, car la mouche dont les nymphes remplissaient le cadavre est la mouche carnassière, mouche vivipare qui dépose ses larves dans les chairs encore récentes et avant leur dessiccation. Il est donc certain que les larves qui ont pro- •duit les nymphes ont été pondues peu de temps après le dépôt du cadavre, et que •ce doit être en 1848.
Celte date fit découvrir la coupable qui fut d'abord acquittée par la Cour d'assises du jura, parce qu'il avait été impossible de constater l'infanticide, puis condamnée correciionnellement pour homicide par imprudence et inhumation irré- -guliêre.
Vers la même époque, au mois de décembre 1848, on découvrit, derrière le tuyau d'un calorifère, le corps d'un enfant du sexe féminin, né à terme, mais qui se présentait sous l'aspect d'une masse informe, par suite de la pression exercée sur le corps pour le faire entrer dans le lieu où il avait été enfermé. Ce cadavre ^lail momifié, desséché et ne pesait plus que 1 kil. 25. Les organes internes étaient, <;omme les parties externes, complètement desséchés et réduits à une simple lame de la consistance du carton. On constata sur la partie droite de la tête une fracture très étendue : les fragments du pariétal brisé étaient enfoncés ; et, au niveau de la fracture, une portion de périoste et des téguments, moins parcheminés que les parties voisines, offraient une coloration verdàtre, certainement due à une infiltration du sang. Rien ne pouvait, du reste, indiquer à quelle époque le corp avait été placé en cet endroit.
Lorsque l'enfant a été brûlé vif et que l'action du feu n'a| été exercée qu'à distance, on pourra quelquefois trouver des phlyctènes sur le cadavre ; mais le plus souvent on ne retrouve que des cendres ou des débris informes. Tl faut néanmoins lesl examiner avec le plus grand soin, et si l'on trouve des os, les comparer avec les mêmes os d'un fœtus à terme. La confusion peut quelquefois se produire avec les os longs de certains animaux et il est utile de faire remarquer à ce sujet que les os] des animaux qui servent à l'alimentation ont généralement atteint leur complète formation, tandis que les os du fœtus] présentent une ossification incomplète.
En ce qui concerne l'analyse chimique des cendres, Orfîlaj avait donné les caractères qui permettent de différencier les] cendres de bois des cendres d'origine animale. M. Roussin,, qui a étudié de nouveau la question, a démontré ({ue les cen-j dres d'origme végétale ou minérale (bois, coke, houille) ne' contiennent que des traces de fer, tandis qu'on en trouve des