ASTHME D'ÉTÉ
Fièvre ou asthme de foin,rhino-bronchite spasmodique ou annuelle, catarrhe d'été ou pollinique, rhinite prurigineuse, coryza périodique, etc., tels sont quelques-uns des noms qu’a reçus cette maladie!. Bostock paraît l'avoir décrite le premier en Angleterre dès 1819; mais elle ne fut connue que plus tard en Allemagne (Phæbus) eten France (Fleury, Dechambre, Parrot, Gueneau de Mussy°).
Simple variété de l'asthme pour les uns, entité pathologique spéciale pour les autres, l’asthme d’été se montre chaque année à date fixe, dans la seconde quinzaine de mai, pour durer six semaines ou deux mois. Ce retour absolument régulier caractérise nettement la maladie.
Celle-ci débute à la façon d’un coryza par des picotements dans les yeux, surtout au niveau de l’angle interne, avec du larmoiement et de la sensibilité à la lumière. La voûte palatine et les fosses nasales deviennent le siège de démangeaisons, et la muqueuse nasale acquiert une sensibilité toute spéciale. Le moindre attouchement du nez, la moindre irritation par des poussières, l’action du soleil, un changement brusque de température provoquent des accès d’éternuements, qui peuvent d’ailleurs survenir d’une manière spontanée et réveillent souvent les malades au moment du lever du jour. Ces accès attirent l'attention par leur intensité. Ils se composent de dix, de vingt éternuements successifs; chacun de ceux-ci, en ébranlant la muqueuse nasale, semble déterminer le suivant. En même temps il s'écoule du nez un liquide limpide, mais très gênant par son abondance; on voit des malades mouiller ainsi plusieurs mouchoirs dans leur journée.
Cet état dure plusieurs semaines en variant d'intensité à tout instant. La chaleur, l'exposition au soleil, les voyages en chemin de de fer l’aggravent; les temps pluvieux et couverts, le séjour à l'ombre et au frais l’améliorent. Enfin les éternuements deviennent moins fréquents, l’écoulement nasal plus épais, jaunâtre, et tout disparaît jusqu’à l’année suivante.
Telle est la forme de l’asthme d’été la plus fréquente, que l’on a appelée oculo-nasale (Gueneau de Mussy).
1. LEFLAIVE, De la rhino-bronchile annuelle ou asthme d'été (Thèse de Paris, 1887). 2. N. GUENEAU DE Mussy, Clinique médicale.
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